15 Sep 2018 - S8_021
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14 Nov 2018 - dwexp4-2c93902
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09 Déc 2011 - DOCTOR WHO – Mini Épisode Time Crash, 4 x 000 « CHILDREN IN NEED »

Time Crash, 4 x 000 Mini épisode Children in Need
Photos | Discussions & Avis

Le Docteur 10 vient à peine de dire au revoir à Martha et au Captain Harkness quand le passé vient lui rendre visite: Il rencontre sa cinquième régénération (Peter Davison)…

« What ? what ? WHAT! »

Durée : 07 mn 41

Scénariste : Steven Moffat

Réalisateur : Graeme Harper

Mini épisode diffusé dans le cadre du Children In Need (CIN), émission caritative récoltant des fonds pour les enfants.

Écrit par Sunjin

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09 Déc 2011 - DOCTOR WHO – Mini Épisode 2x 000 « CHILDREN IN NEED »

Children in Need 2005
Photos | Discussions & Avis

« Children in Need » est un mini-épisode de 6 minutes faisant directement suite au final de la Saison 1 et développant la réaction de Rose face au « nouveau » Docteur.

Il n’a pas été diffusé en France et a été écrit par Russel T. Davies

Écrit par Sunjin


Petit épisode… entre la saison 1 et la saison 2… Et qui nous permet de voir la réaction de Rose face au nouveau visage du Docteur…

Et oui, c’est vrai, elle aurait pu être plus aimable avec ce pauvre Docteur n°10…

Mais il faut la comprendre aussi… Elle ne sait plus ce qu’il s’est passé sur le Satellite 5… et elle vient juste de voir l’amour de sa vie exploser… pour faire place à un total étranger…

Il y a de quoi piquer une crise de nerf…

Mais quand il la prend gentiment par la main et lui rappelle leur première rencontre … Awww…

Ils sont trop mignons…

Je ne parlerais même pas du merveilleux David Tennant…

Oui, bon, d’accord, on s’était habitué à Christopher Eccleston… au sarcasme, au sens de l’humour un peu particulier, tout comme au caractère d’ours mal léché (parfois) du Docteur n°9…

Mais ca ne sert à rien de regarder en arrière…

Oui, il était fantastique… mais David Tennant est merveilleux…

La nostalgie ne servirait à rien, sinon à se morfondre… Il faut aller de l’avant… et admettre qu’avec David et son énergie débordante on ne risque pas de s’embêter!!!


Citations

Le Docteur: [Les premières lignes du dixième docteur] Salut!

[pause]

Le Docteur: Nouvelles dents… C’est bizarre… Bon, où en étais-je? Oh, oui, c’est juste! Barcelone!

* * *

[Le Docteur découvre son nouveau corps après sa régénération.]

Le Docteur: Des cheveux! Je ne suis pas chauve! Ooh…

Beaucoup de cheveux. Des favoris – J’ai des favoris!

Et une mauvaise peau. Un peu plus mince; c’est étrange. Donne moi du temps, je m’y habituerais.

Je… J’ai un grin de beauté. Je peux le sentir. Entre mes omoplates, il y a un grain de beauté.

C’est génial. J’adore ça. Allez, vas-y maintenant. Dis moi… Qu’est-ce que tu en penses?

* * *

Rose Tyler: [après la régénération du docteur] Tu ne peux pas redevenir comme avant?

* * *

[Après la régénération du docteur, Rose, toujours en état de choc (il faut la comprendre la pauvre…) a du mal à croire que l’homme devant ses yeux est vraiment le docteur]

Le Docteur: Alors comment pourrais-je me rappeler ceci?

Le premier mot que je t’ai dit, piégés dans cette cave, assiégés par des mannequins de magasins…

oh, c’était il y a si longtemps… [il prend la main de Rose]

Je t’ai prise par la main et j’ai prononcé juste un mot: Cours!

Rose: Docteur..?

Le Docteur: Hello!

Ecrit par Sunny

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12 Nov 2011 - Site

LE SITE

Beans on Toast http://www.doctor-who.fr dans cette version a été réalisé avec Textmate, GraphicConverter, et Transmit FTP sur base du script WordPress et du thème TwentyTen. Il est basé sur le site crée par Isis et retouché par Sunjin, Hawkins ainsi que Midori.

Le site est hébergé chez 1&1 (Xooit.fr pour le forum).

Résolution recommandée de visualisation : 1024*768. Navigateurs suggérés: Firefox, Chrome, Safari, Opéra.

Ce site ne comporte aucune publicité ni proposition commerciale. C’est un choix délibéré que de proposer cet espace de partage en le plaçant sous le signe de la passion.

Nous souhaitons également promouvoir les logiciels et scripts libres ou GPL et nous les utilisons au maximum : The Gimp, Filezilla, WordPress et Coppermine ont donc contribué à la réalisation de ce site.

Le forum a été désigné par F@ith, illustré par Catherine Nodet et Anne-Claire Noël.

Ce site est la « version Upgraded » du site initialement créée par Sunny : http://membres.lycos.fr/doctorwho/enter.html. Lorsque, faute de temps, elle a cherché quelqu’un pour prendre la relève, il nous a paru inconcevable que tout son travail, unique en langue française soit perdu et nous nous sommes donc lancés dans cette aventure et avons voulu au passage offrir un véritable espace au site : le voici.

Cette aventure est une première pour nous, aux vues de nos compétences techniques très réduites… La Starbuck Team, et plus particulièrement F@ith et Trinity sont venues nous secourir. Elles nous éclairés, conseillés, formés et… supportés.

Nos remerciements ne seront jamais assez grands pour tout cela.

Il a ouvert le 11 Mars 2008 et il est administré depuis 2012 par :

Nicole Loutan aka Midori : « étudiante, maman, et beaucoup d’autre choses aussi, en Helvétie peu profonde. Un ami m’a passé le « reboot » de Doctor Who alors que j’avais le moral au plus bas suite à plusieurs décès, en me disant que ça me changerait les idées, et que vu mes exigences (séries et livres de préférence British, dans les genres SF, Policier ou Fantasy), ça devrait me plaire. Il avait vu juste, je suis restée scotchée. Une année après, mon mari m’offrait un bouquet TV avec la BBC pour que je puisse regarder Doctor Who en direct… et 5 ans plus tard, le virus ne m’a toujours pas quittée ! »

Midori fait un travail fantastique notamment sur les actualités de la série et tout ce qui concerne les aspects techