08 Déc 2011 - D. Manet, comédien, voix française du Doctor – D. Macaluso, directeur de plateau doublage

David Macaluso & David Manet

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Tout d’abord un grand merci de nous accorder ce moment. C’est un grand honneur et un moment très particulier que de rencontrer « le Docteur », votre Docteur, que vous avez su imposer au fil de la série! Un grand bravo pour incarner et donner vie avec autant de brio et de talent à ce personnage culte Outre-manche!

Et merci David Manet pour cette surprise que vous nous avez réservé en venant accompagné d’un autre David, non pas David Tennant, mais David Macaluso, Directeur de plateau du doublage de Doctor Who.

Carrière

– Comment êtes-vous devenu comédien ?

David Manet : J’ai fait des études pour devenir comédien, au conservatoire, l’envie de s’offrir un autre destin que le sien… C’est d’ailleurs une des motivations des comédiens que de se glisser dans la peau de personnages, souvent loin de nous.

– Vous travaillez essentiellement sur des doublages.

David Manet : Oui, j’ai beaucoup travaillé dans le domaine du doublage et par la force des choses il me restait peu de temps pour d’autres projets. Cependant, je serai au théâtre à partir de novembre. Je ne fais pas que du doublage.

– Pourquoi avoir fait ce choix ?

David Manet : Il s’agit d’un concours de circonstance. Lors de mes études au conservatoire, j’ai effectué un stage de doublage. Il s’agissait d’un stage payant où j’avais l’assurance d’être engagé.

J’ai ainsi travaillé comme récurrent sur « Neighbours » (« Les voisins »), une série australienne avec Kylie Minogue et Jason Donovan. (soap Australien, entre 1986/1989 pour les deux acteurs susnommés). Ce rôle ne devait apparaître que dans un épisode mais finalement le personnage est resté 1 an. Grâce à cette expérience, j’ai ensuite enchaîné les rôles.

– Comment êtes-vous passé de la série live au dessin animé ?

David Manet : Curieusement j’ai mis trois ou quatre ans avant de venir dans le domaine des dessins animés, je crois que l’un des premiers dessins animés que j’ai doublé était Pokémon.

– Quelles sont les différences entre les séries et les dessins animés ?

David Manet : Je trouve qu’en général un dessin animé est plus fatiguant. Il faut souvent changer de voix et leur donner des énergies plus extrêmes.

Sauf Doctor Who qui est une exception et qui est épuisante comparée à d’autres séries!


Le Doublage

– Comment se passe le doublage d’un épisode ?

David Manet : Je laisse David en parler.

D. Macaluso : Ca se passe super bien !

David Manet : Il y a toute une partie que l’on ne voit pas, beaucoup de travail qui se fait en amont. Nous sommes presque la dernière partie du travail.

D. Macaluso : Nous sommes vraiment le dernier maillon de la chaîne, avant il y a la détection. En bref : le client reçoit le produit en VO, il est traduit et adapté pour le lipping.

Puis ce travail en VO est envoyé au directeur de plateau, qui fait le casting, établit ses plans de travail et appelle les comédiens qui correspondent aux rôles selon lui.

Nous intervenons à la fin de la chaîne où nous enregistrons, en quelques jours. Enfin vient le mixage.

David Manet : Les comédiens arrivent en studio quasiment sans préparation, souvent même sans savoir de quoi il s’agit. Dans le cas de Doctor Who, c’est différent. Enfin lors de la première séance de Doctor Who, nous ne savions pas de quoi il s’agissait.

Nous regardons la version originale par petites séquences qu’on appelle « boucles » et qui en général durent moins d’une minute. Mais nous ne le faisons pas comme un spectateur lambda. Nous avons une bande rythmée sur laquelle la traduction est déjà écrite avec un repère visuel qui défile en même temps.

Nous regardons cette boucle plusieurs fois jusqu’à ce que l’on considère que l’on a capté l’énergie du jeu pour l’essentiel. Ensuite nous nous lançons! Nous enregistrons, recommençons jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de défauts de prononciations et que l’illusion de lipping (concordance texte/mouvement des lèvres) soit la plus exacte possible.

D. Macaluso : Normalement, lorsque nous avons le temps, le budget et le matériel prêt à l’avance, il peut y avoir des séances de projections privées, notamment pour certains films ou certaines séries difficiles.

Pour Doctor Who, nous aurions dû pouvoir le faire mais nous avons eu le matériel trop tard sur les premiers épisodes!

En tant que directeur de plateau, il m’arrive d’envoyer une copie aux comédiens principaux, pour qu’ils voient l’ambiance de l’épisode.

David Manet : Et pour qu’ils voient la continuité de l’histoire, ce qui peut aider.

– Combien de temps mettez-vous vous pour doubler un épisode ?

D. Macaluso : Tous comédiens confondus : entre une journée et une journée et demie. Nous avons huit heures de travail pour quarante minutes de pellicule, mais cela peut aller jusqu’à douze heures pour Doctor Who qui est spécialement difficile à doubler.

Là, nous avons une journée et demie! Mais ce n’est jamais assez! Nous devons vraiment lutter contre nous-mêmes… On se dit que nous pourrions faire encore mieux si nous avions plus de temps! Doctor Who est une série particulièrement frustrante pour cela.

David Manet : Il y a beaucoup d’humour, de double sens, de subtilités qui ont été repérés la plupart du temps par l’adaptateur mais pas toujours.

Il arrive qu’en studio, nous nous rendions compte qu’il y a un peu du sel, du piquant de la scène qui manque dans cette adaptation. La tentation est alors forte d’essayer de coller au plus près possible et il arrive que nous retravaillions le texte à ce moment là.

Au niveau de l’énergie, le doublage est vraiment difficile. L’anglais est déjà une langue difficile par rapport au français parce que c’est une langue très mobile avec des accents toniques, des changements dans la voix, on joue sur les aigus, les graves… Alors que le français est une langue linéaire.

Il faut vraiment mettre beaucoup d’énergie pour approcher de celle qui est dégagée par le comédien original.

D. Macaluso : David Tennant, en plus, met la barre très haut!

David Manet : Il est d’une tonicité et d’une volubilité impressionnante!

D. Macaluso : Presque lunatique dans le jeu…

– Justement, j’ai une question à ce sujet : qui préférez-vous entre Eccleston et Tennant ?

David Manet : Je pense que je corresponds beaucoup plus à David Tennant, le «second Docteur», ce qui est curieux d’ailleurs, vu que j’ai été casté pour le premier.

D. Macaluso : Oui.

David Manet : Pas pour le deuxième (rires). C’est drôle, c’est une histoire assez amusante d’ailleurs.

– A la fin de la première saison, c’est un autre acteur qui double David Tennant, pourquoi ?

D. Macaluso : Sur la première saison, il y avait deux directeurs de plateau. Quand on m’a proposé la direction de la série, il y avait une partie des dates pour lesquelles je n’étais pas libre. C’est donc Guylaine Guibert qui a dirigé une partie de la série, dont le dernier épisode.

Je voulais absolument contacter le client pour savoir s’il voulait garder la voix de David ou pas, nous avions même fait une piste avec lui (David Manet).

David Manet : Oui, c’était un nouveau comédien au départ. Lorsque j’ai, sur le mode de la plaisanterie, lancé : « Certes il s’est réincarné, mais après tout il peut avoir gardé la même voix », c’était une phrase en l’air. Mais David a dit : « On va essayer, après tout ça peut être drôle ».

D. Macaluso : Guylaine avait effectivement choisi de mettre un autre comédien sur la dernière scène.

Pour un rôle principal comme celui-là, la production, ou le client décident. Nous aurions pu y penser mais ce n’est pas vraiment notre rôle. Ils auraient pu prévoir un casting sur une scène très courte pour décider quel comédien serait gardé au mixage. La question ne s’est pas posée pour eux et ils ont décidé de prendre la première piste qui avait été enregistrée, c’est-à-dire l’autre comédien.

Et puis lorsque la deuxième saison est arrivée, je me suis dit que la voix de David Manet collait très bien à celle de David Tennant. Nous en avons discuté et avons décidé de garder cette idée, ton idée.

Nous avons alors envoyé un mail au client, lui disant que puisque le Docteur était la « même personne », (en anglais, ils auraient pu garder la même voix aussi, mais ce n’est pas possible puisqu’ils n’allaient pas tout redoubler) et que nous en avons la possibilité, est-ce que ce ne serait pas une bonne idée de garder David Manet pour doubler David Tennant ?

Le client a hésité pendant des semaines. L’autre comédien était Fred Haugness. Ils ont finalement téléphoné à Fred en disant « C’est toi qui est pris ».

David Manet : Je m’y attendais, c’était logique!

D. Macaluso : Puis ils ont rappelé en disant : « Le client a changé d’avis, ils trouvent l’idée intéressante de garder la même voix ». Fred Haugness est alors rappelé pour annuler.

Mais ce que tu sais peut-être pas, c’est qu’ils nous ont rappelé en disant : « Nous avons encore changé d’avis, finalement nous prenons Fred Haugness ». C’est là que je leur ai dit : « Vous n’appelez personne tant que vous n’êtes pas sûr à 100%, parce qu’on ne va pas dire aux comédiens c’est toi, puis ce n’est pas toi »…

Heureusement, car ils ont changé d’avis une nouvelle fois: « Voilà, c’est booké, nous ne changerons plus d’avis » et nous avons donc pu confirmer à David (Manet) que c’était lui.

David Manet : Au départ, je crois que me garder en voix de Tennant a été perçu bizarrement par les fans. Sur les forums on pouvait lire : « Mais enfin, qu’est-ce que c’est que cette idée, c’est le même! Ils ont repris le même comédien! ».

Mes oreilles ont vraiment beaucoup sifflé sur la première saison. Avec Christopher Eccleston, j’en ai entendu « des vertes et des pas mûres ». (rires)

On va dire que ce que je faisais ne plaisait vraiment pas. Et pourtant, je vous jure que nous avons travaillé! Nous ne l’avons pas fait « par-dessus la jambe », nouzs l’avons pris très au sérieux.

D. Macaluso : Je vais jeter un pavé dans la mare : nous avons toujours respecté cette série. C’est une série qui a plu à tout le monde et tout de suite!

Et que David est quelqu’un de très doux et très positif…

David Manet : Alors que David est une brute …

D. Macaluso : Un peu … (rires)

Mais quand il dit que les adaptateurs captaient l’humour de la série la plupart du temps, moi je dois avouer, et c’est là aussi que je mets les pieds dans le plat, qu’il y a eu plusieurs adaptateurs, que je ne nommerais pas, je ne serais pas une brute à ce point là… Mais il a eu certaines adaptations qui ont été extrêmement mal faites et nous avons passé beaucoup de temps à les corriger, plus que ce que David disait tout à l’heure.

David Manet : L’ennui de changer en studio, c’est que cela prend du temps, et que nous faisons ces changements sur le temps de jeu. Ensuite, nous devons improviser car nous devons nous souvenir des changements que nous avons faits et là nous n’avons plus cette petite aide de la bande rythmo car ce qui y est écrit dessus ne correspond plus. Et ça devient vraiment un exercice de haute voltige.

D. Macaluso : J’ai deux exemples qui me restent en tête. J’en ai déjà parlé dans une interview, c’est pour cela que je vais les citer. Dans « The Empty Child », Rose dit à Jack Harkness « C’est bizarre vous êtes tout flou » et elle s’évanouit. Dans la traduction, il était écrit : « Oh attention, je ne me sens pas très bien ».

Nous sentions qu’il y avait une blague, que c’était drôle. Jack Harkness souriait, mais juste en disant : »Attention je ne me sens pas très bien », ça ne justifiait pas le sourire et rendait son personnage presque… cynique.

David Manet : Voire désagréable.

D. Macaluso : Exactement.

– J’ai une question sur un changement de cette sorte. Dans l’épisode 4.05, pourquoi le « Are you my Mummy » repris du double épisode « The Empty Child » est-il devenu « Je vous ai dit ce que j’en pense ? ».

D. Macaluso : J’ai une bonne mémoire mais là je ne m’en souviens plus. Parfois on peut jouer avec le off, c’est-à-dire que dans « je vous ai dit ce que j’en pense », le « P » de « pense » rentre mieux dans le « M » de Mummy.

Nous avons pu mettre l’information après dans le off, ça arrive parfois, c’est une « tricherie » qui arrive souvent. Mais nous avions tellement de phrases à changer qu’il y en a sûrement qui nous ont échappé.

Dans l’épisode avec le sel (1.09 « The Empty Child »), Eccleston demande « où est le sel? » et cela surprend tout le monde parce qu’il est à table. Les enfants se lèvent, Nancy leur dit : « Retournez vous asseoir », et elle lui rétorque : « Vous ne devriez pas être là ».

Dans la traduction française que nous avions, le Doctor demande le sel et quand les enfants se lèvent, au lieu de dire « back to your seat » -« retournez vous asseoir »- , elle lui répond en français : « Derrière votre siège, je ne sais d’ailleurs pas qui l’a rangé là », alors que cela aurait dû être : « Je vous prie de vous asseoir, je ne sais pas qui vous êtes, mais vous ne devriez pas être là ».

C’était tout le temps comme ça! Que cette phrase soit passée à la trappe ne m’étonne donc qu’à moitié.

David Manet : C’est un métier difficile, adaptateur. Honnêtement, c’est très difficile.

D. Macaluso : C’est vrai. Et comme nous disposons de peu de temps, à mon avis, ils ont, eux aussi, des marges serrées en terme de plan de travail.

David Manet : Loin de nous l’idée de renvoyer la faute sur les autres, mais comme nous sommes en dernière position dans la chaîne, forcément, les petites erreurs qui sont faites s’accumulent et quelque part c’est sur nous que ça retombe. Je ne dis pas du tout que les adaptateurs sont des gens moins concernés ou moins doués que les comédiens mais… voilà comment tout cela fonctionne…

D. Macaluso : Quand un comédien est mauvais sur scène, on va rarement dire qu’il est mal dirigé ou mal mis en scène. Pour le doublage c’est pareil.

– Y-a-t-il une personne en particulier que vous aimeriez doubler dans un film ou une série ?

David Manet : Si David Tennant continue à tourner, j’aimerais le suivre. C’est quelque chose que j’aimerai vraiment faire. Il arrive de temps en temps qu’un comédien belge garde « sa voix » que l’enregistrement se fasse en France ou en Belgique.

D. Macaluso : C’est rare …

David Manet : En général, disons que l’inverse est plus vrai. Des comédiens français peuvent venir suivre leur « voix » en Belgique. Il est plus rare que les belges remontent à Paris avec leur « voix ». Mais cela peut arriver.

D. Macaluso : Oui, cela arrive…

David Manet : Personnellement, cela m’est déjà arrivé mais c’est effectivement plutôt rare. J’espère que David Tennant va faire une grande carrière cinématographique. Il vient d ailleurs de jouer au théâtre à Londres (Hamlet).

D. Macaluso : Tu aurais pu le doubler

David Manet : Oui, j’aurais pu faire une traduction simultanée.

– Projetez-vous de faire plus de rôles dans le cinéma ou plutôt du doublage? Que préférez-vous, doubler ou jouer à l’écran ?

David Manet : C’est un métier et un métier que j’aime. Il peut prendre des formes tellement diverses!

Ca a été le doublage pendant longtemps et j’espère que ça va le rester encore un peu. Je suis très content de jouer au théâtre cet automne, et oui bien sûr le cinéma.

Je pense vraiment qu’il faut être prêt à faire des choses différentes. Le doublage était assez snobé jusqu’à il n’y a pas très longtemps.

D. Macaluso : Il y a des gens de théâtre qui ne disaient pas qu’ils faisaient du doublage.

David Manet : C’était mal vu, mal considéré… Maintenant, on voit quand même arriver en studio, et de plus en plus souvent, des gens dont ce n’était pas le métier au premier abord, et qui se consacraient plutôt à la scène.

Et puis vous avez le phénomène, au cinéma, qui est de doubler en français les grands dessins-animés… On met à l’affiche des noms de gens connus, mais qui ne sont pas spécialement doubleurs déjà, et même pas toujours comédiens ! (rires)

C’est amusant et j’imagine que cela doit faire bisquer pas mal les doubleurs dont c’est le métier principal et qui se disent : « Mais enfin, zut » !

D. Macaluso : C’est souvent mal fait.

David Manet : Ca dépend. Dans Ratatouille c’est bien. C’est Camille, qui est chanteuse, qui fait la voix de Colette et qui interprète le générique, elle s’en sort extrêmement bien.

Et on peut imaginer que pour un produit comme celui là, qui est un produit de luxe, ils ont passé un temps infini!

Si on prend beaucoup, beaucoup de soins, d’attentions, que tout est fait avant, pendant et après, cela participe beaucoup à la qualité finale du produit.

D. Macaluso : Ce qui est râlant, c’est que lorsqu’on fait du doublage de façon régulière, on va de plus en plus vite, on a de moins en moins de temps, parce qu’on vous demande d’être toujours plus efficace.

Ce qui peut être normal. Mais il est vrai que lorsque des stars doublent un rôle pendant trois/quatre semaines –– c’est un peu le rythme de certains films d’animation– ils sont mis souvent mis en avant et bien mieux payés…

Je sais que beaucoup de comédiens, surtout en France, pestent un peu.

David Manet : Les comédiens, de toute façon, sont des râleurs! (rires)

D. Macaluso : On nous l’apprend dans la formation ! (rires)


Doctor Who

– Doublez-vous une saison d’un coup dès qu’elle est achevée, ou épisode par épisode au fur et à mesure qu’ils sont terminés ?

D. Macaluso : Pour Doctor Who, ils attendent que la saison soit complètement finie en Angleterre, mais pas toujours diffusée par contre. Il est déjà arrivé que nous commencions à doubler les premiers épisodes alors que les derniers ne sont pas encore diffusés en Angleterre mais qu’ils sont tournés.

Par contre, pour d’autres séries notamment les nouvelles, il arrive que l’on ait six épisodes, ils n’en parlent pas encore sur Imdb, la suite n’est pas forcément tournée, dans ces cas, nous doublons vraiment au fur et à mesure.

David Manet : Et pour la nouvelle saison de Doctor Who, je ne sais pas où ça en est…

D. Macaluso : Ils font un an de pause, ce sera en 2010. Il y aura quatre épisodes avec David Tennant, et puis il changera.

– En fait, il y a cinq épisodes spéciaux, deux sont passés en Angleterre, un à Pâques et un à Noël. Il en reste donc trois. Avez-vous déjà commencé à travailler dessus ? Êtes-vous au courant pour la saison 5 ? Allez-vous continuer, parce que c’est un nouvel acteur et non plus David Tennant qui interprètera le Docteur ?

David Manet : Aucune idée. Je n’en sais rien mais je vous dirais bien oui!

– Logiquement cela devrait être vous…

David Manet : Si le principe a été accepté une première fois, il y aurait une certaine logique à poursuivre ainsi, maintenant est-ce que cela va pouvoir continuer ? Par exemple si à un moment, pour une raison mystérieuse, c’est un noble vieillard etc…

– L’interprète choisi pour être le onzième Docteur a vingt-six ans.

David Manet : Il faut voir. Je vieillis aussi! Et tant mieux! (rires)

– Comment avez-vous obtenu le rôle du Docteur ?

David Manet : Par casting. Plusieurs voix ont été proposées, sans doute quatre ou cinq, sur une ou deux boucles pour que le client choisisse. En général, elles sont plus ou moins significatives du rôle mais pas toujours.

Par exemple, nous faisons venir 5 comédiens qui essaient la même séquence. Le client visionne les cinq séquences, et choisit la voix qui lui paraît convenir le mieux.

D. Macaluso : Il y a eu un double casting, je ne sais pas si tu t’en souviens ? Le premier a été refusé en bloc. En fait, on ne connaissait absolument pas la série, et sur le coup nous avions très peu de renseignements. Après le 1er casting, il y en a eu un deuxième, j’ai demandé une description du personnage, vers quoi ça allait, et là j’ai eu un topo plus complet, disant quel genre de jeu il avait. Il y avait une option sur toi, tu étais le préféré dans la première, mais ils ne te voulaient pas…

David Manet : J’étais déjà dans la première…

D. Macaluso : Tu étais déjà de la première, et ils ne te voulaient pas parce qu’ils n’étaient contents de personne. Mais ils trouvaient que tu étais celui qui se rapprochait le plus. J’ai rappelé deux ou trois autres comédiens, et tu as été retenu à cette seconde session.

David Manet : Décidément j’ai eu de la chance ! C’est moins de chance pour les personnes qui ont détesté ce que j’ai fait, mais bon, j’ai été chanceux.

– Vous connaissiez Doctor Who avant de travailler dessus ?

David Manet : Honnêtement, non. Alors que je collectionne les vieux disques, et que j’en ai beaucoup! En fait, dans les années 60, il y a eu le générique de Doctor Who, et même un groupe qui s’appelait « Dalek I love You ». C’est marrant comme c’est entré dans la culture populaire! Les groupes rock se réfèrent parfois à Doctor Who, au Tardis, et malgré tout, je ne connaissais pas.

– Regardez-vous la série ?

David Manet : Lorsque l’occasion se présente, oui.

D. Macaluso : J’achète les DVDs pour ma part.

David Manet : Car nous ne les recevons pas!

D. Macaluso : Non, nous ne les recevons pas.

– Que pensez-vous de la série ?

David Manet : J’aime bien, je trouve que c’est tout un univers. C’est très anglais, parce que, il y a beaucoup de fantaisie, et qu’en même temps on y croit, car les comédiens ont l’art et la manière. Ils sont extraordinaires! Ils ont une qualité d’investissement, de jeu, de sincérité et d’originalité, tout en même temps. Pour moi ce sont les meilleurs comédiens. Je pense que les séries anglaises en général sont très bonnes. Les séries de la BBC sont remarquables.

D. Macaluso : Les comédiens anglais sont excellents, ils sont crédibles dans tout ce qu’ils font. Et ce qui est très très fort dans cette série là c’est qu’ils ont réussi à entretenir le côté kitch de la série des années 60, et, malgré tout c’est crédible. Les monstres arrivent avec des maquillages, ça se voit, et on y croit! C’est super bien joué. Je suis vraiment fan de cette série.

– Quelles sont les spécificités de Doctor Who par rapport à d’autres séries ?

David Manet : Ils parlent vite! Ils parlent très vite!

D. Macaluso : Ils changent d’humeur en une phrase!

David Manet : Les ruptures sont innombrables. Dans une séquence et je ne sais pas d’ailleurs dans quelle mesure tout est écrit car c’est tellement…! Mais bon c’est l’école de jeu anglaise.

D. Macaluso : C’est ça! En plus, c’est toi qui as le rôle le plus difficile, et de loin! En général et pour tous les comédiens, ce qui me fascine vraiment, c’est ce côté décalé. Ils pourraient jouer dans un dessin animé! Et en même temps dès qu’il y a une scène sincère qui arrive, elle est profondément sincère! Il n’y a pas de temps d’adaptation, pas de rupture lente. Ils peuvent passer du jeu de dessin animé à un jeu théâtral shakespearien, tordant et prenant, en quatre secondes et demi. Cela m’impressionne vraiment.

– Que pensez-vous de votre personnage dont la particularité est la régénération alors que vous, autre particularité/singularité vous restez : même voix mais acteur/visage différent alors que le personnage est le même.

David Manet : Evidemment, j’ai plus de souvenirs de Tennant car il y a trois saisons avec lui et une seule avec Christopher Eccleston. Spontanément quand vous me dites Doctor Who, je pense plutôt à Tennant qu’à Ecleston.

D. Macaluso : En même temps, même si c’est moi qui dirige, David est surtout guidé par le comédien de base qui lui donne indications et informations. Mais la façon de te les donner de l’un et de l’autre est tellement différente que ton travail l’est également. Eccleston était plus posé, plus vieux …

David Manet : Oui, Tennant est plus proche de moi. Pour Eccleston je devais un peu trafiquer… Il fallait trouver une virilité ou une force autre. Avec David Tennant je me sens plus à l’aise, naturellement. Et heureusement parce il y a déjà assez de choses à gérer par ailleurs. Si en plus je me devais me souvenir de comment parlait le premier en plus (fait une intonation), là ce serait carrément mission impossible!

D. Macaluso : Ce qui est drôle puisque vous parlez de la régénération, c’est que lorsqu’Eccleston a fini son dernier épisode, Tennant, pendant le premier, le second et le 3eme était plus proche du jeu d’Eccleston puis, au fur et à mesure, il a perdu cet aspect. Tu te souviens ? Par réflexe, avec Eccleston, tu jouais beaucoup plus les doubles négations, les liaisons… Il avait un côté un peu plus acide.

David Manet : Oui, il avait un côté un peu professeur. Il y avait quelque chose de cet ordre là dans le Docteur d’Eccleston…

D. Macaluso : …que Tennant a gardé au début, et qu’il a perdu très vite! Je me souviens dans les premières directions, les doubles négations et les liaisons venaient vraiment d’elles-mêmes et au fur et à mesure elles ont disparu avec ce côté un peu plus.. décontracté!

David Manet : C’est son effet, et ses chaussures! (rires)

– Est-il facile de s’adapter, de passer de l’un à l’autre?

David Manet : Il s’est passé du temps, nous n’avons pas enchaîné. En fait, c’est toujours un peu comme ça. Je passe sur plusieurs produits : le matin je peux faire Doctor Who et l’après midi une autre série, voire même 2 heures de Doctor Who, 2 heures d’une autre série. Donc oui, c’est assez facile de passer d’un univers à l’autre. Mais, je sais que la dernière fois, j’ai eu du mal à me remettre dedans . Au début, ça semblait difficile!

D. Macaluso : Avec Catherine Tate!

David Manet : Oui, parce que les partenaires changent. Il y a Rose, Martha … Il faut chaque fois s’adapter aux personnages à l’écran et aux partenaires dans le studio, avec qui je m’entends chaque fois très bien, ce n’est pas le problème. Mais, ce sont des énergies différentes. En temps que comédien de doublage, on travaille parfois différemment. Les deux partenaires sont très complices à l’écran, il y a une approche différente. On a besoin de réécouter plus souvent, ça change. Du coup, toute l’énergie en studio est différente aussi!

D. Macaluso : Et je crois que c’est ce qu’il passé sur la dernière saison. Il était clair que Rose et Martha n’étaient pas des faire-valoir mais elles jouaient des personnages qui étaient « en dessous » du Docteur. Le Docteur les chapeautait. C’était clair. C’est lui qui « tenait un peu la barre ». Par contre avec Catherine Tate, il y avait un équilibre. Ils étaient plus en compétition.

David Manet : Elle avait son univers elle aussi!

D. Macaluso : On les prenait tout le temps pour mari et femme, c’était le running gag de la saison et donc pour toi aussi, je crois que c’était plus dur de te mettre dedans parce que tu avais quelqu’un qui…

David Manet : …avait plus de répondant encore que d’habitude!

D. Macaluso : Et en studio c’était comme ça aussi! Je trouve que c’était plus dur de se mettre dedans pour ça aussi !

– Quel Docteur préférez-vous ?

David Manet : Je crois que j’ai répondu. Indépendamment du temps passé, Tennant amène tellement de choses ! Eccleston a décidé d’arrêter et Tennant dès son arrivée a dit qu’il était fan de la série, qu’il regardait quand il était jeune. On le sent, il a un plaisir incroyable. Je me sens plus proche de son humour aussi.

– Quels épisodes ou moment vous ont plus et/ou particulièrement touchés depuis le début ?

D. Macaluso : Moi, « les anges pleureurs! » (3.10 « Blink »)

David Manet : J’aime beaucoup celui avec Kylie Minogue, je trouve que c’était un très très beau personnage avec beaucoup d’émotions.

D. Macaluso : Oui, très bel épisode. Je sais que les fans le détestent souvent parce que le Docteur y apparaît très peu mais c’est un magnifique scénario. La rencontre avec Shakespeare aussi.

David Manet : Oui!

D. Macaluso : Et celui avec la Reine Elisabeth et le loup-garou, un de ceux que je n’ai pas dirigé d’ailleurs!

David Manet : Beaucoup d’atmosphère dans celui-là! Il fait peur parfois! C’est de la science-fiction angoissante.

En général, nous aimons un peu moins ceux qui sont purement science-fiction, dans l’avenir, sur une autre planète, dans un autre monde. Souvent ces épisodes sont très agités, avec beaucoup d’excitation.

D. Macaluso : D’ailleurs, ce qui est drôle c’est que ceux que nous n’avons pas aimé, et nous étions souvent d’accord, on été écrit par le même auteur il me semble, le double avec le Diable (2.08/2.09 « La Planète du Diable »), et celui avec les portes à franchir (3.07 « Brûle avec moi »).

David Manet : Quand il remonte dans le temps, il y a quelque chose, avec la Pompadour aussi!

D. Macaluso : Ah oui, il était chouette!

David Manet : J’ai plus de tendresse pour ces épisodes là, ceux liés à l’histoire, parce qu’ils sont dans l’imaginaire et jouent beaucoup avec les références. Ils ont aussi un humour particulier.

D. Macaluso : Celui avec Agatha Christie aussi!

David Manet : Oui! Lorsque c’est de la fiction pure, on trouve très vite les limites scénaristiques il me semble, d’autant que c’est un format court!

D. Macaluso : Je suis d’accord avec toi.

– Un dernier mot pour les fans.

David Manet : Longue vie à Doctor Who, vraiment! J’espère que ça va continuer et que j’aurai le privilège de continuer à le faire…je le souhaite…. (sourire) Quoiqu’ils en pensent !

– Et pour ceux qui n’aiment pas ce que vous faites ?

David Manet : Je comprends tout à fait. Objectivement, je suis convaincu que la série est faite pour être entendue en anglais. C’est tellement anglais, dans le jeu, dans l’esprit, dans l’humour qu’évidemment le doublage peut ressembler à une trahison.

Nous en avons conscience et nous essayons de « trahir » le moins possible. Et peut-être que le doublage peut permettre à des gens qui ne maîtrisent pas l’anglais ou qui ne savent lire de pouvoir quand même profiter de Doctor Who. Et puis se détacher de devoir lire les sous-titres permet de faire plus attention à ce qui passe dans le cadre, aux jeux de visage, parce que quand on lit les sous-titres, on est quand même distrait. Il n’y a pas de solution miracle. Et c’est tellement british! Mais nous le faisons…

A l’unisson : …le mieux possible!

David Manet : Et nous le faisons avec beaucoup d’amour.

D. Macaluso : C’est bien vrai! Nous ne démissionnons jamais, malgré le manque de temps ou le stress de certains épisodes!

David Manet : Et nous avons été très aidés par…

D. Macaluso : …Oui, Thierry Attard!

David Manet : C’est important! Car voilà quelqu’un qui n’était pas du tout satisfait de notre travail et qui, dans un premier temps nous a dézingué mais qui après s’est dit : « Je peux les conseiller, leur donner des pistes ». Et vraiment ça s’est ressenti sur les saisons suivantes!

D. Macaluso : Sur la saison 3, c’est là qu’il était le plus présent et je suis content du résultat parce que j’avais des infos à l’avance!

Il est fan de la série depuis qu’il est tout petit et il m’a donné pleins d’informations sur les épisodes à l’avance en me disant : « Attention, il y aura telle référence »… Et ça vraiment c’est important!

Pour les fans qui ne sont pas contents du doublage, et je peux vraiment le comprendre, si vous avez des conseils, si vous avez des idées…

A l’unisson : N’hésitez pas!

D. Macaluso : Par internet ou par mail, il y a moyen de nous contacter car nous sommes vraiment preneurs de conseils et d’avis, mais constructifs car si c’est juste pour se faire dézinguer, parfois ça nous fait rire, parfois ça fait moins rire. Si ce n’est pas constructif, nous ne pouvons pas avancer! Par contre si on a des conseils et des avis constructifs, je le répète, nous sommes preneurs!

– Question subsidiaire : vous regardez en Version Originale ou en Version Française ?

David Manet : J’avais promis de ne pas le dire mais je regarde en VO (rire) mais cela dit, j’ai un contre exemple.

Pour Alias : j’avais acheté les cassettes vidéo et j’ai commencé en VF parce que je n’avais pas le choix et arrivé à la saison 2, je l’ai regardé en VO et je me suis rendu compte que je préférais en français. Il y a un attachement assez rapide, une symbiose entre la voix et l’image et on s’habitue aux personnages tels qu’ils sont. C’est autre chose. Par exemple, Magnum pour moi, il parle français, Starsky et Hutch aussi, je n’ai jamais entendu cela en anglais. C’est possible aujourd’hui avec les DVD, mais je suis sûr que cela me paraitrait bizarre! De la même manière que cela me fait « bizarre », pour une série que je regarde en VO, si par une erreur de manipulation ou par curiosité, je tombe sur la VF! Je me dis toujours que c’est très éloigné et ce dès le casting!

Je ne parle pas de la qualité du travail du comédien qui assume le rôle mais vraiment le casting, c’est à dire la voix originale qui parfois en français est très éloignée. Et rien que la couleur de la voix qui est autre, c’est choquant quand on est habitué à un physique = une voix.


Un immense merci à tous les deux.

© 2009 – Interview réalisée en direct par Gilles Nuytens de The Scifi World pour Beans On Toast www.doctor-who.fr

Préparée par Aurélie Demonchaux, Corinne Auffret-Nguyên, Frédéric Robert et Maud Robillard pour Beans On Toast – Merci à Anne-Claire Noel pour l’habillage graphique.

© Novembre 2009 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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08 Déc 2011 - Paul Kasey, Comédien

Paul Kasey

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– Peux-tu te présenter aux fans francophones ?

Bonjour [en français], mon nom est Paul Kasey et j’ai joué différentes créatures/monstres et personnages dans des films et séries TV comme Blade 2, 28 jours plus tars, 28 semaines plus tard, Neverland, 1408, Dr Who, Torchwood et The Sarah Jane adventures.

– Comment as-tu décroché le rôle de Auton dans le premier épisode de la série (Rose) ?

Et bien, tout au début, mon agent m’a appelé et m’a dit qu’il y allait avoir une audition pour une nouvelle série TV et qu’ils cherchaient des gens qui avaient de l’expérience en mouvements, prothèses, costumes de créatures et connaissances des masques, ce que j’avais ! Et il m’a demandé si j’étais intéressé pour passer l’audition. Comment aurais-je pu dire non ! Ca avait l’air tellement excitant !

Donc quand l’audition est arrivée, on nous a fait passer par groupes de trois, et on nous a dit comment bouger et quelle scène on devait faire.

C’est Ailsa Berk, la chorégraphe des mouvements qui faisait ça. Bref, pour faire court, car ça a duré un moment : on m’a rappelé quelques semaines plus tard. Je crois qu’il y avait environ 18 d’entre nous à ce rappel.

Ce fut à nouveau un atelier avec Ailsa qui a duré environ 4 heures, même si j’ai eu l’impression que ça a duré tout juste 10 minutes, et ce devant les producteurs et directeurs du premier bloc.

J’ai appris ce jour là qu’ils cherchaient environ 5 personnes pour jouer différents rôles à travers la saison : 3 hommes et 2 femmes. Je me rappelle extrêmement bien ce soir là, c’était un vendredi et j’étais sorti avec un ami pour boire un verre à Covent Garden quand mon téléphone a sonné !

C’était mon agent disant qu’ils voulaient m’offrir un rôle dans le premier bloc [le premier épisode] et que la série allait être Doctor Who et que le rôle que j’allais jouer était un Auton [mannequin en plastique vivant]. Vous pouvez imaginer que j’étais sur un petit nuage, et bien sûr, j’ai dû rester et boire quelques verres de plus pour fêter ça.

– Comment as-tu décroché les autres rôles dans les 3 séries du Whoniverse ?

Et bien après avoir joué un Auton dans le premier épisode, on m’a demandé de revenir jouer un Slitheen, un arbre vivant de Cheam et Zuzanna, un android.

Tous ces rôles faisant partie de la première saison de Doctor Who.

– Tu as joué dans Blade 2 et 28 jours plus tard, quels sont tes projets au cinéma et à la télévision ?

On m’a demandé de jouer plusieurs rôles dans différents films et aussi d’être le conseiller en mouvements (Mouvement Director) dans d’autres, mais je n’en suis encore qu’au début.

Il y a un film qui va sortir à la fin de cette année ou en début 2009 dans lequel j’ai joué une créature qui est créée par la lecture d’un livre. Le film s’appelle Inkheart [Coeur d’Encre] et c’est un film fantastique pour enfants.

– Es-tu fan de la première série Doctor Who ? Peux-tu nous expliquer quel est l’impact de la série dans la culture anglaise ?

Pour être honnête avec vous, je n’étais pas ce qu’on pourrait appeler un fan confirmé de Doctor Who, mais avec le temps, je suis probablement devenu aussi fan de la série que la plupart des gens ici en Grande-Bretagne et dans le monde.

Je crois que Doctor Who, comme par le passé, a un impact majeur sur la culture Britannique, et même encore plus maintenant qu’avant.

Je dirais qu’il n’y a pas un enfant, et même un adulte qui ne voudrait d’un Tardis dans son jardin et pour son usage personnel !

Slitheens, Weevils

– Et quel est ton Docteur préféré ?

Quel est mon Doctor favori ? C’est une question à laquelle il est très difficile de répondre.

J’ai vraiment apprécié tous les Doctor que j’ai vu, pour des raisons variées.

Et je crois qu’ils ont tous, les uns autant que les autres, contribués à faire de la série une vraie réussite.

– Comment en es-tu venu à jouer les monstres en tous genres ?

Et bien au départ, mon premier « monstre qui fait peur » était un des reapers de Blade 2 et j’ai tellement apprécié de filmer ça à Prague et de jouer ce rôle, y compris de porter les prothèses, que je me suis dit que si j’avais la possibilité de jouer d’autres monstres, je sauterai sur l’occasion et ne refuserai pas une telle opportunité.

Et ça a été le cas, dès que j’ai eu quelques références sur mon CV, ça a commencé à marcher pour moi, et j’espère que ça continuera encore très longtemps.

– Étais-ce ton idée de départ : te spécialiser dans ce type de rôle ? (rôle physique, avec costume imposant, gestuelle plus développée…) ou cela a-t-il été un opportun hasard de carrière ?

Tu pourrais probablement dire que ça a été une sorte de coup de chance dans ma carrière.

Je suis issu du milieu artistique du « mouvement » puisque j’ai été formé comme danseur / chanteur / acteur professionnel avec des compétences en gymnastique et contorsion.

Ainsi, pendant plusieurs années, j’ai fait des comédies musicales ou des clips.

Mes connaissances en mouvement et cet aspect « physique » de ma formation furent donc très utiles pour le genre de personnages que je joue aujourd’hui!

Je ne me suis pas posé la question choisir ou de faire ce que je fais maintenant, c’est juste venu à moi par hasard.

Mais si ce choix m’était donné, je choisirais de faire cela, encore et encore.

Je suppose que l’on peut dire que j’ai le meilleur de ces deux univers professionnels puisque je fais toujours ce à quoi j’ai été formé, comme la chorégraphie, et depuis quelque temps, la majeure partie de mon travail a été de rendre vivant des créatures et des monstres.

– As-tu suivi une formation particulière ?

Excepté la formation que j’avais déjà, non, je n’ai pas suivi de formation particulière pour interpréter les monstres et autres créatures que j’ai fait.

Je pense vraiment être dans un apprentissage continuel, j’apprend et je me forme sans cesse, pas un jour ne se passe sans que j’apprenne quelque chose de nouveau..

Mais je dois avouer que d’avoir travaillé tout ce temps et sur pas mal de projets avec Ailsa Berck, et si une personne est une source d’inspiration autant qu’une mine d’informations et de connaissances pour moi, c’est bien elle.

Automate Blowfish

– Quel monstre as-tu préféré interpréter ? Pourquoi ?

Le monstre que j’ai préféré jouer ? Voilà une réponse facile : tous, et pour des raisons différentes, il me serait très difficile d’en choisir un seul! Chacun est si unique, avec un style bien à lui, mais si on m’obligeait à choisir alors je dirais les Cybermen, car ils sont vraiment très cool !

– Comment se déroulent les maquillages ? Est-ce contraignant ?

Chaque personnage est vraiment différent en termes de maquillage et de costume. Par exemple, la plus longue mise en place de maquillage et prothèse jusqu’à maintenant dans Dr Who fut l’arbre vivant de Cheam 1.02, qui, si je m’en rappelle bien, a duré environ 4 heures pour le poser et environ 1 heure et demi pour l’enlever, et qui m’a été laissé pour toute la journée de tournage.

Alors que le costume de Cybermen demande environ 30 minutes pour l’enfiler à l’exception de la tête, qui elle, est mise en place et retirée juste avant et juste après les répétitions et les prises de vues.

Et avec Ood Sigma, c’était encore différent : je portais le costume, et la tête robotisée était ajoutée et retirée pour les répétitions si nécessaire, et sinon pour filmer. Tous les costumes et têtes sont faits d’après un moulage de mon corps, que j’avais fait pour la première série, donc ils sont prévus pour m’aller comme un gant. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu à porter un costume ou un maquillage dont je pourrais dire qu’il était douloureux à porter, mais c’est grâce à Neil Gorton et son équipe de Millennium FX.

– En terme d’effets visuel et de maquillage, quel personnage ou espèce considères-tu comme la plus réussie ?

Je dirais que les effets visuels et les maquillages ont tous été si brillamment réalisés qu’à chaque fois je m’assieds pour regarder un nouvel épisode, je trouve qu’ils surpassent les autres, dans les tous aspects, pas seulement pour les effets visuels et le maquillage d’ailleurs.

– Y a t-il des monstres que tu ne peux pas jouer ? Et inversement lesquels as-tu « demandé » à interpréter ?

Non, je ne pense pas qu’il y ait un type de monstre que je ne voudrais pas jouer et je rêve d’interpréter des tas de monstres différents, tant qu’ils sont amusants et fun une fois que je leur donne vie !

– Comment te prépares-tu à jouer ? Tu travailles avec un chorégraphe ?

A nouveau, il y a différentes manières de se préparer pour un rôle. La plupart du temps, nous avons des ateliers de travail avec Ailsa Berck qui est chorégraphe et spécialiste des Mouvements.

Dans ce cas, elle épluchera le script et travaillera avec nous jusqu’à l’obtention du meilleur résultat en fonction des mouvements requis.

Et il y a des fois où c’est entièrement mon interprétation du script et du personnage et là, je travaille en étroite collaboration avec le réalisateur afin de faire au mieux ce qui est souhaité.

– Dans Doctor Who et Torchwood, tu joues quasiment tous les « monstres », comment fais-tu pour donner une allure si différente aux Cybermen, aux Ood, aux Weevils,etc …

C’est très gentil de me dire cela mais malheureusement je ne peux pas prendre tout le bénéfice de ce compliment car les costumes, le maquillage, et aussi l’histoire, tous ces facteurs, vraiment importants, contribuent à faire que chaque personnage ait l’air si unique et incroyable.

– Aimerais-tu jouer un rôle de gentil ou d’aide du Docteur ?

Comme nous le savons, tous les rôles que j’ai interprété ces quatre dernières années n’ont pas toujours été des ennemis du Doctor.

Mais si l’opportunité de jouer un compagnon du Doctor m’était offerte, comment pourrais-je refuser un tel rôle, qui le pourrait ?

– Peux-tu nous dire a quoi ressemble une journée (ou semaine) type de tournage ?

Et bien, un jour de tournage typique pour moi commence en me levant vers 5:30, puis on vient me chercher à l’hôtel vers 7 heures et on m’amène à la base de tournage qui peut être soit aux studios soit sur un site.

Après avoir pris un petit déjeuner dans ma caravane et avoir récupéré mes textes pour la journée, on me demande de commencer à me préparer si je suis dans la première scène du jour. Tout le monde est alors appelé normalement pour une lecture puis un essai de la première scène, suivit d’une présentation de l’équipe.

Pendant que les différentes prises pour la scène sont discutée et que tout se met en place, on a tendance à retourner à la base pour finir de se préparer. Une fois que tout est prêt, on nous rappelle pour commencer à filmer.

Le repas est normalement vers 13h00, à ce moment là tout le monde retourne à la base, et en général on me retire un bout de mon costume avant. Après le repas, on nous demande de retourner aux costumes ou au maquillage pour vérification, prêts à être appelés sur le plateau pour commencer la 2e partie de la journée.

Sandwiches et cakes arrivent autour des 17 heures, et on termine vers l9 heures. A ce moment là, c’est retour à la base pour retirer le costume et récupérer mes affaires, et je suis fin prêt à être ramené à l’hôtel.

Si je tourne le jour suivant, on me donne ma feuille d’appel. Une fois de retour à l’hôtel, je la vérifie en général pour voir s’il y a eu des changements, je jette un oeil aux scènes, je me rafraîchis et je vais au restaurant pour manger un bout et discuter avec les autres personnes du tournage qui seraient là, et pour passer du bon temps, puis il est temps d’aller dormir.

Ood Host

– As-tu une anecdote sur une de tes journées ?

Je me rappelle d’un moment vraiment très drôle. On filmait une des scènes de Satan’s Pit (2.09) Celle où tous les Oods sont sur une coursive, tous l’air concentré sur leur travail comme les Oods le font si bien. Et bien, on avait répété ce que chacun devait faire dans la scène et les timings et les mouvements et déplacements qu’on devait faire durant cette scène. Plusieurs fois même, pour être sûr que tout marche bien, une pour les Oods et une pour la caméra.

Bref, à chaque fois que c’était répété, ça marchait parfaitement: il n’y avait ni sursaut ni collision, ni rien ! Enfin, comme tu dois l’avoir deviné, à la première prise, lorsque le « Action » a retenti, tout s’est bien passé pour commencer, comme aux répétitions, jusqu’à ce que soudain il y ait un énorme embouteillage de Oods au milieu de la coursive! Et à cause notre vision limitée [par le masque], personne ne pouvait voir où il devait aller ou ce qu’il pouvait faire

A ce moment, tout ce que j’entendais c’était des rires venant du tour du plateau, puis le plateau tout entier s’est joint aux rires. C’était un de ces moments où le fou rire devient irrésistible.

– Steven Moffat prendra la tête de la série en 2010, pouvez-vous nous parler de lui et des changements que va entrainer sa nomination sur la série ?

Le premier épisode écrit par Steven Moffat que j’ai fait était « The Girl in the Fireplace ( 2.04 « La cheminée du temps » ) qui est génial et fait partie de mes épisodes préférés !

Quant au changement de showrunner et sa nomination pour 2010, c’est la première fois que j’en entends parler. Note : L’interview a été réalisée le lendemain de l’annonce officielle

Mais si c’est le cas, je suis très excité pour lui et sûr à 100% que le futur de Doctor Who est dans d’excellentes mains.

– Dans une interview de Naoko Mori, j’ai cru comprendre qu’elle revenait en saison 3 est-ce vrai, et est-ce la seule ?

Malheureusement, je n’ai pas lu cette interview et je n’ai aucune information à ce propos, désolé.

– Dans la même interview, on lit que les tournages des saisons de Torchwood, Doctor Who et de The Sarah Jane Adventure se font en simultané dans le même studio, est-ce facile à gérer ?

Oui, les trois séries sont filmées dans le même studio mais chacune a ses propres plateaux et nous allons aussi en extérieur selon les besoins de tournage

Nous avons eu des jours de légers chevauchements avec les deux tournages, pour ma part si je dois être sur les deux plateaux, mon emploi du temps est fait de telle sorte qu’il n’y a pas de problèmes avec les horaires.

– Dans Torchwod, à propos de Janet, la weevil et du « rigolo » blowfish seront-t-ils aussi de retour ? Penses-tu que le personnage du blowfish est une référence au monstre requin dans Buffy ? (6.08)

J’aime à penser que les deux personnage que j’ai joué dans Torchwood vont revenir !

Quant à ta remarque sur la référence entre « Blowfish » et l’homme à tête de requin dans Buffy, je ne peux pas y répondre étant donné que je n’ai pas vu cet épisode de Buffy.

– Entre les Blowfish et les Haths (Doctor Who Saison 4), les montres sont très inspirés des poissons : sais-tu comment et qui crée ces personnages ? Comment les trouves-tu ?

Je dirai que tout dépend des auteurs qui créent les personnages et que tout repose sur eux, et je dirai qu’ils ont une très grande et excellente imagination.

Je pense que ces deux personnages sont complètement différents, mais tous deux très intelligemment créés, pour avoir un impact sur le public et captiver les téléspectateurs chacun à leur manière.

– Peux-tu nous parler de l’ambiance sur les plateaux des 3 séries ? J’imagine que cela doit être très différent, à quel niveau ?

Tout à fait, tu as bien deviné, l’atmosphère est différente sur les trois séries.

C’est probablement dû au fait que les équipes et les casts ne sont pas les mêmes et aussi que le contenu de chacune des séries s’adresse à un public bien précis et différent.

– Nous t’avons vu lors du concert « Doctor Who : a celebration » : quels meilleurs souvenirs gardes-tu de ce « brilliant » concert ? Feras-tu partie du prochain le 27 juillet à l’Albert Hall ? Peux-tu nous dire quelques mots sur ce fantastique événement ?

Je dirais que j’ai trois grands souvenirs de ce spectacle : le premier sur le lieu où cela se déroulait, le second sur le fait de jouer en « live », face au public, et le dernier à propos de l’orchestre qui était exceptionnel!

Quant à l’évènement du 27 Juillet au Royal Albert Hall dont tu parles, je n’en ai pas encore eu connaissance mais je ne manquerai pas de te tenir informé si j’entends quoi que ce soit !


Retrouvez l’interview en version originale sur The Scifi World

© 2008 – Interview réalisée par Gilles Nuytens pour The Scifi World et Beans On Toast « www.doctor-who.fr »

Préparée par Anne-Claire Noël, Corinne Auffret-Nguyên, Frédéric Robert, Nicole Loutan et Xavier Peinado pour Beans On Toast.

Traduction : Anne-Claire Noël, Corinne Auffret-Nguyên et Nicole Loutan. Habillage graphique : Anne Claire Noël.

© Juin 2008 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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08 Déc 2011 - Ben Foster, Chef D’Orchestre et Arrangeur BO Doctor Who / Compositeur BO Torchwood

Ben Foster

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A propos de la musique et de Doctor Who…

– Comment es-tu devenu musicien ?

J’ai commencé très jeune, d’abord en étudiant le piano que j’ai commencé à apprendre vers 5/6 ans. J’ai écrit mes premières compositions vers l’âge de 6 ans, c’étaient de petites chansonnettes. Je viens d’une famille qui baigne dans la musique.

Arrivé à l’adolescence, j’ai commencé à apprendre la musique classique très sérieusement. J’ai également fait un peu de pop et de rock quand j’avais 15 ans.

Mais j’ai toujours étudié la musique classique qui a toujours fait partie de mon univers. Je jouais aussi de plusieurs instruments en plus du piano.

A 18 ans, j’ai donc décidé d’étudier le classique et je suis allé à Londres au  » Guild Hall School of Music », c’était super ! J’y suis resté 5 ans et j’y ai étudié la composition.

Ensuite, je suis allé dans une « Film School » passer un Master Degree, toujours à Londres, et c’est là que j’ai appris comment écrire pour le cinéma et la télé. Et j’ai eu du travail tout de suite après mon diplôme.

– Tu es entré dans le Who-niverse en dirigeant et en orchestrant les musiques de Doctor Who, comment es-tu arrivé dans cette aventure ?

En fait, Murray Gold m’a contacté à la fin de la saison 1. J’avais travaillé avec d’autres compositeurs de sa connaissance et son manager m’avait recommandé. Nous nous sommes ensuite rencontrés et ça a collé.

J’ai donc commencé à travailler sur Christmas Invasion [2.00] prévu en 2005, c’était en novembre. Cela fait maintenant 2 ans et demi que je suis impliqué dans Doctor Who car je n’ai pas arrêté depuis Christmas Invasion.

– Etais-tu un fan du Doctor, un passionné de Doctor Who et de son univers comme le sont Russell T. Davies et beaucoup de membres de l’équipe ?

Oui ! Complètement ! Quand j’étais enfant, nous allions toujours voir les expositions de Doctor Who. Je vivais au nord de l’Angleterre et il y en avait à Blackpool et nous avions pour habitude de nous y rendre tous les hivers.

Et je regarde encore à la télé avec la même avidité qu’un gosse! Mais je n’avais pas aimé la façon dont la diffusion s’était achevée, j’étais un peu plus âgé à cette période et je n’avais pas trouvé ça bon.

Mon époque, ce sont les années Peter Davison et Colin Baker [Doctors 5 et 6]. Et même lorsque ça ne passait plus à la télé, je lisais Doctor Who Magazine et tout ce que je trouvais qui en parlait. J’étais à fond dedans, un vrai fan !

Et quand cette opportunité s’est présentée, ça a été vraiment simple : j’étais enchanté de rentrer dans cette aventure !


Ben Foster dirige

– Tu as travaillé sur beaucoup de projet de Science-Fiction, est-ce un univers que tu apprécies particulièrement et quelles autres séries et films aimes-tu ?

J’ai toujours aimé la Science-Fiction, le mystère et aussi tout ce qui est histoires de détectives. Je regardais beaucoup de ces émissions qui sont qualifiées de cultes aujourd’hui. Les « Avengers » [Chapeau Melon et Bottes de Cuir], Le Prisonnier, des choses aussi comme les « Thunderbirds » [Les Sentinelles de l’air »] et d’autres séries avec des marionnettes animées des années 60. J’ai grandi en regardant tout ça. Telles étaient mes séries préférées.

Du coup, je pense que j’ai toujours voulu être impliqué dans ce genre de films et en faire la musique. Concernant Doctor Who, je pense que la meilleure des choses c’est que nous pouvons ne pas avoir honte d’être adulte.

Je pense que le travail de John Williams sur Star Wars, avec lequel j’ai grandi aussi, a été un des déclencheurs du moment où je me suis dit : « Je veux faire pareil, pour la télévision ou le cinéma ». Parce que, comme on peut le constater, la musique classique s’accorde parfaitement à ces environnements futuristes. Et j’adore aussi l’utilisation des synthétiseurs dans ces compositions.

Il y a eu beaucoup de morceaux de ce type dans les années soixante, avec Barry Gray et d’autres compositeurs, et c’était toujours très intéressant !

Je pense que ce lien entre la musique classique, les orchestres symphoniques et la Science-Fiction a toujours été là. Il n’y a pas de réel moment où l’on puisse dater cette rencontre, et je pense que c’est une bonne chose.

– Est-ce qu’il y a d’autres séries ou films sur lesquels tu aimerais travailler ?

Et bien, je dois dire qu »il n’y a pas d’autres séries à la télé sur lesquelles j’aimerais désespérément travailler. J’ai été plus que chanceux avec Doctor Who et Torchwood qui sont mes deux séries favorites et dans lesquelles je me suis retrouvé à travailler ! Que j’y travaille ou non, je regarderais ces deux séries de toute façon ! Je suis vraiment comblé.

Je travaille aussi avec d’autres compositeurs et sur d’autres films. Actuellement, je suis sur « La Momie 3 » qui ne devrait pas tarder à sortir. Et je participe aussi à d’autres films. Ce n’est d’ailleurs pas toujours de la Science-Fiction. Cela peut être des comédies romantiques, ou d’autres choses. Mais j’aime tout particulièrement la SF.

– Es-tu inspiré par un compositeur ou un musicien en particulier ?

Oui, mon compositeur préféré, en musique symphonique, est William Walton. C’est un compositeur britannique, très renommé ici dans les années 30 à 50. Et plus internationalement, je pense qu’il est un des compositeurs favoris de John Williams. On peut l’entendre dans son oeuvre, certes on y retrouve beaucoup de son héritage américain, mais on sent aussi l’influence de gens tels que Holst ou Walton. Tous deux de grands compositeurs britannique.

Je pense que nous avons un excellent héritage ici en Grande-Bretagne en matière de compositeurs de musique classique. Et bien que j’aime beaucoup Stravinsky également, William Walton est mon préféré.


Ben Foster Dalek

– Tu as dirigé la soirée : « Doctor Who A celebration » (hélas le Doctor Who Confidential qui y est consacré est inédit en France) en 2006 : quels souvenirs en gardes-tu ? Quel a été ton morceau préféré ?

Je pense que mon moment favori lors de ce concert a été celui des Daleks, je l’attendais avec une telle impatience : enfin jouer le thèmes des Daleks des épisode 12 et 13 de la première saison !

Et quand nous l’avons fait, avec les Daleks sur la scène, c’était encore autre chose. C’était brillantissime : « It was brilliant » !

Tout a pris vie à ce moment parce qu’il y avait le Dalek, en train de sillonner la scène, et tout est devenu d’un seul coup si réel et si effrayant ! Ca a été l’apogée pour moi.

Mais il y a eu ces quelques mois, vraiment incroyables, à préparer le concert tous ensemble. Je ne sais pas comment nous y sommes arrivés, il y avait tant à faire et en si peu de temps ! Vraiment, je ne sais pas comment nous avons fait !

– Et quels sont tes autres projets ?

Pour le moment, c’est Doctor Who. On travaille sur le final. On a enregistré les épisodes séparément, ici à Londres. On a fait l’épisode dix [4.10] il y a quelques semaines, et maintenant on prépare un enregistrement pour mardi, et on fera ça à Cardiff avec l’orchestre. On va enregistrer les épisodes huit et neuf, qui sont les épisodes de Steven Moffat “The Library,” et on va aussi enregistrer de la musique pour le final, qui, je crois que ce n’est plus un secret, voit le retour des Daleks.

Donc voilà sur quoi je travaille juste maintenant. Je bosse aussi sur quelques morceaux qui reprennent les thèmes des personnages parce que ce sont des personnages qui reviennent, comme vous le savez probablement, vers la fin. Donc on va enregistrer différents thèmes pour Rose et aussi pour Donna. Alors on va avoir beaucoup à faire mardi prochain. Mais j’ai presque fini.

je travaille sur un film appelé « la Momie » dans les semaines qui viennent pour un compositeur qui s’appelle Randy Edelman, un compositeur Hollywoodien. J’ai travaillé sur un autre film, un film britannique, la semaine passée, et aussi plein plein de choses.

Bien sûr, il y a un concert Doctor Who en juillet, qui sera au Albert Hall, à Londres. Et donc je vais m’y mettre dès que je le peux parce qu’on à beaucoup de morceaux à travailler ensemble. Et ça va être formidablement excitant, et ce sera aussi beaucoup de travail. Mais je suis vraiment content de participer à ce concert.


Torchwood

A propos de Torchwood…

– Comment t’es-tu ensuite retrouvé sur Torchwood ?

On a demandé à Murray de faire la musique de Torchwood et il m’a invité à travailler avec lui. Et on a vite vu qu’il n’avait pas le temps, alors je suis devenu le composeur attitré de Torchwood.

En fait Murray a écrit le 1er épisode et les 4 autres épisodes, puis il m’a passé le projet et j’ai foncé. On a eu de la chance que ca marche, parce que ce sont les mêmes gens, les mêmes qui mixent le son, ainsi que les mêmes metteurs en scènes.

C’est une affaire de famille en quelque sorte. On se connaît tous, alors c’était facile de monter les échelons de Doctor Who à Torchwood.

– As-tu travaillé avec Murray Gold pour le générique ?

Oui, on a l’enregistré. Il y a en fait plusieurs versions du générique, on a fait une version avec notre orchestre à Londres. Et après, on l’a édité je crois parce qu’on a fait une version de 30 sec et une de 20 et la version finale devait seulement être de 10 secondes.

En fait, il y a plusieurs versions un peu partout, mais elles sont assez différentes. La version qui a été utilisée dans le dernier mix était la meilleure. Elle est très courte et répétitive et elle colle parfaitement.

Ben et Murray

– Tu as fait d’autres choses avec lui ?

Oui, beaucoup de projets différents, on a fait quelques films et dernièrement « I want candy », c’était l’été dernier, ca fait un moment du coup.

Murray est tellement occupé à faire Doctor Who qu’il n’a plus beaucoup de films en cours. On a fait « Death and a funeral » de Frank Oz, on s’y est bien amusé. Et aussi d’autres trucs que Murray a fait pour la télé. Nous sommes de proches collaborateurs et nous avons tous deux été très occupés ces dernières années.

– Comment se déroule le processus de composition pour les épisodes et saisons ? Fais-tu des réunions avec les scénaristes et réalisateurs à Cardiff ? Ou bien travailles-tu de ton côté ? Dans quelle mesure les producteurs interviennent sur/dans ton processus de composition ?

Bon, pour la dernière saison de Torchwood, on a eu des réunions a Cardiff au QG, on a participé dès le départ aux discussions et aux lectures des scenarii. J’y suis allé au démarrage de la 2eme saison parce qu’il n’y a rien a faire pendant quelques mois et après on est très occupé. J’y étais donc dès le commencement mais c’est moins utile pour les compositeurs. Je trouve que c’est bien d’avoir les scenarii et de les lire. Mais ils sont souvent changés et c’est complètement différent au moment du tournage parfois..

Ensuite il y a une réunion avec le metteur en scène qui dure littéralement une heure. Avec le réalisateur, on regarde l’épisode, nous discutons presque en temps réel. C’est à ce moment que je m’en vais et que je vais écrire la musique et l’enregistrer à Londres.

Puis je l’envoie par internet à Cardiff et c’est à ce moment qu’ils entendent la musique pour la première fois, lors du mix final. C’est rapide et efficace, parfait. Et c’est agréable de travailler seul parce qu’il y a…. [Hésitant] Les délais deviennent si importants, que dès qu’un épisode est fini, on enchaîne avec le suivant ! Alors ça aide d’être dans son monde pour se mettre à travailler.

– As-tu participé aux tournages ou aux lectures des scripts, comment était-ce, avec une ambiance aussi « déjanté » que l’est la série ?

Vous voulez dire le set de Torchwood ? Oui, j’y suis allé quelques fois, lorsque j’avais des réunions à Cardiff et qu’un tournage était en cours. Je suis resté dans les coulisses et j’ai regardé. Ils s’amusent bien on dirait, je crois que c’est John qui s’éclate bien avec l’équipe de tournage.

C’est trop bien en fait d’être sur le plateau parce que c’est quelque chose qu’on voit beaucoup, et se tenir dans le hub : c’est incroyable ! Et bien sûr, c’est aussi juste à coté du plateau de tournage du Tardis.

C’est le meilleur moment pour traîner sur le plateau et voir toutes ces choses, je suis toujours fan et même si je suis adulte maintenant, ça m’intimide toujours ! Mais je veux voir le Tardis, encore ! Je trouve toujours ça excitant.


Ben Foster et Torchwood

– Peut-on s’attendre à une édition CD des OST de Torchwood Saison 1 + Saison 2 ?

Oui ! Mais personne n’est encore au courant. Donc c’est une exclusivité, en fait, ce qui est chouette.

Un CD de Torchwood va sortir ! Il devrait être disponible en Grande-Bretagne, en août je pense.

Je suis justement en train de travailler dessus. J’ai presque fini. C’est très difficile parce qu’il y a tant de morceaux. Il y a dix-huit ou dix-neuf heures de musique dans les deux séries, donc en choisir les meilleures compositions est presque impossible. Ca te demande de te restreindre parce que tu as envie de tout mettre dedans, mais tu ne peux mettre que quatre-vingt minutes environ.

C’est donc un travail très complexe. Je pense qu’il y a aura pas mal de musiques de la saison 2 et moins de la 1 pour le moment. Je crois que c’est partiellement parce que, quand tu as écris quelque chose il y a pas mal de temps, et là ça remonte à dix-huit mois, et bien, je pense que tu préfères que ce soit les choses récentes qui sortent. Et je pense que la saison 2 a été bien plus réussie en termes d’audience.

Il y a eu plus de monde, c’était plus grand, et plus de spectateurs ont regardé cette saison. Donc je pense que c’est bien de mettre en avant les morceaux de cette dernière saison. Et aussi, c’est super de voir le développement des personnages depuis la saison 1. Tout cela n’est pas encore très clair pour le moment parce qu’il y a certaines scènes que j’aime bien dans la saison 1, mais on verra…

Ça sort définitivement en août dans ce pays, et je suis sûr que ce sera aussi sur iTunes et tout ça. Mais ça devrait vraiment être bien, et c’est très excitant.

A propos de Torchwood…Zoom sur les deux saisons (attention révélations sur la saison 2)

– Quels sont tes épisodes favoris parmi ceux qui sont accompagnés de tes compositions ?

Mes épisodes préférés sont dans la saison 2, l’épisode 8 « A day and a death », et l’épisode 11 « Adrift ».

Le premier, c’est quand Owen parle à Maggie sur le toit. On apprend tout à propos d’Owen après qu’on lui ait tiré dessus et ramené à la vie, la musique est très bonne. Je pense qu’il y a une bonne alchimie entre eux deux.

L’épisode 11, c’est celui du garçon, Jonas qui disparaît et revient. J’aime beaucoup le travail que nous avons fait sur la musique, je pense qu’on s’en est bien sorti. Ce sont des épisodes très différents. J’aime beaucoup Torchwood à cause de cette profondeur. Cet épisode est très émouvant.

Quand on compare le premier épisode de cette seconde saison avec le dixième, celui avec le cinéma, on voit que les personnages ont évolués tout en renforçant la cohésion de leur équipe. C’est un défi de faire des musiques variées pour chaque épisode tout en donnant l’impression qu’elles font bien partie de la même histoire, c’est assez amusant à faire !

– Est-ce toi qui as choisi toutes les chansons de ces 2 saisons, si oui, comment s’est fait celui du finale en 213 : la chanson des deux capitaine…

La plupart des chansons pop on été choisies par les producteurs ou les metteurs en scène, en fait je ne m’en occupe pas. Tout ce que j’ai à faire, c’est la musique composée.

Dans les épisodes 1 et 3, quelques morceaux pop et rock ont été utilisés. Je pense qu’ils passent bien, mais en tant que compositeur, je préférerais écrire toute la musique. Ce n’est pas un problème quand ils utilisent des chansons, mais je préfère qu’ils ne le fassent pas pour être honnête.

Je pense que ça fait rentrer la série dans un moule, ça fausse un peu sa nature, ça l’américanise un peu trop aussi. Mettre une chanson pop à un effet différent, ça devient un montage et c’est également moins puissant. Alors, non je ne les choisi pas.


Ben Foster au travail

– John Barrowman et James Marsters sont tous deux des musiciens ou des chanteurs d’exception, Gareth David-Lloyd chante également : pour la troisième saison, l’idée de les faire chanter t’-a-t-elle traversée, a-t-elle été évoquée, qu’en penses-tu ?

Ca pourrait marcher. Je pense qu’ils s’amusent tous bien sur le plateau. James a sa guitare, il en joue et je suis sûr que Gareth chanterait avec eux. Même si je n’en sais rien en fait. John est bon showman, n’est ce pas, mais il a plus un style West End* [Quartier des théâtres connus plus particulièrement pour leur Comédies Musicales], il est moins rockeur.

A mon avis, Gareth et James pourraient former un bon groupe ensemble, car ils sont plus dans le même style musical. Mais je ne pense pas que ca marcherait aussi bien sur la série. Je pense que c’est quelque chose qu’ils pourraient faire séparément. En dehors.

– En saison 1, la musique est beaucoup moins mise en avant qu’en saison 2 (notamment pour les morceaux purement symphoniques), pourquoi ?

Je ne pense pas que ce soit correct. Dans la saison 2, la musique était plus calme en fait. Mais je ne sais pas si tu parles d’un mixing ou d’un son.

Durant la saison 2, nous avons travaillé avec un orchestre, le BBC National Orchestra of Wales. Pour chaque épisode, nous avons enregistré des morceaux à Londres avec le London Television Orchestra. Nous avions fait la même chose en saison 1 en fait. La saison 1 a été faite entièrement avec un petit orchestre. Mais pour la saison 2, on a fait des enregistrements, plus tôt et avec le BBC National Orchestra of Wales. Nous avons enregistré beaucoup de thèmes dont celui d’Owen et celui qui clôture la saison 2, mais nous en avons également enregistré d’autres comme celui du Capitaine Jack..

Travailler sur une série aussi importante que Torchwood permet d’avoir une large gamme de morceaux à utiliser. C’est un peu comme sur Doctor Who, on enregistre toute une panoplie de musiques liées a chacun des personnages et ensuite on l’édite et on l’utilise à certains moments.

C’est ce que nous avons fait cette fois-ci. Mais par rapport au mix, je ne sais pas s’il était plus fort mais il avait peut-être plus de punch. Parfois, il y aussi tant de musique dans Torchwood, jusqu’à 45 min pour un épisode ! Je crois que le plus long était de 46 minutes pour un épisode de 50, ca fait énormément. Dans ce cas, elle n’a pas forcément besoin d’être mise en avant, elle peut rester en arrière plan et ça passe très bien.

– La Saison 2 en plaçant tes compositions au premier plan donne une identité musicale très forte à la série , quels en sont tes thèmes préférés ?

Je pense que ce qui est bien avec la saison 2, c’est que nous avons des références constantes à Owen, ainsi qu’à sa relation avec Tosh. nous avons aussi le thème de Gray, le frère de Jack. Ce sont les 3 thèmes majeurs selon moi, parce qu’ils sont récurrent et que nous pouvons les mettre un peu partout.

Une partie de mon boulot de compositeur consiste à insérer subtilement quelques notes de ces thèmes çà et là. Si vous écoutez l’ensemble de la musique de la saison, il y a beaucoup de morceaux où vous pouvez entendre le thème d’Owen et celui de sa relation avec Tosh. Cela ressemblait à un jeu de piste dans cette saison jusqu’à la fin où il meurent ensemble.

Alors oui, cette saison, musicalement, a été plus forte que la précédente car elle a été écrite ainsi. Il y avait cet arc secondaire constamment présent en fait. Il y a beaucoup de thèmes que j’ai composé lors de la saison 1 et que j’ai amélioré, comme ceux du Captain Jack et de Gwen et Rhys. Je les ai repris et utilisés lors du mariage notamment.

Mon préféré est sûrement le thème d’Owen, et je suis triste qu’il soit parti car ça veut dire que je ne peux pas le réutiliser, à moins que l’on parle de lui je suppose. Peut-être qu’il reviendra d’entre les morts, ils le font tous.

Owen

– Le thème d’Owen, qui accompagne toute la fin de saison 2, donne une grande intensité : pourquoi donner un thème aussi fort à un personnage qui va mourir ? Savais-tu à l’avance ce qui allait lui arriver ? Ce thème pourra-t-il revenir en Saison 3 ?

J’aimais beaucoup le personnage d’Owen et je pensais qu’il devait avoir un thème vraiment fort. Il est très simple, ce sont juste cinq ou six notes qui se répètent inlassablement, alors il est facile à repérer et reconnaitre. En fait, au début quand j’ai commencé à écrire, ce n’était pas vraiment clair qu’il allait mourir car ils gardent tout secret, mais je pense que c’était dû au fait que rien n’était encore écrit à ce sujet.

Quand ils ont commencé à diffuser la saison, la fin n’étais pas encore écrite. J’ai eu deux script de l’episode 13 avec de légères différences. Début août de l’année dernière, j’ai enregistré un grand nombre des morceaux avec l’orchestre de Cardiff, et le thème d’Owen en faisait parti. Les arrangements que j’ai effectué pour l’épisode 8, quand il monte les escaliers, la version rock, tout cela est venu par surprise car on ne devait pas aller aussi loin. Mais quand j’ai vu les épisode 7 et 8, j’ai réalisé à quel point Owen était devenu coriace, du fait qu’il est revenu d’entre les morts. Et j’ai pensé que ça lui irait très bien.

Je suppose qu’en tant qu’arrangeur, c’est sympa d’avoir l’opportunité de prendre un thème tranquille et assez beau et de le transformer en quelque chose de furieux, anguleux et résistant. Je pense que c’est ça qui me fait aimer ce thème : c’est une valeur sûre. C’est un morceaux capable de se laisser transformer en versions très différentes, de plus comme c’est un thème simple, on peut l’insérer dans plusieurs autres mélodies. Et, en fait, dans l’épisode 13, je l’ai mis dans plusieurs morceaux de musiques, de même que le thème de Tosh.

Son écriture est très efficace, je pense, mais je dois dire que c’est dommage qu’il soit parti car il me plaisait beaucoup. Mais je suis sûr qu’on en écrira d’autres, on reviendra avec quelque chose de mieux.

– Ceci dit, dans la Science-Fiction, il n’est pas rare de voir les morts revenir…

Exactement, je suis sure qu’il le fera, je l’espère.

– On t’a vu chanter pour « Voyage of the damned » (dans le Confidential), as-tu aussi fait parti des choeurs pour Torchwood ?

Nous n’avons pas de choeur pour Torchwood. Tu parles surement de l’ouverture ? C’est juste Murray qui murmure dans son studio en faisant Torchwood. Je ne suis pas un bon chanteur.


Singing Ben

-Tu as utilisé des voix pour le thème de Gray (2.05 « Adam ») comment as-tu composé ce thème ?

C’était juste une seule chanteuse, une fille nommée Analise avec qui j’allais lycée, elle est venue au studio et elle a chanté. J’avais déjà travaillé avec elle, pour enregistrer des morceaux que j’avais composés, donc je savais que sa voix serait parfaite pour le thème de Gray.

J’avais eu très tôt l’idée d’un morceau vocal pour Gray. Je pensais que cela marcherait : je me disais que ce genre de composition collerait bien pour rendre l’esprit du « 51ème siècle ». Difficile d’utiliser les synthétiseurs dans un tel cas, je veux dire est-ce que cela sonnera futuriste encore ? Pas vraiment ! Et ça n’avait pas vraiment l’air d’être comme s’ils n’avaient pas l’électricité non plus, alors je tenais à faire quelque chose de très organique et réel.

Je pense que la voix humaine est quelque chose qui ne change pas, donc il fallait ce soit ça. Et oui, c’est une grande partie de l’identité musicale de Gray, cette voix. Mais c’était juste une seule et même personne, nous l’avons enregistré de différentes manières : elle chantait, puis elle fredonnait, ainsi que d’autre sortes de vocalises. Ce sont toutes ces pistes qui ont été mises ensemble.

– Le thème des Weevils est à consonances orientales (Attaque des weevils dans le finale season 2). Il est très beau! Pareil, comment s’est fait ce choix ?

Je voulais que cela sonne surréaliste, comme quelque chose venant d’un autre monde. En fait, c’est quelque chose que j’ai écrit dans la saison 1, la première fois qu’on voit le weewil dans l’épisode 3 ou 4. Et j’avais aussi repris ce thème dans « Combat [1.11] » et à la fin dans les épisodes 12 et 13.

On peux penser que c’est un autre thème que j’ai amené, mais il a juste été joué à la viole, un instrument baroque appelé viola d’amore. Et ce thème a été interprété dans un style de l’Est, le musicien est un gars appelé Peter Lale. Il a joué avec beaucoup de compositeurs dont Hans Zimmer, je crois même qu’il a joué pour le film « Da Vinci Code ». Il joue beaucoup en solo et il est très bon, et ça sonne vraiment comme venant d’un autre monde !

C’était parfait pour les Weevils car personne ne sait d’où ils viennent, ils ont ce quelque chose de barbare, animal et truculent, regarde-les ! J’ai pensé que ça fonctionnerait bien.

– Un des thèmes est celui de la destruction de Cardiff, il est à la fois étrange et « noisy », quel effet cela fait de devoir composer pour illustrer l’anéantissement d’une ville ?

C’est un peu triste de voir Cardiff disparaître à nouveau. C’est marrant, parce qu’ils l’ont déjà fait à la fin de l’épisode 13 [Saison 1], avec Abaddon écrasant tout sur son chemin à travers le parking de l’hôtel St. David.

C’est un peu dommage, vraiment. Mais ils la réparent à chaque fois. C’est triste tout de même que la fin du monde semble toujours arriver à Cardiff, mais c’est comme ça. C’est ce qui se passe quand vous avez une faille temporelle à travers la ville, je suppose.

– Nous espérons te retrouver pour la Saison 3 : y seras-tu et quels sont tes autres projets ?

Oui ! Je veux dire, ce n’est pas confirmé à cent pour cent pour le moment, je ne sais pas quand et ce que ce sera, mais certainement oui.

Je me réjouis beaucoup de reprendre ce travail parce que c’est quelque chose qui prend six ou sept mois de ta vie. Donc quand ça s’arrête, je veux dire, là je suis très occupé avec Doctor Who, mais ça me manque un peu de travailler sur Torchwood. Et les personnages me manquent. C’est marrant. Et d’une certaine manière, leur compagnie et leurs aventures me manquent. Je me réjouis de reprendre tout ça.

– Aimerais-tu venir et participer à la toute première convention française autour de Doctor Who et de son univers ?

Oh oui, où et quand est-ce ?

– A Paris, le 30 Août.

En France ! J’adorerais. N’importe quel lieu en France me conviendra. J’aime particulièrement le Sud de la France. J’y suis souvent. Passe un coup de fil à David [son agent]. J’aimerais le faire ! Je suis certainement sur Londres à cette période.

– Ma partenaire sera ravie de cette nouvelle !

Super ! Cela s’annonce bien.

– C’est fini pour les questions

Bien, merci beaucoup !

– Un grand merci pour ce temps que tu nous as accordé.

Je t’en prie.

– Est-ce férié aujourd’hui en Grande-Bretagne ? [note : cette interview a été faite par téléphone le jeudi 1er Mai 2008]

Non, les jours fériés sont toujours le lundi ici, donc le férié du 1er mai sera ce lundi 5 mai, mais je ne crois pas qu’il sera férié pour moi car j’ai du travail. J’ai un enregistrement à Cardiff mardi, je partirai sans doute dimanche ou lundi. D’ailleurs lundi, j’ai une réunion avec Murray [Gold] pour préparer le concert.

Et ça va être non-stop jusqu’en août. Je pense que le 1er Août sera mon premier jour de congé. Là j’aurai quelques semaines avant que ça reparte à fond.


Un immense merci au nom de Beans On Toast

Retrouvez l’interview en version originale sur The Scifi World

© 2008 – Interview réalisée par Gilles Nuytens pour The Scifi World et Beans On Toast « www.doctor-who.fr »

Préparée par Anne-Claire Noël, Corinne Auffret-Nguyên et Frédéric Robert pour Beans On Toast.
Traduction : Anne-Claire Noël, Corinne Auffret-Nguyên, Nicole Loutan et Sabah Boulebbad. Habillage graphique : Anne Claire Noël.

© Mai 2008 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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08 Déc 2011 - Thierry Attard, Journaliste, Consultant Doctor Who Saison 3 Version Française

Thierry Attard

Lire la biographie de Thierry Attard | Blog de Thierry Attard
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Le doublage : le secteur d’activité

– Le secteur du doublage demeure assez peu connu en France, pourriez-vous nous en faire une petite présentation ainsi que nous expliquer quels sont les différents intervenants au sein de cette activité ?

Le doublage est une nécessité pratique et commerciale qui permet au plus large public d’accéder à des œuvres audio-visuelles qui n’ont pas été tournées dans la langue de ce public grâce au talent ou savoir-faire de professionnels locaux, qu’ils soient artistiques, techniques ou corporatifs.

En résumé, un client (distributeur ou diffuseur), fait appel à un prestataire pour qu’il réalise une version doublée de son produit dans la langue du marché concerné.

Longtemps le doublage francophone a été réalisé dans le seul hexagone, y compris pour la diffusion de séries télé en premium sur le marché nord-américain (Québec), puis les Québécois ont lancé leur propre doublage 35 mm, souvent avec l’assistance de professionnels européens, et se sont, un temps, positionnés sur le doublage de séries. Puis les Belges ont émergé à la faveur de la grève de 1994-1995.

Les lecteurs qui souhaiteront de plus amples développements sur le sujet pourront lire l’ouvrage de François Justamand, auquel j’ai participé il y a près de trois ans.

– Pourriez-vous dresser un petit panorama des différences de fonctionnement du doublage au niveau européen?

Pour ce qui est de l’industrie du doublage à l’échelle du continent européen, je ne puis que vous suggérer de vous reporter à certains articles de la rubrique Francophonie et International du site internet La Gazette du doublage. En particulier, un excellent papier sur le doublage suédois.

En ce qui concerne l’industrie du doublage francophone, ce n’est pas tant au travers de « différences de fonctionnement » que l’on pourrait distinguer le doublage québécois ou belge du doublage français, mais plutôt – à mon humble avis – par la manière dont sont structurées leurs économies respectives et comment elles se positionnent les unes par rapport aux autres. Sachant que pour diverses raisons, c’est la place de Paris qui détermine l’alpha et l’oméga du doublage en francophonie.

– Dans quelle mesure le diffuseur intervient-il sur le contenu du doublage d’un épisode ou d’une saison ? Existe-t-il des cas de censures ?

Il faut prendre en considération deux choses : la première, c’est que, comme dit l’adage : « le client est roi ».

Et la deuxième, c’est qu’en France, l’autorité de régulation de l’audiovisuel fixe des règles très strictes, notamment concernant les marques ou les noms de médicaments.

La deuxième a considérablement compliqué la tâche des professionnels français, adaptateurs comme directeurs artistiques, et il se dit que les chaînes elles-mêmes seraient assez favorables à des assouplissements afin d’éviter des situations à la limite du ridicule.

La première est en train, mais ce n’est que mon opinion, d’ »homogénéiser » le doublage télé en ce sens que la présence des superviseurs des chaînes de télévision dans le processus est de plus en plus importante depuis quelques années.

– Etre comédien de doublage : est-ce un métier à part entière ou un tremplin vers une carrière d’acteur « physique » ? D’ailleurs comment sont choisis les comédiens pour doubler une série ?

Il n’y a pas de « comédiens de doublage » ou de « doubleurs », il n’y a que des comédiens qui mettent leur formation, leur expérience et leur talent au service de comédiens étrangers.

– On constate souvent une certaine récurrence des voix sur les différentes séries télé doublées, d’où cela vient-il ?

Les responsables des sociétés de doublage aiment travailler avec des comédiens dont ils estiment qu’ils sont capables de délivrer une prestation correspondant à ce qu’ils souhaitent.

Par ailleurs, les superviseurs des chaînes de télévision travaillent de facto avec leurs « pools » de comédiens, pour la raison énoncée supra et aussi parce que, comme cela peut arriver naturellement dans tout secteur d’activité, ils considèrent la qualité de leurs relations de travail avec les artistes concernés.

– Une question simple : qu’est-ce qu’un doublage réussi ?

Un doublage réussi c’est une bonne adaptation, un bon casting principal et secondaire avec une voix pour chaque personnage, un bon mixage, un zeste de créativité, le tout apprécié cumulativement.


Le doublage sur: Doctor Who et le Whoniverse

– Quels sont les différents intervenants lors du processus de doublage sur la série ?

Le client (la BBC, m’a-t-on dit), la société de doublage (la filiale belge de Dubbing Brothers et sa maison-mère), les adaptateurs, le directeur artistique, les comédiens et la personne en charge du mixage.

– Vous avez travaillé sur la saison 3 de la série, quelles sont les contraintes rencontrées lors du doublage d’un épisode de Doctor Who ?

Je ne veux pas parler pour eux mais en ce qui concerne le directeur artistique (David Macaluso, par ailleurs comédien lui-même) et les comédiens, délivrer la meilleure prestation en fonction des délais et des textes qu’on leur donne.

Quant à moi, n’ayant pas eu de place « officielle » au sein du dispositif, je n’ai rencontré aucune contrainte. Je fais un certain nombre de remarques et de suggestions sur ce que j’estime être important ou sur le choix d’éventuels comédiens et après, Bruxelles les suit ou ne les suit pas, sachant qu’in fine ce sont les fans de la série qui seront juges de la qualité du doublage et feront part de leur réaction.


Diagoras

– Au sujet de la saison 3 quelle a été la nature de votre apport ?

Je me suis efforcé d’abord de pointer le fait que c’était une saison importante avec le retour du Maître (sous le nom de Harold Saxon), le méchant le plus emblématique de la série classique et que, corollairement, ladite saison était structurée en un « arc ».

Ensuite, je suis intervenu sur une multitude de détails : j’ai notamment suggéré un des plus grands comédiens belges, Philippe Résimont, sur le personnage de Diagoras dans le double épisode avec les Daleks – et David Macaluso a eu l’élégance de me faire ce plaisir.

Nous nous sommes réassurés de la traduction de l’acronyme TARDIS, dont David avait trouvé sur le plateau une excellente version au cours de la saison 1. Ces rappels ont été, je crois, fort utiles, comme dans un cas où il hésitait entre « Exterminer! » et « Extermination » pour les Daleks.

Sinon, je me souviens avoir demandé que Manet restitue vocalement la gravité des retrouvailles entre le Docteur et le Maître. En dépit de mon embarras eu égard au doublage de Life on Mars ( Voir Ici ), j’ai lourdement insisté pour que Franck Dacquin, qui doublait John Simm dans cette série, fasse Le Maître – et puis mon épouse l’apprécie beaucoup.

J’ai décrit The Master par Simm comme une « rock-star anarchiste tendance psychopathe », mais en insistant sur le fait que ce n’est pas Le Joker non plus. Dacquin a été fabuleux, sans préjudice du fait que dans le privé c’est quelqu’un de fort sympathique.

On pourrait continuer longtemps, disons qu’on a évité que les célèbres « Jelly babies » du Docteur soient transformés en « bébés en gelée ».


The Master

– Selon vous, quels sont les points forts et les faiblesses du doublage de Doctor Who ? Comment entre les 3 saisons a évolué le doublage de la série ?

Ce doublage bénéficie du talent des comédiens locaux, généralement des « pointures » de la scène belge tout comme la saison 3 a bénéficié de la bonne volonté du directeur artistique. Sans rentrer dans les détails, l’adaptation est sans doute le principal problème de cette série, tout comme il le fut sur un produit comme Life on Mars.

– Un bon doublage est conditionné par le temps accordé par le client pour doubler un épisode, en combien de temps sont doublés les épisodes de Doctor Who ? Quel coût cela représente-il ?

Un bon doublage devrait être conditionné par le souci constant de respecter les critères qualitatifs énoncés supra.

Un épisode est enregistré en une journée et demie, pour le coût je ne puis vous donner de chiffres mais je ne trahis aucun secret en vous rappelant que la série est doublée en Belgique pour des raisons financières.

– Pour les Daleks, Cybermen et autres monstres, quels artifices techniques sont utilisés ?

Il faudrait interroger David, et surtout Marc Lacroix, responsable du mixage d’un grand nombre de séries doublées chez Dubbing Belgique.

Je sais en tout cas que je n’avais pas été convaincu ni par les Daleks des deux premières saisons, ni par les Cybermen, ni par ce pauvre K9, dont j’ai comparé la voix en français à celle d’un Chipmunk…

Pour la 3, j’ai fait remarquer à David que, manque de chance pour Lacroix et lui (rires), la saison commençait avec les Judoon, un peloton de gendarmes rhinocéros de l’espace avec des voix de synthèse dont le ton est à mi-chemin entre le vigile de supermarché et le physionomiste de boite de nuit. Malgré les efforts du comédien, j’ai été d’ailleurs plutôt déçu par un résultat qui ne correspondait pas à cette description.


Daleks

– Vous avez déclaré avoir coaché les Daleks sur cette saison : comment était-ce tant d’un point pratique, technique que personnel ?

Pour ce qui concerne le « coaching », c’était une boutade, bien sûr. Toujours est-il que j’ai expliqué à David que Terry Nation a créé les Daleks en s’inspirant des nazis et que, donc, le ton en version originale se rapproche assez du « nous avons les moyens de vous faire parler » de sinistre mémoire, mais en un peu plus hystérique.

C’est la première fois en trois ans que j’ai eu l’occasion d’entendre des Daleks aussi terrifiants en français.

– On peut lire dans votre Blog que vous êtes un fan de Doctor Who de la première heure : comment trouvez-vous cette version 2005 comparée aux anciens épisodes ?

Fan de la première heure, n’exagérons rien, je n’étais pas né en 1963. J’ai découvert la série quand Peter Davison interprétait le personnage. La nouvelle version est un prolongement original et audacieux de la précédente.

Il est un lieu commun selon lequel la série de 2005 se distingue par les moyens mis en œuvre, les budgets ne sont évidemment pas les mêmes mais je me souviens que les décors de certains épisodes avec Davison tiennent très bien la comparaison.

– Comment voyez-vous l’avenir de la série avec tous les changements et pause de tournage prévus pour 2009 en UK ? (Récapitulatif Ici).

L’arrivée de Steven Moffat à la tête de la série est une bénédiction mais il ne faut pas perdre de vue qu’elle intervient dans un contexte délicat pour la BBC (Voir ici).

Et ce contexte n’est sans doute pas étranger au fait qu’il aurait été financièrement très compliqué de tourner cette année la saison 4 en parallèle avec une saison « pleine » de Torchwood (la 3, comme vous le savez est réduite à cinq épisodes) et la saison 2 de The Sarah Jane Adventures.

Ofcom, le régulateur des communications au Royaume-Uni, vient de rejeter les demandes de la Beeb en matière de redevance et prône même une diminution substantielle de celle-ci après le basculement au numérique.

En outre, la maison est prête à payer très cher pour garder certaines de ses vedettes, sans parler du fait que des séries qu’elle a lancées cet été n’ont pas eu l’accueil qu’elle escomptait. Enfin il y a beaucoup de spéculations quant à un départ de Jane Tranter – responsable de la fiction à la BBC – pour Los Angeles. Si ce départ se confirmait cela ne serait pas sans conséquences (Plus d’informations Ici).

– Vous avez vu la saison 4 : qu’avez-vous aimé et que souhaiteriez-vous montrer, partager avec les fans francophones ?

Je ne connais que 60% de cette quatrième saison.

Le retour des Sontariens, méchants de la série « classique », comme celui de UNIT ou du grand Bernard Cribbins, sont de formidables cadeaux faits aux téléspectateurs de l’ancienne série ou aux fans du Who-niverse en général.

Peut-être était-il difficile de retrouver les sommets des saison 2 et 3 mais la saison 4 laisse par ailleurs l’étrange impression que certains protagonistes en coulisses avaient envie de passer à autre chose.


Torchwood DVD

– Comment avez-vous accueilli les deux spin-off de la série et comment voyez-vous leur avenir, particulièrement pour Torchwood qui va connaitre aussi un « break » au niveau de sa diffusion. Pensez-vous que SJA peut trouver un public ici et qu’une chaîne puisse la diffuser ?

J’aime bien Torchwood, j’ai d’ailleurs fait un papier à propos de la saison 1.

Les changements dans le casting pour la saison 3 ne me dérangent pas dans la mesure où les séries britanniques sont coutumières de ce genre de prise de risque (cf. Spooks), mais la réduction de la saison 3 à 5 épisodes est révélatrice, comme je l’expliquais plus haut, d’un contexte difficile.

Le pilote de The Sarah Jane Adventures m’a profondément ennuyé mais la série elle-même est très agréable à regarder et parfois plus fidèle à l’esprit du Doctor Who original que la nouvelle version. Pour une diffusion française éventuelle, eh bien tout peut trouver un public ici… à condition d’être acheté et diffusé dans de bonnes conditions.

– A titre personnel travaillerez-vous de nouveau sur la saison 4 ? Et à propos de la saison 4 vous nous avez informés d’une grève des comédiens faisant du doublage en Belgique. Qu’en est-il aujourd’hui ?

A l’heure où je réponds à vos questions, je n’ai pas été sollicité pour la saison 4 et je ne pense pas l’être vu les délais. La communication avec la Belgique a été un peu compliquée cette année et la grève des comédiens oeuvrant dans le doublage n’a pas facilité cette communication, sachant que, comme je l’ai précisé plus haut, David Macaluso est avant tout comédien.

Le travail desdits comédiens a repris et il reste à espérer que le temps perdu n’ait pas de conséquence sur la qualité du doublage de la saison 4.

Pour ma part, j’avais déjà effectué de manière purement informelle un (petit) travail préparatoire concernant, entre autres, des références, des répliques ou des choix de comédiens (notamment sur Sanchez ou Davros) mais David a parfaitement le droit de ne pas en tenir compte et comme on n’a pas souhaité faire appel à mes humbles services, ce que je respecte parfaitement, je n’ai pas désiré pousser plus loin. Mes blogs, un ouvrage en préparation et la venue de ma fille en août dernier suffisent à occuper mon emploi du temps.


Doctor Who saison 4

– Au niveau professionnel en tant que spécialiste, pensez-vous qu’il puisse y avoir des contraintes nouvelles liées à la nature des histoires racontées dans cette nouvelle saison ?

David Macaluso, qu’il en soit remercié, a essayé l’année dernière de faire comprendre aux décideurs que Doctor Who n’est pas une série ordinaire.

Maintenant, du point de vue du fan, il est évident que certains épisodes nécessiteront plus de vigilance que d’autres, mais le doublage est avant tout un processus qui s’inscrit dans une démarche industrielle au sein de laquelle la préoccupation première des intervenants est que le produit soit intelligible en français.

David, les comédiens et le responsable du mixage ont fait un travail remarquable sur la saison 3 et si elle est une réussite en français, c’est à eux qu’on le doit. Je leur souhaite bonne chance pour la suite. J’en profite pour remercier les responsables de ce site et ses visiteurs pour les mots aimables qu’ils ont eus à mon égard et l’accueil enthousiaste qu’ils ont fait à la version française de cette saison sur laquelle j’ai eu le privilège d’être invité.

– Suite aux profondes modifications que va apporter la suppression de la publicité sur les chaînes du service public, n’avez-vous pas peur que cela entraîne une éventuelle chute de la demande de doublage de séries étrangères, notamment Doctor Who ?

J’imagine que les séries européennes doivent être relativement moins chères que les produits phares des Majors US. Pour l’anecdote, le réseau public américain PBS s’alimente depuis plusieurs années en séries britanniques entre deux appels aux dons à ses téléspectateurs.

Et en ce qui concerne Doctor Who, si un jour le secteur public n’en voulait plus ou ne pouvait plus se l’offrir, je suis certain que des chaînes comme NRJ 12 ou W9 (très offensive sur les achats de séries) seraient intéressées.

Quant au doublage, rappelez-vous que beaucoup de séries sont, en fait, d’abord doublées pour le marché francophone nord-américain.

– On peut dire que nous sommes dans un nouvel âge d’or des séries britanniques : quelles autres séries aimeriez-vous nous faire découvrir ?

J’aurais aimé que vous me posiez la question il y a un ou deux ans. Le problème des « âges d’or » de la fiction télé britannique, c’est qu’ils se heurtent toujours aux mêmes réalités économiques, que ce soit à la grande époque des séries ITC ou maintenant.

Néanmoins, cette année il y a eu quand même deux excellentes surprises : Ashes to Ashes, la suite de Life on Mars, et surtout The Fixer. Cette série d’espionnage hyper-réaliste avec un fond social est absolument magnifique et me rappelle Callan, une série avec Edward Woodward inconnue en France (et à laquelle The Equalizer rendait hommage), avec en prime l’audace de Spooks (c’est normal, comme MI-5, c’est une production Kudos, la ITC du 21ème siècle). ITV semble enfin vouloir sortir des sentiers battus par ces policiers qui faisaient ou font le bonheur du dimanche soir de France 3.


L'image du doublage en France

– Le doublage en France souffre (surtout sur la communauté internet avouons-le) d’une mauvaise image, selon-vous quelles en sont les causes ?

On est parfaitement en droit de ne pas vouloir profiter d’un film ou d’une série en version doublée et préférer la version originale relève, selon moi, du bon sens le plus absolu. Le doublage existe, avant tout, parce que la majorité du public ne maîtrise pas les langues dans lesquelles les produits étrangers sont tournés.

Je ne puis vous dire si le doublage souffre d’une « mauvaise image », Paris occupe la première place de l’industrie francophone et continue de tourner à plein régime. En revanche, d’un point de vue cinéphilique ou téléphilique, il en va du doublage comme du reste et il y a un dicton qui dit « Everybody is a critic ». Mais le mauvais doublage, ça existe et les fans de telle ou telle série sont tout à fait légitimes à formuler des exigences qualitatives.

D’ailleurs je ne doute pas qu’ils examineront le doublage de la saison 4 de Doctor Who avec la plus grande attention.

– Avec l’expansion d’Internet et de ses dérives le doublage n’est-il pas voué à voir son image se dégrader ? selon vous comment évoluera ce secteur dans les prochaines années ?

Tant qu’il y aura un marché en francophonie pour les versions doublées, les séries et les films continueront à transiter par les auditoriums.

A contrario il y a aujourd’hui un public jeune familier de la VO grâce au DVD ou à Internet et d’ici une à deux générations il se peut que voir une version française produise le même effet que visionner un film d’Eisenstein.

– Pour conclure et de façon plus générale comment voyez-vous l’avenir français pour les deux séries ? On voit la presse spécialisée et Internet en parler de plus en plus et toujours de façon élogieuse, mais côté grand public la diffusion restreinte (TNT) n’aide pas.

Sans doute France Télévisions a-t-elle considéré lors du lancement de la TNT que Doctor Who ferait un bon produit d’appel pour France 4 ou peut être qu’elle avait la main sur cette série dans le cadre d’un deal avec la BBC, je n’en sais rien. J’ai tendance à considérer qu’une bonne série fera une bonne audience si elle est diffusée dans de bonnes conditions et que cela aura forcément des effets sur sa sortie en DVD.

NRJ 12 semble faire preuve de beaucoup plus de conviction quant à Torchwood. En plus, la série bénéficie, en DVD, du sérieux de l’éditeur Koba, qui a eu l’intelligence de miser sur la « nouvelle vague britannique » et soigne les bonus dans la mesure des possibilités offertes par le marché français.

Les fans des deux séries n’ont d’ailleurs pas manqué de comparer le coffret de la saison 3 de Doctor Who avec celui de la saison 1 de Torchwood et il sera intéressant, dans quelque mois, d’étudier l’impact éventuel du doublage de la saison 4 sur le coffret DVD, si coffret il y a et si, comme pour la saison précédente, il ne comporte que la VF.

Au moins, le sort français de la nouvelle version a-t-il été plus enviable que celui des épisodes de la série classique avec Tom Baker il y a quelques années. De manière générale, hormis de rares exceptions, les séries britanniques sont cantonnées au câble ou à la TNT, pour des raisons économiques et parce que les catégories ciblées par les mesures d’audience sont censées préférer les produits mainstream américains et, éventuellement, la fiction française.


Un immense merci au nom de Beans On Toast

© 2008 – Interview réalisée par Corinne Auffret-Nguyên et Frédéric Robert pour Beans On Toast www.doctor-who.fr, merci à Astrid pour sa collaboration. Habillage graphique : Anne Claire Noël.

© Septembre 2008 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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26 Fév 2014 - Colin Baker à Paris Manga 2014

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INTERVIEW DE COLIN BAKER

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Entretien enregistré dans le cadre du Salon Paris Manga & Sci-Fi Show, le 9 février 2014.


Vous avez joué dans The Five(ish) Doctors Reboot de et avec Peter Davison, Sylvester McCoy et beaucoup d’autres. Que pouvez-vous nous dire sur la genèse de cette comédie ? Avez-vous répondu au premier appel de Peter Davison ?

Peter et moi faisions une série de conventions en Australie et il avait une idée. Nous nous appelions tous en se demandant «est-ce qu’on t’a contacté pour l’épisode du 50e anniversaire ?» «Non et toi ?» «Non et toi ?»… Alors nous avons décidé de faire notre propre épisode. Peter Davison avait déjà réalisé des courts métrages. Il devait se rendre à une convention à Los Angeles, mais n’a pas pu y aller. Il a réalisé un petit film pour s’excuser, c’était très drôle et il a voulu faire pareil ici, pourquoi nous n’étions pas dans l’épisode spécial anniversaire. J’ai dit oui, Sylverster McCoy aussi, Paul McGann a accepté bon gré mal gré. Maintenant nous savons pourquoi, il tournait le Prequel et il était un peu embarrassé car nous n’étions pas au courant. Nous avons demandé à Tom Baker qui a répondu «non je n’ai pas trop envie», bien sûr il savait qu’il serait dans l’épisode.

Nous nous sommes arrangés pour être tous disponibles, nous avons présenté le projet à la BBC et nous avons tourné aux studios au Pays de Galles. Le scénario évoluait constamment, nous enlevions des bouts, d’autres s’ajoutaient en fonction de qui y participait. John Barrowman a accepté d’en faire partie, Peter Jackson en a entendu parler et a voulu apparaître dedans, de même que Russel T. Davis, Olivia Colman… ce projet a grandi tel une belle plante.

Dans cette parodie vous vous ridiculisez tous, avez-vous décidé ce sur quoi vous vouliez plaisanter ou les autres «Docteurs» ont eu leur mot à dire ?

Peter Davison a écrit un scénario et parce qu’il se moquait de lui-même, nous en avons fait autant. Son scénario était très généreux envers chacun dans la façon dont il était écrit. Nous avions chacun des idées : Sylverster McCoy a mis son chapeau sous le drap, ce qui était assez sympa, j’ai eu quelques idées concernant les Daleks… ce fut une entière collaboration.

Et vous avez impliqué des membres de vos familles également.

Oui ! La famille de Peter Davison y est, mes filles aussi. C’est Peter qui a écrit ce passage et nous avons tourné chez moi.

Cette parodie se termine avec vous trois cachés sous des draps dans une scène de l’épisode anniversaire… est-ce que c’était vraiment vous ?

Evidemment ! (rires) tout ce que vous voyez à la télévision est vrai ! (rires).

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Avez-vous aimé cet épisode anniversaire ?

Je l’ai vu la semaine dernière seulement. Je n’ai pas pu le regarder à temps pour de nombreuses raisons et j’attendais de le voir avec mes filles. Je l’ai trouvé excellent, j’ai beaucoup aimé. Je sais que beaucoup de personnes trouvent les histoires de Steven Moffat confuses, mais moi je les aime. J’adore me donner du mal pour comprendre en m’écriant des «quoi ?» tout le temps. Selon moi, la partie avec Tom Baker à la fin était un peu rajoutée à la va-vite et c’était dommage, pas parce que j’étais jaloux (je l’étais quand même) mais parce que c’était un peu pour la forme… Mais qu’est-ce que j’en sais ?

Que pensez-vous de Peter Capaldi en 12e Docteur ? Vous auriez un conseil à lui donner ?

Non il n’a pas besoin de conseil, c’est un acteur brillant. Pour ce rôle, si vous avez besoin de conseils, vous n’y arriverez pas…

Peut-être sur la façon de faire voler le TARDIS ?

Aucun de nous ne sait comment faire, nous sommes tous inutiles ! Je pense que le seul avis que je peux lui donner c’est de n’écouter aucun conseil, d’interpréter le rôle comme il le sent.

Il y a quelques jours, la BBC a dévoilé le costume du 12e Docteur, l’avez-vous vu ?

Oui, des Doc Martens, un pantalon serré… Il y a une part de moi qui voudrait que le Docteur arrête de porter un «costume», pourquoi ne peut-il pas juste porter des «vêtements» ?

Votre costume était le plus coloré ! Est-ce que vous aviez le choix à l’époque ?

Ils m’ont demandé ce que j’aimerais avoir et j’ai décrit exactement ce que Christopher Eccleston a eu. Un long manteau noir, vous pouvez disparaître avec, c’était un bon look. Si je devais rejouer le Docteur je porterais un short et des crocs (ndlr : ce sont les sabots en plastique) car ça a vraiment de la classe !

Est-ce que vous savez que votre Docteur est le plus difficile à cosplayer pour les fans ?

Oui. Certains sont vraiment… bien ! Aux USA, une jeune fille avait créée une robe de bal à partir de mon costume, c’était épatant ! Cela m’a toujours surpris, le Docteur, étant celui qu’il est, voudrait parfois rester discret là où il se rend. Vous ne pouvez pas rester discret en portant mon costume… Même John Nathan-Turner, le producteur à cette époque, qui avait eu l’idée, m’a avoué 20 ans plus tard que cela avait été une erreur. Mais quand les enfants achètent les figurines, celle avec laquelle ils veulent jouer c’est la mienne car elle est la plus colorée. Je touche environ 0.0001 pence pour chaque figurine vendue.

J’ai la vôtre !

Je dois avoir 2 Livres Sterling maintenant !

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Peter Capaldi a également eu un précédent rôle dans Doctor Who, comme ce fut le cas pour vous. Les fans se posent beaucoup de questions sur le fait de reprendre un acteur de rôle secondaire pour le rôle principal.

Peter Capaldi est un excellent acteur et il sera parfait pour ce rôle. Tout ce que je sais c’est que John Nathan-Turner m’a offert le rôle, il a dû penser que j’étais assez bon pour lui.

Les fans de la série sont déjà en train de théoriser sur le choix de ce visage, car le Docteur a sauvé ce personnage précédemment. Quand vous avez pris le rôle du Docteur, est-ce qu’ils se sont aussi posé la question ? Vous aviez eu le rôle d’un méchant…

Je ne sais pas ! Ils n’ont jamais rien dit. J’avais toujours joué des mauvais personnages jusqu’au rôle du Docteur : j’étais un méchant dans Guerre et Paix en 1970, j’en ai interprété sans arrêt dans les années 70. il y avait un programme assez populaire, Brother, j’étais l’ennemi dedans ! Comme JR dans Dallas… Le Sun Newspaper m’a élu «type le plus haï en Grande-Bretagne» en 1975. Et 10 ans plus tard, je suis le plus aimé du public !

Est-ce que vous aimeriez revenir dans Doctor Who, en tant que Docteur ou un autre personnage ?

Vous avez une photo de moi à l’époque et regardez-moi maintenant (rires).

Vous pourriez jouer un autre rôle. De la même façon que Tom Baker en tient un dans l’épisode anniversaire…

Oh oui, oui, ça serait bien. Mais non, Tom Baker a joué le 4e Docteur, s’il avait vraiment eu un rôle différent, sans tous ces clin d’œil ça aurait pu passer… Là je ne sais pas.

Si vous pouviez revenir, vous préféreriez être un bon ou un mauvais personnage ? Qu’est-ce qui vous plairait ?

C’est toujours agréable de jouer les méchants ! Je ne sais pas si vous connaissez Blake 7 en France, j’y ai joué un personnage appelé Bayban le Boucher. J’aimerais revenir avec lui, l’homme le plus craint de la galaxie !

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Quel est votre premier souvenir du tournage de Doctor Who ?

Je me souviens d’être rentré chez moi après mon premier jour au studio, je suis allé voir ma femme et de lui avoir dit «je suis le Docteur !», à quoi elle a répondu en ricanant «c’est bien. Tu peux sortir les poubelles ?». C’est mon meilleur souvenir.

Est-ce que vous avez une histoire/épisode favoris de la série ?

J’aime beaucoup The Two Doctors car j’avais déjà joué avec Patrick Throughton, qui était mon préféré. Il a eu un travail difficile, la toute première régénération, s’il n’avait pas fait un travail remarquable, je n’aurais jamais eu la chance d’être le 6e Docteur. C’était un homme très généreux et un très bon acteur.

Est-ce que vous avez des attentes particulières pour la saison 8 ?

J’attends juste de voir ce qui va se passer ! Ils appellent ça «saison 8» maintenant ? La 8e de la nouvelle série… Je sais qu’elle va être bonne. J’ai discuté avec Steven Moffat quelques jours plus tôt, il m’a dit que Peter Capaldi était incroyable, il peut être plaisant et chaleureux et l’instant d’après… Il vous coupe le souffle ! J’ai eu la chance d’avoir vu ça.

Quel(le) a été votre compagnon préféré(e) ?

La première que j’ai eu, c’est toujours les premiers qu’on adore, Peri !

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Many thanks to Colin Baker for his time and availability !

Tous nos remerciements à l’équipe de Paris Manga et ABYSSIUM.

© Interview réalisée dans le cadre de «Paris Manga & sci-Fi Show 2014» par Anne-Claire Noël pour «Beans on Toast» – www.doctor-who.fr.

© Crédits photos : Anne-Claire Noël | © Illustrations : BBC.

Traduction par Anne-Claire Noël, et relecture par Nicole Loutan, Isabelle Wendling.
Préparation des questions : Nicole Loutan, Anne-Claire Noël, Isabelle Wendling.

© Février 2014 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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14 Juil 2013 - Mark Gatiss au Comic Con Paris 2013

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INTERVIEW DE MARK GATISS

Biographie de Mark Gatiss | Galerie Photos | Réagir à cette interview

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Entretien enregistré dans le cadre du Salon Comic Con Paris 2013, le 6 juillet 2013.


Vous avez écrit pour 3 Docteurs différents (Nine, Ten et Eleven), est-ce que votre manière d’écrire était différente pour chacun ?

Mon écriture est la même mais elle reste différente, le Docteur est essentiellement le même, sa personnalité peut changer mais pas ses convictions profondes, sauf si vous faites une histoire où il devient mauvais pendant la moitié d’un épisode par exemple. Il faut toujours être bien informé sur l’acteur qui le joue, je pense avoir écrit la première moitié de « The Unquiet Dead » sans savoir que le Docteur allait être interprété par Christopher Eccleston et j’ai écrit « Victory of the Dalek » sans savoir que ce serait Matt Smith. J’écris un épisode actuellement pour le nouveau Docteur…

C’est le même principe à chaque fois, comme une sorte de morphing, il suffit d’écrire le Docteur en suivant ce que j’ai en tête, ensuite le personnage sera adapté en fonction de l’acteur qui le joue. Quand Matt Smith a obtenu le rôle, j’ai regardé la série de la BBC « Party Animals » et Steven Moffat m’avait dit : « il joue là-dedans comme je veux que le personnage soit », j’ai juste pioché en grande partie dans son maniérisme et dans sa façon de parler.

Vous avez aussi écrit des romans, comme « The Last of the Garadene » avec le 3e Docteur, est-ce différent d’un scenario ?

Et j’en ai écrit un autre avec Patrick Troughton. Le travail est semblable, évidemment Jon Pertwee est mon Docteur donc j’étais bien versé dedans. Je tentais aussi d’avoir la voix du personnage dans ma tête lorsque que j’écrivais. La solution est de regarder en direct un épisode et de vous plonger dans la saveur de celui-ci.

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Quel est le plus difficile : écrire pour un personnage qui existe déjà (comme le 3e Docteur) ou pour un personnage qui n’a pas encore d’incarnation physique (comme le 12e Docteur) ?

C’est un défi différent parce qu’en fait, quand vous écrivez pour un ancien Docteur, vous pouvez le faire rentrer dans un moule qui existe déjà mais qu’on ne voit plus à l’écran, c’est un style. Pour « The Last of the Garadene », j’ai essayé de faire en sorte que ce soit l’ultime aventure de Jon Pertwee donc il y a certaines choses qui doivent correspondre à ce qui existe déjà. Alors qu’avec un nouveau Docteur, il faut partir de rien et tout construire. Le personnage ne prend forme qu’une fois l’acteur choisi.

Comment voyez-vous le prochain Docteur ?

Je ne peux rien dire, désolé…

Si vous deviez choisir quelqu’un ?

Je ne peux pas répondre à cette question non plus, quoi que je dise ça sera critiqué. Si je dis que j’aimerais bien X dans le rôle, c’est considéré comme une préférence… X est le Docteur, cela dit j’aime beaucoup la lettre X !

Vous êtes scénariste, écrivain, acteur et producteur, que préférez-vous dans chacun de ces emplois ?

L’argent et la nourriture (rire)… J’ai toujours voulu écrire et jouer, donc je suis très chanceux d’être capable de faire les deux. Lorsque tout s’équilibre bien c’est idéal, je peux écrire pendant 3 mois, et ensuite avoir un rôle quelque part, en particulier au théâtre. C’est très libérateur parce que l’écriture est une activité solitaire et jouer au théâtre vous permet de rencontrer du monde, j’aime beaucoup cela. Parfois, cet équilibre flanche et je suis coincé derrière un bureau pour un an et demi par exemple, mais généralement ça fonctionne très bien.

Concernant la production, j’aime être en charge de tout, c’est très excitant. « Sherlock » est particulier, pour Steven Moffat et moi c’est comme un « enfant illégitime », nous avons toujours aimé Sherlock Holmes et il vient juste d’être traduit de manière phénoménale ; l’affection que les gens ont pour cette série, ça nous a pris tous les deux pris par surprise. La raison pour laquelle le public l’aime c’est parce que nous l’aimons avant tout. Il n’y a rien de cynique à ce sujet, nous n’avons pas simplement mis à jour un roman, nous adorons Conan Doyle, ses histoires et ses personnages sont si géniaux que nous souhaitions les présenter d’un autre point de vue, s’il y avait quelque chose cynique, je pense que les gens pourraient le sentir…

Et en tant qu’acteur ?

Ce que je préfère ? Oh me déguiser ! N’importe quoi avec des fausses dents ou des prothèses.

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C’est pour ça que tous vos personnages dans « Doctor Who » sont toujours masqués ?

C’est juste une coïncidence, pour tous ceux qui aiment jouer je pense que c’est le plus marrant, se déguiser et changer de tête… La plupart de mes personnages dans « The League of Gentlemen » sont assez grotesques, c’est ça qui est drôle à faire. J’adore aussi jouer Mycroft, c’est agréable d’interpréter quelqu’un que tout le monde pense être le Responsable, c’est comme être Premier Ministre sans avoir à être vrai. J’ai joué Charles 1er l’année dernière dans une pièce, j’ai toujours voulu jouer ce rôle et j’ai beaucoup apprécié me prendre pour un Roi.

Jouerez-vous dans la saison 8 de « Doctor Who » ?

Ce n’est pas au programme j’en ai peur…

Est-ce qu’écrire pour « Doctor Who » était un rêve d’enfance ?

Oui tout à fait, je n’ai jamais pensé que cela arriverait un jour parce qu’au moment où j’étais proche de faire carrière, la série a arrêté d’être diffusée. Je n’imaginais vraiment pas qu’elle allait revenir. Cela me rendait triste parce que je voulais qu’elle revienne à l’antenne non pas parce que c’était dans son intérêt, mais parce que c’était vraiment une excellente série.

Il y a 20 ans, je me souviens, il y a eu un documentaire pour le 30e anniversaire de « Doctor Who » et des Daleks se sont déplacés à proximité du Parlement sur le pont de Westminster. J’étais dans l’un des Dalek et c’est très difficile à conduire comme les gens peuvent vous le dire… Nous poursuivions des enfants sur le pont, c’était fantastique ! Certains criaient de plaisir. Je regardais à travers la grille et j’ai vu un petit garçon attraper la manche de sa mère et demander « qu’est-ce que c’est ? », là je me suis dit « oh non c’est la fin »… Aujourd’hui, je suis là donc oui c’était un rêve absolu.

Quels étaient vos plus grands défis pour « An Adventure in Space and Time » ?

Le principal est qu’il y avait tellement d’histoires à raconter, si vous connaissez bien « Doctor Who » vous les connaissez sûrement. Je voulais me concentrer principalement sur quatre personnages et les rendre accessibles au public qui ne les connaît pas forcément. Le plus important est que ce n’est pas un documentaire, c’est un drama sur la création d’une série et plus précisément sur William Hartnell. Je savais qu’il y avait beaucoup de choses qu’il allait être très difficile à laisser de côté et ce fut le cas, mais il fallait choisir sinon le film aurait duré 24 heures et aurait été un documentaire… C’était ça le principal défi.

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Vous avez écrit pour « Doctor Who », « Sherlock » et « The League of Gentlemen », était-ce la même façon d’écrire ?

C’est le même processus d’écriture pour tous. « The League of Gentlemen » est une comédie, il s’agit essentiellement d’une succession de sketchs avec une même structure. C’était différent pour l’écriture de « Sherlock » qui est aussi assez drôle, il est très important pour nous que nous les voyons rire, Steven Moffat et moi avons tous deux débuté dans la comédie. Il y a aussi beaucoup de gags dans « Doctor Who », c’est une sorte de ton je suppose. Il faut savoir quel genre de série vous écrivez : quand vous voulez que les gens rient, quand ils doivent être effrayés, émus… La recette est différente, mais globalement le travail est le même.

Il y avait peut-être plus d’improvisation dans « The League of Gentlemen » ?

Non, nous n’avons jamais fait comme ça, tout était toujours écrit.

Pendant le débat sur les 50 ans de la série, nous avons évoqué les fans français qui souhaitaient découvrir la série classique, par quel épisode conseillez-vous de commencer ?

Pourquoi ne pas commencer par le début ? Il y a beaucoup d’étapes dans l’histoire de « Doctor Who » avec des épisodes que vous pouvez regarder sans avoir besoin d’en savoir beaucoup sur ce qui s’est passé avant. Mais le tout premier épisode est tellement incroyable, il vous montre tout ce que vous devez savoir sans vraiment en révéler trop, tout est mystérieux, c’est très excitant à regarder et encore à ce jour c’est passionnant. Nous avons tous notre Docteur préféré, mais il n’y a pas de meilleur endroit pour commencer que le début de la série.

Quand j’étais petit, avec mon frère et ma sœur (plus âgés que moi), mon père avait l’habitude de nous dire « ah oui, je me souviens quand les Cybermen étaient dans les égouts » cela m’intriguait car je ne les avais pas vu. Il y avait aussi tous les livres avec les précédents Docteurs. L’idée que des enfants d’aujourd’hui (ou n’importe qui) tombent sous le charme de la nouvelle série et soudain, tombent sur Jon Pertwee, Patrick Troughton ou Tom Baker, est incroyable et très agréable.

Quel est votre épisode classique préféré ?

« The Green Death ». Jon Pertwee est mon Docteur et c’est mon épisode préféré. Il y a des millions de bons épisodes mais celui-là tient une place très spéciale dans mon cœur, j’aime Jo Grant, et quand elle quitte le Docteur dans la dernière scène, ça me fait pleurer à chaque fois…

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Many thanks to Mark Gatiss for his time and availability !

Tous nos remerciements à Alain CARRAZE, Romain NIGITA de 8 ART CITY et Sabrina GAUDOU de GOMA COMMUNICATION, et toute l’équipe du Comic Con Paris saison 5.

© Interview réalisée dans le cadre du « Comic Con Paris saison 5 » par Anne-Claire Noël et Maud Robillard pour « Beans on Toast » – www.doctor-who.fr.

© Crédits photos : Anne-Claire Noël, Maud Robillard.

Traduction par Anne-Claire Noël, et relecture par Maud Robillard, Isabelle Wendling.
Préparation des questions : Aurélie Demonchaux, Anne-Claire Noël, Maud Robillard.

© Juillet 2013 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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30 Nov 2014 - Peter Davison à Paris Manga 2014

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INTERVIEW DE PETER DAVISON

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Entretien enregistré dans le cadre du Salon Paris Manga & Sci-Fi Show, le 16 novembre 2014.


Avez-vous vu la saison 8 ? Qu’en avez-vous pensé jusqu’à maintenant ?

J’ai vu tous les épisodes sauf le dernier, j’ai beaucoup aimé. J’ai interviewé Peter Capaldi pour autre chose avant qu’il soit annoncé en tant que 12e Docteur, il disait que son Docteur n’était pas sûr que les humains vaillent la peine d’être sauvé, un changement de caractère qui diffère des précédents Docteurs qui m’a plu. Je pense que le mauvais caractère de son Docteur est semblable à celui de William Hartnell, tout en étant plus mystérieux. Peter Capaldi réussit brillamment.

Quelles ont été vos premières impressions quand Peter Capaldi a été annoncé ?

C’était le bon choix. Il y avait pas mal de rumeurs sur l’acteur qui allait interpréter le rôle, je me souviens qu’à chaque fois qu’un nom ressortait, je me disais « ah non, non, non… » et quand j’ai entendu son nom j’ai tout de suite su que ça allait marcher !

Vous avez joué avec plusieurs Docteurs. Aimeriez-vous faire un épisode avec Peter Capaldi ?

S’ils me le demandent, oui pourquoi pas, mais je doute qu’on me le propose. Ça pourrait être très sympa.

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L’année dernière vous avez réalisé « The Five(ish) Doctors Reboot ». Comment avez-vous eu l’idée de faire cette comédie ?

Au début je me suis dit que ce serait drôle de me filmer en train d’essayer d’avoir un rôle dans l’épisode du 50e anniversaire, je ne pensais pas que j’y arriverais. Et puis pourquoi ne pas embarquer d’autres anciens Docteurs avec moi ? Alors j’ai demandé à Colin Baker, Sylvester McCoy et Paul McGann et ils ont tous été d’accord pour participer. Tout a pris de l’ampleur très vite. Une fois que tout le monde faisait partie du projet, j’ai écrit plus de script, mis plus d’humour et les gens ont fait des suggestions. Le projet a fait un bond en avant quand la BBC a voulu me donner un cameraman et un ingénieur du son, soudain je suis devenu un réalisateur ! Je n’avais rien réalisé avant, c’était très excitant et j’imagine que les montées d’adrénaline stimule votre imagination : j’ai écrit encore plus de scènes et tout le monde a été d’accord pour les tourner. A l’exception de Tom Baker qui a refusé de participer, je lui avais écrit une scène charmante mais il ne voulait pas la jouer.

A la place il a eu un rôle dans l’épisode…

Oui, mais il aurait quand même pu jouer ma scène car l’intérêt de celle-ci était qu’il déclinait mon invitation. Je l’aurais appelé et il aurait répondu « je ne peux pas participer », ça aurait très bien pu marcher…

Est-ce que la BBC vous a soutenu dès le départ ?

Oui beaucoup, mais après ils ont voulu couper des scènes et j’ai dit « NOOOOOON » (rires). Je savais que je faisais cette parodie pour les fans des anciens Docteurs, je ne la faisais pas pour tout le monde. Le film a beaucoup plus à tous, mais je voulais plus toucher un public déçu ne pas voir plus d’anciens Docteurs dans l’épisode anniversaire. Je ne pensais pas qu’ils me demanderaient de couper des séquences, alors je leur ai dit que mon film serait diffusé comme je le voulait ou il ne le serait pas.

Est-ce qu’ils vous ont donné des limites sur ce que vous pouviez filmer ou pas ?

Ils avaient certaines demandes : je ne pouvais pas filmer les monstres qui étaient dans l’épisode anniversaire car au début, mon film devait sortir plus tôt. Mais à part ça, ils ont été assez conciliants. En fait ils voulaient juste raccourcir le film, mais on a réussi à s’arranger.

Dans votre film, Colin Baker, Sylverter McCoy et vous rentrez illicitement sur le tournage de l’épisode anniversaire, étiez-vous vraiment sous les draps ?

Evidemment que nous y étions ! Les gens se posent toujours la question !

Il semblerait que vous travaillez sur une suite ? Que pouvez-vous nous en dire ?

Ce n’est pas vrai en réalité, si j’arrive à avoir une bonne idée j’adorerais faire une suite, mais il faudrait que cette idée soit vraiment excellente. Je ne voudrais pas réaliser une suite juste pour en faire une et que les spectateurs ne la trouve pas aussi drôle… Actuellement, je n’ai aucun projet de ce côté-là. En fait, tout est parti d’une interview de Paul McGann, et si vous l’écoutez avec attention, il dit que si une suite était en préparation il serait heureux d’y participer, mais vous pouvez me croire, il n’y en a pas de prévue.

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Quand vous avez eu le rôle du Docteur, vous étiez le plus jeune acteur à le jouer, qu’elle avait été la réaction du public à cette époque ?

Je pense que ça allait… Enfin, ça a été un choc en soit, ça l’est toujours quand on change d’acteur. Tom Baker a interprété le Docteur pendant 7 ans, c’est une longue période quand on sait que les jeunes fans de 13-14 ans n’avaient connu que lui. On n’avait pas accès aux vieux épisodes avec William Hartnell, Patrick Throughton ou John Pertwee, mais dans l’ensemble, j’ai été bien accueilli. Mon fils a été très surpris quand Matt Smith est parti et que Peter Capaldi est arrivé, il a tout de suite pensé « encore un vieux Docteur, noooon », mais après avoir regardé les épisodes avec Peter Capaldi, il a été captivé… Ces transitions ne prennent pas beaucoup de temps, on oublie vite.

Votre Docteur est plus humain et sensible que les précédents.

Oui, plus vulnérable aussi je dirais.

Comment présenteriez-vous votre Docteur pour convaincre les spectateurs à regarder les classics ?

Je dirais qu’il est légèrement faillible. C’était un bon Docteur quand j’ai repris le rôle, mais je pense qu’il était devenu un peu trop arrogant. Il n’y avait rien qu’il ne pouvait pas résoudre, il n’avait pas de dilemme. J’avais envie de le rendre plus fautif, de lui faire prendre de mauvaises décisions, de lui faire faire des erreurs. Et bizarrement ce trait de personnalité a été gardé dans la nouvelle série, je pense que les Docteurs de David Tennant et Matt Smith étaient beaucoup plus vulnérable que les précédents. C’est ça qui définit le Docteur, il meure, il revient et saute et se rend là où personne ne va, et potentiellement crée un chantier pas possible.

Sur les 6 compagnons que vous avez eus, la plupart n’ont pas eu de fin joyeuse. Selon vous, qui a eu le plus d’impact sur le Docteur ?

C’est assez difficile à dire. J’ai toujours adoré Tegan, et Nyssa aussi. Je pense que Nyssa était un personnage sous-estimé, j’aurais aimé qu’elle soit plus travaillée. Ce n’était pas évident car, étant un Docteur plus jeune, les producteurs avaient peur que les spectateurs des parties de galipettes dans le TARDIS entre elle et le Docteur. Donc, je n’étais pas autorisé à prendre les compagnes dans mes bras, ça a beaucoup limité le développement de ces personnages.

Votre Docteur donne une régénération pour sauver Peri dans « The Cave of Androzani », cet épisode a été élu meilleur épisode de Doctor Who il y a quelque années. Est-ce aussi votre préféré ?

Oui oui je l’aime beaucoup !

Avez-vous d’autres épisodes favoris ?

Avant ça, j’aimais bien « Earthshock » avec les Cybermen. En fait il y a beaucoup d’épisodes que j’adore, d’autres qui m’ont un peu déçu… j’ai adoré « Ressurection of the Daleks » aussi.

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Pouvez-vous nous raconter votre scène de régénération, lorsque vous devenez Colin Baker ?

Je pense que je m’en suis plutôt bien sorti… Dans cette scène, je devais porter Peri jusqu’au TARDIS, je l’amène à l’intérieur, lui donne l’antidote puis je commence ma régénération. C’était très intense et j’y ai mis tout mon cœur, mais quand j’ai vu la scène après coup, tout ce que je voyais c’était Peri se penchant au-dessus de moi avec un décolleté plongeant, ça a distrait les spectateurs de mon merveilleux jeux d’acteur (rires). Le jour où on passe le flambeau est assez difficile, on peut prendre la décision de partir des mois avant et se dire que c’était une bonne idée, mais quand un autre acteur arrive et s’étend sur le sol avec votre costume… Tout d’un coup, vous n’êtes plus le Docteur, ce n’est pas facile à accepter.

Avez-vous donné des conseils à Colin Baker ?

Oh non pas du tout, il n’en avait pas besoin, il était très confiant. Je me rappelle avoir écouté une interview de Colin où il expliquait ce qu’il comptait apporter au personnage, et j’ai tout de suite pensé « attend de commencer à tourner » car c’est une série très difficile à faire et à ce moment-là nous n’avions pas beaucoup de temps pour tourner. Donc vous pouviez avoir de bonnes idées mais elles peuvent être coupées ou annulées… ou réduites avec des compromis.

J’ai lu quelque part que vous détestez le céleri ?

OUI (catégorique)

Dans un épisode vous deviez même en manger ?

Dans « Castrovala » je crois, je mange du céleri, vous me voyez en croquer un bout mais tout de suite après le « coupé ! » (Peter mime brillamment le recrachage de céleri), je n’ai pas du tout aimé.

Votre fille Georgia Moffet a elle aussi joué dans Doctor Who. Est-ce qu’elle vous a demandé des conseils, quand elle a eu le rôle ?

Elle avait auditionné pour un rôle dans un épisode plus tôt dans la saison, elle l’a obtenu mais ils lui ont aussi dit « si vous pouvez attendre deux ou trois mois, nous aurons un meilleur rôle à vous proposer », elle m’a appelé en me demandant ce qu’elle devait faire et je lui ai répondu que si ce rôle était plus intéressant selon eux, elle devait attendre. Quand ils l’ont recontacté, c’était pour l’épisode « The Doctor’s Daughter / La fille du Docteur », je ne sais pas si c’était un meilleur rôle, mais en tout cas c’était un titre pour elle car elle est la fille d’un Docteur.

Est-ce que c’était difficile pour elle de l’appeler « papa » ?

(Rires) Je dirais non car à ce moment-là ils n’étaient pas ensemble. Je pense qu’elle a adoré tourné cet épisode et évidemment elle a aimé travailler avec David Tennant, ce qui a évolué vers autre chose…

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Travaillez-vous sur d’autres projets actuellement ?

Prochainement, je vais présenter les concerts « Doctor Who Symphonic Spectacular » en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ça va m’occuper jusqu’au mois de mai 2015, mais après je ne sais pas…

Je serais au concert de Londres d’ailleurs…

Excellent, j’espère que tout se passera bien. C’est très excitant, j’adore la musique de la série et c’est une bonne idée de faire ces concerts pour que le jeune public écoute un orchestre jouer.

Vous avez aussi joué sur scène au théâtre et dans une comédie musicale, remonterez-vous sur les planches ? Je vous ai vu, il y a deux ans dans « Legally Blonde ».

Oui ! J’ai beaucoup aimé faire cette pièce et j’adorerais en faire une autre. Je ne suis pas très bon chanteur mais je peux tenir pour une chanson ou quelques scènes…

Mais vous chantez très bien !

Oh merci beaucoup ! ça m’a beaucoup plu de faire cette comédie musicale, donc oui je voudrais bien en joué une autre. J’ai aussi joué dans une pièce de théâtre dernièrement et je recommencerais probablement.

Merci beaucoup d’avoir répondu à nos questions.

Merci à vous aussi.

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Many thanks to Peter Davison for his time and availability !
Tous nos remerciements à l’équipe de Paris Manga et ABYSSIUM.

© Interview réalisée dans le cadre de «Paris Manga & sci-Fi Show 2014» par Anne-Claire Noël pour «Beans on Toast» – www.doctor-who.fr.

© Crédits photos : Anne-Claire Noël | © Illustrations : BBC.

© Novembre 2014 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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05 Déc 2012 - Interview de Jenny Colgan

Jenny Colgan (J. T. Colgan) est une auteur britannique qui réside actuellement dans le Sud de la France. Elle écrit principalement des comédies romantiques, toutes des bestsellers. A 11 ans elle a gagné un concours pour rencontré le Doctor et Peter Davison l’a pris pour un petit garçon !

Dans le courant de l’été elle a sorti Dark Horizons, une aventure avec le Onzième Docteur qui s’inscrit entre les saisons 6 et 7. Vous pouvez lire le résumé du livre et un premier avis de Beans on Toast en suivant ce lien.

Interview réalisée par Email le 2 décembre 2012.

@Informations biographiques recueillies sur son site officiel et la 4e de couverture de Dark Horizons.


Êtes-vous une grande fan de Doctor Who ? Depuis combien de temps regardez-vous la série ?

Je la regarde depuis que je suis enfant, donc je ne me rappelle pas ne pas la voir à la télévision. Tom Baker est le premier Docteur dont je me souviens.

Qui est ou sont vos Docteurs préférés ?

Je pense que Matt Smith est excellent, et j’ai aussi beaucoup aimé Tom Baker, Peter Davison et Christopher Eccleston, mais étant moi-même Ecossaise, je dois dire que David Tennant est mon préféré.

Quels sont vos épisodes favoris ?

« La Bibliothèque des Ombres », parfois je pense qu’on a un peu trop de River Song, mais elle est vraiment magnifique dans cet épisode, vous pouvez le regarder encore et encore et apprendre de nouvelles choses à chaque fois, il est intelligent, effrayant et déchirant à la fois. L’instant où River murmure le nom du Docteur à son oreille est complétement saisissant et palpitant. J’aime beaucoup aussi « La Famille du Sang », cet épisode est extraordinaire.

Comment en êtes-vous arrivée à écrire un livre Doctor Who ? Est-ce BBC Books qui vous en fait la demande ou leur avez-vous dis que vous aimeriez en écrire un ?

En Angleterre, j’écris des comédies romantiques destinées aux femmes qui réussissent, et je suis allée demander à la BBC si je pouvais écrire une aventure de Doctor Who. Ils étaient un peu réticents au début, ils pensaient que je serais trop romantique, mais j’ai réussi à les convaincre du contraire !

Est-ce que vous écrivez en pensant au public de la série, ou ciblez-vous aussi les lecteurs qui ne regardent pas Doctor Who ?

J’écris seulement pour moi, je suis une fan. Mais ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas apprécier « Dark Horizons » comme une aventure à part entière – j’espère que vous pourrez – j’écris sur le Docteur comme je le fais pour n’importe lequel de mes livres, comme quelque chose que je voudrais vraiment lire personnellement.

Est-ce que le fait que la série ait une reconnaissance mondiale a un impact sur votre écriture ?

Non, pas du tout. Même si c’est bizarre qu’en Amérique, le Docteur soit vu comme « pittoresquement britannique », alors que pour nous il est juste « britannique » il n’a rien de pittoresque du tout. Enfin, évidemment il n’est pas vraiment britannique !

Est-ce que la BBC vous a donnez des conseils sur ce que vous pouviez faire ou ne faire avec le Docteur ? Avez-vous demandé des indices sur le Docteur pour qu’il colle le plus possible à la série ?

Ils sont très normatifs, on ne peut pas le faire se marier par exemple, mais j’ai beaucoup aimé travailler avec ces limites, c’est un challenge énorme pour un auteur. Je n’ai pas eu besoin d’indices, connaissant très bien les coutumes du TARDIS, mais il y a cet homme très intelligent nommé Justin à la BBC, qui a une mémoire incroyable et qui peut vous dire de quelle couleur le tournevis sonique doit briller et tout un tas d’autres détails… il est vraiment très utile !

L’histoire se déroule dans le passé, à une époque sans technologie ni science, était-ce plus facile à imaginer qu’une histoire se passant dans le future ?

Non je ne pense pas, un monde futuriste peut ressembler à ce que vous voulez, alors que quand vous écrivez sur le passé vous devez au moins faire en sorte que ce soit réaliste ! Je voulais juste un large paysage vide sur lequel travailler.

Vous avez choisi d’écrire une aventure sans Amy et Rory, donnant le rôle des « compagnons » à un Viking et une Princesse. Etait-ce parce que les Ponds représentaient deux personnages supplémentaires dans une histoire qui en comprenait déjà beaucoup ? D’autres raisons ?

Non, on m’a demandé de faire comme cela par rapport à la position du livre dans la chronologie de la série*. Au début je voulais avoir Amy dedans, mais cela a du changé.

Nous n’avons pas eu beaucoup d’histoire avec des Viking dans Doctor Who (je pense qu’il y a eu l’épisode « The Time Medler » avec le Premier Docteur et quelques nouvelles ou comics…). Aviez-vous décidé dès le début que vous les vouliez dans votre roman ?

Non on ne les pas vu énormément. Au départ je voulais que le Docteur escalade l’Everest, mais comme je ne pouvais pas le faire pour plusieurs raisons, on m’a demandé si j’avais d’autres idées. Je suis tombée amoureuse du jeu d’échec de Lewis* – c’est un objet historique très célèbre au Royaume-Uni que j’ai vu au National Museum d’Edinbourg, et comme il demeure un mystère, j’ai pensé que ce serait sympa de bâtir autour de ça. Ensuite, quand j’ai réalisé que les Viking pouvaient être très drôles et que j’aimais beaucoup les mythes des Dieux Nordiques en littérature, tout s’est assemblé parfaitement. J’aime beaucoup l’idée de prendre le Docteur pour Loki, ça m’a semblé évident.

(* NDLR : Les pièces du jeu d’échecs trouvées sur l’île de Lewis sont un mystère puisqu’on ne sait pas beaucoup choses sur elles, elle seraient de facture scandinave et remonteraient au 12-13e siècle. un petit article du Bristish Museum – en anglais)

Dans votre roman le TARDIS a peur de l’eau, comment en avez-vous eu l’idée ?

En fait, elle n’a pas vraiment peur de l’eau, mais je la rends vraiment très difficile à manœuvrer dessus. C’est une blague en réalité, déjà vous n’avez jamais vu le TARDIS dans l’eau dans la série, car tourner cela est exorbitant, donc ils ne le font jamais, alors c’était plus une plaisanterie. Ensuite, j’adorais l’idée que les Vikings – qui étaient les meilleurs navigateurs que le monde ait connu depuis des milliers d’années – trouvent que leurs vaisseaux soient, de loin, meilleurs que celui du Docteur. Les drakkars sont magnifiques. De plus, ça devient fatiguant que tout le monde soit tout le temps impressionné par le TARDIS. Je voulais que quelqu’un entre dans le TARDIS et dise « c’est votre vaisseau ? Il ne peut pas naviguer, c’est naze ! » et que le Docteur se montre sensible et défende son TARDIS adorée.

Freydis voit le Docteur comme Loki, le Dieu de la Ruse, elle l’appelle « changeur de forme » et « arnaqueur », deux adjectifs qui qualifient bien le Docteur… est-ce que cette comparaison était une évidence quand vous avez commencé votre roman ?

J’y ai pensé oui, mais c’est devenu de plus en plus clair au fur et à mesure de mon écriture. Avoir plus qu’un seul visage est absolument crucial dans la légende de Loki, il est drôle comme le Docteur, et vous pouvez facilement confondre « Doc » et « Lok » phonétiquement, en anglais au moins. Enfin, la façon dont Loki meure – empoisonné par un serpent avalant sa propre queue – était un parallèle trop fort pour ne pas passer à côté. Puis le film « The Avengers » est sorti, avec un Loki 100 % méchant et a tout ruiné, je ne le vois pas du tout comme ça !

L’ennemi alien de votre histoire est plus une entité qu’une créature physique. Pourquoi avez-vous fait ce choix ? Vous êtes-vous inspirée des précédents aliens de la série ou d’autres références de science-fiction ?

L’alien est réellement un espèce, un ensemble d’extraterrestres qui peut se créer lui-même. Mais je peux vous dire un secret : je suis toujours beaucoup moins concernée par les aliens dans Doctor Who que par les gens en conflit et la façon dont ils se comportent.

Sans en dire trop pour ceux qui n’ont pas lu le livre, je pense que faire de l’alien la cause d’un « phénomène météorologique » est une belle idée très « doctor-who-esque ». C’est quelque chose que nous avons vu plusieurs fois dans la série : des évènements historiques, scientifiques ou naturels qui résultent des actions du Docteur. Y aviez-vous pensé dès le départ où l’idée vous est venue en écrivant ?

Oh merci beaucoup ! Non, je savais très tôt ce que je voulais faire de l’alien, donc il me fallait juste savoir comment l’amener.

Vous avez écrit beaucoup de comédies romantiques, est-ce que le processus d’écriture est différent pour la science-fiction ?

Honnêtement, je dis ça à tout le monde mais personne ne me croit, ce n’est pas vraiment bien différent. Mon seul objectif, et peu importe ce sur quoi je travaille, c’est d’écrire un livre dont vous ne pouvez pas vous empêcher de tourner les pages. Le but final est toujours le même.

Quoique c’était sympa d’écrire sur un personnage qui a une incarnation physique, même maintenant quand je vois Matt Smith ça me surprend toujours car j’ai l’impression de l’avoir inventé. Ça me touche beaucoup quand on me dit que je suis bien arrivée à capter l’essence du personnage.

Est-ce que vous lisez des romans de SF ? Quel est le top 3 de vos auteurs préférés ?

Oui j’en lis. En ce moment je suis dans une grande phase apocalyptique. J’adore « World War Z » de Max Brooks, et « The Passage and the Twelve » by Justin Cronin. Liz Jensen est aussi absolument renversante. Je lisais beaucoup d’Asimov et de Nicholas Fisk quand j’étais jeune.

Le fait que vous soyez à l’aise dans la romance est clairement visible avec les personnages d’Henrik et Freydis, a-t-on une chance d’avoir une nouvelle autour d’eux ?

Ah non, je ne pense pas, j’ai aimé les envoyer dans une nouvelle vie pleine de mystère. En réalité, l’année prochaine je vais essayer de me lancer sur un livre Doctor Who avec le Docteur joué par David Tennant, et je pense, Martha comme compagnon. Je vais définitivement faire quelque chose de plus romantique ici, en explorant plus d’émotions. Le Docteur de Matt Smith est largué dans la romance d’une manière charmante, alors que David Tennant semble s’y brûlé quasiment tout le temps.

Vous êtes aussi une mangeuse de cupcake, qu’est-ce qui ferait un bon cupcake Doctor Who selon vous ?

Plein de gens en cuisine pas mal vous savez ! Regardez :

http://www.flickr.com/photos/starbakery/5415925619/

Allez-vous écrire un autre livre Doctor Who ?

On est en train d’en parler actuellement ! J’ai énormément hâte de retravailler avec le Docteur. Ou comme David Tennant dirait « OH YEEEES ! Allons-y ! »


© 2012 – Interview réalisée et traduite par Anne-Claire NOEL pour Beans On Toast www.doctor-who.fr

Préparation et relecture par Nicole LOUTAN et Anne-Claire NOEL.
Crédit photos à Jenny Colgan et Habillage graphique par Anne-Claire NOEL.

© décembre 2012 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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07 Déc 2011 - S. Moffat, Scénariste et Showrunner Doctor Who – COMIC CON’ Paris 2011

Steven Moffat au Comic Con 2011

Biographie de Steven Moffat | 1ère interview (traduction)
Galerie photos | Réagir à cette interview

Cette année, l’invité d’honneur du Comic Con’ France n’était autre que Steven Moffat, scénariste et showrunner de Doctor Who depuis 2010. A cette occasion nous avons pu l’interviewer lors d’une « table ronde » à laquelle participait aussi Geek le Magazine.

Cliquer sur l’image pour la voir en taille réelle.
Steven Moffat, Comic Con 2011


– Reste-t-il des personnages fictifs célèbres à propos desquels vous aimeriez écrire ?

Non pas vraiment, je pense avoir fait le plus important pour moi avec Doctor Who et Sherlock Holmes. Ce sont les meilleurs, il n’y en a pas d’autres qui m’intéressent autant. Peu importe ce que je ferai après, si j’ai le temps de faire quelque chose après, ça ne concernera pas les créations d’autres auteurs. Je créerais mes propres personnages…

– Vous avez déjà écrit Jekyll.

Oui, ça m’en fait 4 d’affilée ! Ça ne rentre pas dans mes projets, avant je n’avais rien fait de comparable, je pense que le jour où je laisserai ma place [ndlr : de showrunner de Doctor Who ?] je ne continuerai pas dans cette voie. Je suis plus intéressé à écrire mes personnages plutôt que de ressusciter ceux des autres.

Sherlock BBC

– A propos du Captain Jack Harkness, qui de vous et Russel T. Davis en est le « père » ?

Russell m’a demandé de l’introduire dans l’épisode – The Empty Child, j’étais le premier à écrire ses dialogues donc je suppose que je suis responsable de son impertinence, du fait qu’il soit un Time Agent et qu’il soit humain, ce qui n’était pas prévu au départ. J’en ai fait un mélange très diversifié, il a beaucoup voyagé depuis – The Empty Child / – Drôles de Morts (ep.1.09), il est immortel et une véritable star de la TV américaine. Il est plus de Russel que de moi.

– Êtes-vous satisfait de ce que Jack est devenu ?

Oui, il est très bien.

– Les personnages comme lui ne sont pas très courant à la TV, il est vraiment unique !

J’espère qu’il y en a d’autres (rires). Je l’ai introduit mais je ne suis pas un expert à son sujet. Il faudra voir avec Russell mais c’est un excellent personnage et une super série. Beaucoup de choses l’attendent encore, c’est prévu.

Geek le Magazine : Est-ce que vous vous considérez comme un intermédiaire entre différentes générations en faisant revivre les livres que vous avez lus enfant ?

Pas vraiment, je voulais juste écrire sur ces personnages, rien de plus, je voulais essayer. Doctor Who, Sherlock Holmes et Tintin ont généré énormément d’œuvres visuelles qui vont au-delà de l’original, donc c’est légitime de vouloir s’y essayer. Mais non je ne veux pas imposer mes icônes d’enfant à la jeune génération.

Geek le Magazine : Avez-vous le sentiment d’inclure des éléments de votre vie personnelle dans ces séries/films, comme vous l’avez fait précédemment ?

Ce sont deux types d’écriture différents, c’est difficile de faire une comparaison. Pour celles-ci je n’avais rien de personnel sur lequel m’appuyer, j’utilisais ma vie sentimentale avant « God help me… ». Quand j’écris sur Doctor Who ou Sherlock, je me rappelle que je les adorais étant enfant. Tout ce que vous écrivez vous semble personnel, mais ça peut devenir ridicule si ça concerne un gars de l’espace…

River Song

– Quand vous avez écrit le personnage de River Song, saviez-vous qui elle serait dès le début ?

Non, je savais qu’il y avait une possibilité. Elle est arrivée pour une raison pratique : le Doctor était coincé dans la Bibliothèque, il y rencontre une archéologue qui le connaît et lui fait confiance. Ce n’était pas facile à écrire, il entre dans cette Bibliothèque où des milliers de personnes se sont faites tuer et vous voulez juste l’arrêter. Ça ne m’intéressait pas qu’il passe la moitié d’un épisode en prison, comme c’était le cas dans l’ancienne série, donc je me suis dit que le papier psychique pourrait lui servir de couverture, que l’archéologue pouvait être une vieille connaissance du Doctor mais c’était un peu facile comme coïncidence…

Par contre on peut déguiser la situation et faire en sorte que ce soit une amie qu’il n’a pas encore rencontrée et là, ça devient intéressant. Puis cette femme peut être très glamour et là, ça devient vraiment TRÈS intéressant. A ce stade je ne savais pas vraiment si ce serait juste un flirt où une relation plus romantique, mais bon avec un homme et une femme c’est difficile de ne pas être tenté. David [Tennant] et Alex [Kingston] les ont interprétés et tout est devenu plus sexy, « oh mais qui est-elle ? ». Jusqu’à ce que j’arrive à la fin de cette histoire, je me disais « bon ils n’ont pas l’air d’être du genre à se tenir la main, qu’est-ce que je vais faire avec ça ? ».

La première option était de tout ignorer complètement jusqu’à la fin des temps et imaginer qu’elle vadrouillerait quelque part avec le 28ème Doctor et qu’ils s’amuseraient bien, ou on pouvait raconter toute son histoire du début à la fin. J’aimais tellement Alex Kingston que je voulais la faire revenir et c’était bien. Je ne savais pas si ça marcherait, surtout en choisissant un Doctor plus jeune, mais c’était tellement drôle de voir River draguer le Doctor de Matt Smith. C’était un peu comme voir May West s’attaquer à Stan Laurel, il reste là « – Oh my Godness…« , enfin on a notre grosse révélation et il y en a plus à venir…

Attention Spoiler: cette question révèle un élément majeur de l’intrigue, porté à notre connaissance dans l’épisode 6.07. Montrer ▼

Rory Williams

– Est-ce que vous vous amusez bien à tuer Rory dans chaque épisode ?

Pas particulièrement (rires), mais ce n’est pas vrai : je ressors cette « private joke » souvent mais en réalité je ne l’ai tué qu’une seule fois.

– Il est quand même souvent proche de la mort.

Comme la plupart des personnages dans Doctor Who (rires)! Mais ça en vaut la peine d’une manière assez drôle.

Tout est à cause de cet épisode de la saison 5 ! C’était un acte désespéré pour que la scène fonctionne alors que ce n’était pas le cas ! Je l’ai tué en rêve dans Amy’s Choice (ep. 5.07) puis en vrai dans Cold Blood (ep.5.09) avec les Silurians. Ça rend les autres morts de Rory plus légères et on n’a pas à s’en inquiéter, d’ailleurs il ne meurt pas dans ces scènes là. On a créé une punchline et vous en connaîtrez bientôt les raisons.

– Est-ce votre amitié avec Neil Gaiman qui vous a poussé à lui demander d’écrire un épisode de Doctor Who ?

En fait, je ne l’avais rencontré qu’une fois avant de travailler avec lui, on s’est bien entendu, mais ce n’était pas la raison principale. Il était d’accord pour participer à la série et je lui ai donné une opportunité.

– Écrira-t-il un autre épisode ?

J’en suis sûr. En ce moment nous sommes en train de mettre en place la nouvelle saison, on va avoir une réunion mardi [5 juillet], donc nous n’avons pas encore beaucoup avancé.

– Qu’est-ce que vous attendez du public français ?

Je ne le connais pas du tout, je ne sais même pas s’il est nombreux ou pas… Comment est diffusé Doctor Who ici, est-ce doublé ou sous-titré ?

– C’est doublé.

J’ai hâte de rencontrer les fans français. Je suis tellement concentré sur mon travail que parfois je ne me rends même pas compte de l’importance du public britannique, qui est énorme ! On travaille dans notre bulle et on y pense même plus. D’un coup le public surgit à votre fête, regarde tout ce que vous faites et vous êtes là « c’est privé ici, sortez ! » comme s’il avait franchi votre dernière barrière de sécurité.

Doctor Who Moffat

– Qu’est-ce qui est le « plus cool » pour vous dans Doctor Who ? Tant au niveau du travail fourni que des répercussions sur les fans.

La réaction des enfants devant Doctor Who est magnifique, c’est l’aspect le plus excitant de mon travail, je suis cool -j’ai 50 ans et je ne suis pas cool soyons honnête- mais je suis cool pour les enfants et j’aime ça. Ils me reconnaissent car ils regardent les Doctor Who Confidentials [ndlr : making off diffusés après chaque épisode].

J’adore visiter les écoles et à celles de mes enfants, ils sont tous là « c’est celui qui fait Doctor Who ». Concernant la série plus particulièrement, j’ai aimé créer un onzième Doctor avec Matt Smith, travailler avec lui à quelque chose d’exceptionnel, j’ai été très chanceux d’avoir eu David Tennant et lui, ce sont les acteurs les plus adorables qui existent, ils sont brillants et amazing!

Thank you so much Mister Moffat !


La venue au Comic Con France de Steven Moffat étant un événement majeur et une première en France et dans la francophonie, nous avons voulu permettre à tout ceux et toutes celles qui ne pouvaient pas venir (et aux autres aussi) de participer quand même via un hommage à la série. Nous avons donc fabriqué un carnet que nous avons rempli de fanarts sur Doctor Who (montages photos, dessin, lettres etc.) que nous avons appelé le « Journal of the Impossible Beans » en référence aux Beans* On Toast que sont tous les membres du forum mais aussi en référence au « journal des choses impossibles » du Doctor en saison 2 et au journal « spoilers » de River Song.

Ce book a été remis en main propre à Steven Moffat le dimanche 3 juillet, juste avant la conférence publique, par trois des quatre administrateurs de Beans On Toast Anne-Claire, Corinne et Frédéric, accompagnés de Cédric (15 ans plus jeune BOTien présent). Moffat ne s’y attendait pas du tout et a été visiblement touché par ce cadeau, il l’a un peu feuilleté devant nous et nous a remercié. Nous avons juste eu le temps de prendre une photo de groupe avant d’aller rejoindre la salle de conférence.

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Moffat Book

Tout le book a été photographié et vous pouvez le voir dans la Galerie Photo de Beans On Toast ici.

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The Book

© 2011 – Interview réalisée et traduite par Anne-Claire Noël pour Beans On Toast www.doctor-who.fr

Préparation et relecture par Corinne Auffret-Nguyên, Aude Boubaker, Aurélie Demonchaux, Frédéric Robert, Nicole Loutan, Anne-Claire Noël, Maud Robillard et Isabelle Wendling.

Crédit Photos et habillage graphique : Anne-Claire Noël.

Avec l’aimable autorisation de Geek le Magazine pour les extraits de leur interview.

Tous nos remerciements aux organisateurs du Comic Con’ France saison 3

et à Alain Carrazé de 8 Art City.

Merci aussi à Guillaume Regourd de Geek le Magazine.

© Juillet 2011 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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26 Mai 2012 - Gatane, le son francophone de Doctor Who

Gatane

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Le 19 mai 2012, pour la reprise de la diffusion de la saison 6 de Doctor Who, France 4 et 8 Art City ont décidé de ne diffuser non pas les épisodes seuls, mais de proposer une nuit entière consacrée à la série avec des reportages, des interviews et la diffusion d’épisodes classics. Ne pouvant librement utiliser les musiques de Murray Gold et de ses prédécesseurs pour sonoriser les reportages, il a été demandé au compositeur Gatane d’imaginer divers morceaux s’inspirant de la bande originale de la série. Il nous explique son cheminement.

– Comment es-tu devenu musicien ?

Je suis d’une famille où l’on écoutait beaucoup de musique et des styles assez différents. Ma mère adore le classique, les musiques du monde et la chanson française.

J’ai commencé le piano à l’âge de 6 ans et je chantais aussi toute la journée pour le plus grand plaisir des voisins! J’ai continué à apprendre le classique pendant dix ans mais le déclencheur a été la découverte du Jazz et du Blues à l’âge de 16 ans. J’ai commencé à improviser, à être libre par rapport à une partition et à composer des petits trucs. J’ai appris à m’accompagner au piano et j’ai commencé à chanter dans des clubs de Jazz de Marseille. J’ai réalisé que je voulais devenir chanteur et musicien professionnel. J’ai alors été admis en piano et harmonie au conservatoire de jazz Claude Debussy à Paris et au CIM une école de musiques actuelles.

J’ai pas mal joué sur Paris pendant quelques années et j’ai pu enfin mener mon projet chanson, mes concerts, mes albums et aussi composer des musiques de film et de pièces de théâtre.

– Quelles sont tes influences ? As-tu des compositeurs fétiches ?

Il y en a beaucoup ! En ce moment par exemple j’écoute une playlist avec Queen, Boby Lapointe, Thomas Fersen, Feist, Gonzalès, Caro Emrald, Gainsbourg, Gossip et Arthur H….

Pour les compositeurs, en piano ce serait Petrucciani en Jazz, Gershwin et Chopin en classique.

Sinon j’ai beaucoup écouté Les Planètes, de Holst qui est une œuvre qui a inspiré énormément de compositeurs de musique SF et notamment John Williams.

Nuit DW

– Comment en es-tu arrivé à devenir le compositeur de la Nuit Doctor Who ?

J’ai travaillé avec 8 Art Média sur une émission qui mêle science-fiction et vulgarisation scientifique « Sorties Savantes » diffusée sur Universcience.tv, qui est la web télé officielle de La Cité des Sciences de la Villette et du Palais de la Découverte. Il fallait composer un mélange de bruitages et de musiques modernes qui se fonde avec l’univers préexistant de nombreuses œuvres: jeux vidéos, cinéma, séries…ça s’est bien passé et j’ai réalisé la musique de deux saisons complètes. Romain Nigita qui est un grand spécialiste de Doctor Who m’a alors contacté pour me proposer de réaliser la musique de La Nuit Doctor Who.

– Connaissais-tu Doctor Who ? si oui étais-tu un fan. Si non, en es-tu devenu un ?

Je connaissais la série dans sa version moderne. J’aimais beaucoup mais je n’avais pas eu le temps de tout visionner. En m’occupant de la Nuit Doctor Who je suis vraiment rentré dedans et j’ai adoré! J’ai été voir l’exposition à Londres et j’ai visionné beaucoup d’épisodes et de bonus. Un vrai coup de cœur.

– Qu’est-ce qui te plaît dans cette série ?

Je dirais que c’est la richesse de l’univers. Souvent on a l’impression qu’on fait vite le tour d’une série mais là c’est quasiment impossible!
C’est plein de détails qui font la différence et qui rendent l’univers passionnant.

Gatane/Gold

– Que penses-tu de Murray Gold, le compositeur des musiques de Doctor Who ? Quel(s) est/sont ton/tes morceau(x) préféré(s) et pourquoi (style, instruments utilisés ? …) ?

Murray Gold est un compositeur extraordinaire qui a su faire une synthèse géniale de l’univers ancien de Doctor Who et des musiques de science-fiction modernes.

On a à la fois l’âme de la démarche de Ron Grainer et Delia Derbyshire mais aussi les musiques épiques rappelant celles de Holst et bien sûr de John Williams.

Il y a beaucoup de goût, de précision et de richesse dans sa musique. Les thèmes sont un peu comme des vrais personnages qui se déclinent comme dans la série, évoluent, se régénèrent et ont plusieurs facettes. J’aime beaucoup les thèmes sur Amy. C’est vraiment impressionnant quand on les écoute les uns après les autres car Murray Gold associe des instruments et des tessitures à l’évolution personnelle d’Amy. Les chœurs par exemple s’affirment progressivement et utilisent davantage les voix graves tandis qu’Amy grandit. Le thème « Amy in the Tardis » est super aussi parce que les chœurs arrivent plus tard un peu comme si Amy et le Tardis faisaient connaissance et qu’au début l’univers musical lui était étranger. Tout ça est vraiment pensé et rien n’est laissé au hasard!

– « S’attaquer » à Murray Gold est quand même sacrement culotté. As-tu eu « peur » de la réaction des fans ?

Au début oui et j’ai donné mon maximum pour être le plus respectueux possible de l’univers de Murray Gold, de la série et du générique original.

Mais je voulais aussi apporter mon regard sur la série et je savais que les fans de toute façon comprendraient qu’il n’y avait aucun intérêt à copier la musique de la série. Ceci aurait été forcément beaucoup moins réussi et sans âme. Et en tant que compositeur j’ai donc préféré créer un univers personnel et qui serve au mieux La Nuit Doctor Who. Mais je me suis fixé des règles pour que mes musiques restent fidèles, mêmes les plus lointaines. Il y a toujours au minimum deux à trois éléments mélodiques ou rythmiques qui rappellent des thèmes de la série.

– Murray Gold a également participé aux cotés de Ben Foster à la création des musiques du Spin-off Torchwood. Connais tu la série ? Qu’en penses-tu ?

Je connais assez mal Torchwood en fait mais j’aime quand même beaucoup le personnage du Capitaine Jack. Il est vraiment drôle.

– Peux-tu nous expliquer les différentes étapes de la composition d’un morceau en prenant par exemple un des morceaux de la Nuit Doctor Who (choix du thème, des instruments, du rythme, évolutions dans le temps ? )

Prenons par exemple le générique de la Nuit Doctor Who.

Le morceau s’appelle « Who is the lord of Time ». En hommage au travail minutieux du BBC Radiophonic Workshop j’ai décidé de n’utiliser qu’un seul clavier, une seule banque de sons et de sampler des bruits de mon studio (des cordes de piano comme dans le générique original ) puis de bâtir les choses par petites modifications et sans utiliser tous les moyens modernes pour grossir le son.

J’ai composé le morceau en trois parties: une partie moderne avec des cordes et beaucoup de pêche, une partie plus sourde, plus vintage rappelant les années 60 et une partie avec un riff de guitare électrique et une réverbération typique des années 80. Le but étant de montrer que ce générique avait traversé les époques. Et pour encore davantage rappeler l’esprit de la série j’ai gardé un motif de basse qui se répète et intégré des bruitages spatiaux aigus dont ceux qui avaient servi pour créer le son de la mélodie dans les années 60 (les cordes du piano! ).

Enfin j’ai terminé le générique par une montée avec des chœurs et des cordes comme dans la version moderne du générique de Murray Gold. Le grand dilemme a été de décider si j’allais créer ou pas une mélodie à l’aigu. Mais j’ai pensé que ce serait une trop grande intrusion dans l’univers de la série, que la mélodie originale est clairement inégalable et sacrée, et qu’en plus en n’en mettant pas je permettrais aux gens d’entendre et d’imaginer la vraie mélodie sur ce thème.

J’espère que le générique a plu aux fans et que certains ont perçu les clins d’œil sur l’ensemble des musiques !

Composer

– Y’a t-il eu des différences dans ta manière de composer en comparaison à d’autres demandes (ex: Sorties Savantes/tes propres compositions …) ?

Oui carrément! Jamais je n’avais eu à écrire avec autant de fidélité à l’univers d’autres compositeurs. Pour Sorties Savantes rien n’existait et pour mes chansons évidemment j’ai toute liberté.

C’était un exercice de style passionnant et en plus on se rend compte que quand on travaille sur la musique de grands compositeurs comme ici, on a un grand nombre d’idées de déclinaisons et d’hommages car la musique originale est géniale.

– Est-ce que ton travail sur la Nuit Doctor Who t’a donné envie de composer pour des séries TV ? si oui, pour quelles séries existantes aimerais-tu composer ?

Oui je ne te cache pas que si j’avais la chance de composer un jour pour Doctor Who ce serait juste de la folie furieuse !

Mais en étant plus réaliste j’aurais adoré bosser sur How I Met Your Mother et en France j’aimerais beaucoup bosser aussi sur des séries drôles et y intégrer mes chansons.

J’ai aussi sonorisé des cartoons dans un cinéma et c’était super donc composer pour des dessins animés ou des mangas serait vraiment une expérience enrichissante.

Y’a t-il un morceau de la Nuit Doctor Who dont tu es le plus « fier » ?

Je suis assez fier de la marche « Who’s Bad » que j’ai composé pour le reportage sur les ennemis.
C’était le plus gros challenge parce que c’est de la musique orchestrale sauf que… je n’avais pas d’orchestre ! Il a fallu faire un mélange de musique électronique et classique, d’orchestration de cordes et d’une batterie rock à l’image de l’album symphonique S&M de Metallica.

J’ai mélangé des sons et j’ai doublé les cordes avec un clavier vintage des sixties qui les a rendues un peu plus troubles et personnelles mais qui a surtout permis que la composition trouve sa place aux côtés des extraits de la série sans trop souffrir de la comparaison terrible avec les moyens utilisés par Murray Gold et avec l’orchestre national du Pays de Galles !

C’était vraiment un boulot de précision et comme j’ai aussi mixé la musique il fallait que le mix tienne la route aussi.

Mais j’ai pris beaucoup de plaisir aussi avec les autres compositions, notamment le ragtime des Quizz: « Who’s funny », très décalé mais dans lequel j’ai pu intercaler des petites références à la mélodie du générique original.

Enfin un petit mot sur le morceau jazz-sexy « Who’s My Doctor » qui sonorisait le reportages sur les assistantes a été très sympa aussi à écrire et j’en profite pour remercier la chanteuse Galite qui a réalisé les chœurs.

Gatane

– Des actualités? Où peut-on entendre tes albums?

Mes albums sont signés sous le label Lez’Artis et distribués sur tous les sites légaux: iTunes, Deezer, Fnac, etc…

On peut notamment y écouter les deux premiers EP: « Les Sex Toys et Moi » et « Live au New Morning ».
Plusieurs chansons sont offertes sur mon site et je prépare en ce moment un nouvel album avec mes musiciens.

Toutes mes actualités et les dates de concert sont sur FB,Twitter et sur mon site.

– Pourra-t-on entendre la musique de la Nuit Dr Who? Se la procurer?

Les musiques sont éditées chez France Télévisions. Une partie des musiques sera bientôt à l’écoute gratuitement sur mon site et ma chaîne Youtube.

Il n’est pas prévu de CD pour l’instant mais si la demande des fans est vraiment forte peut-être que la B.O de la nuit DW sortira et sera distribuée. N’hésitez pas à me faire savoir par FB ou Twitter qui serait intéressé.

Du tac au tac…

Docteur préféré ? Matt Smith je trouve qu’il parait vraiment venir d’un autre monde!
Compagnon préféré ? Rose
Méchant préféré ? Le Silence
Episode préféré ? Il y en a tant…l’épisode sur les derniers jours de Pompéi est vraiment bien je trouve !
Guest-star préférée ? Le Capitaine Jack ça apporte vraiment un truc!
Le moment qui t’as le plus ému ? La scène de la plage avec Rose… à égalité avec la fin de David Tennant peut-être…
Celui qui t’a fait rire ? J’adore le premier épisode avec Matt Smith.


Un très grand merci à Gatane pour cette interview.

© 2012 – Interview réalisée par Maud Robillard pour Beans On Toast www.doctor-who.fr
Préparée par Corinne Auffret-Nguyên, Maud Robillard et Isabelle Wendling.
Photos : Paul Teisson, Emilie Tan, Elizabeth Strich
Habillage graphique par Maud Robillard.

© Mai 2012 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.


Toute discussion sur le sujet se fait ici: Discussion ici: http://doctorwho.xooit.fr/t2857-Interview-Exclusive-Gatane.htm

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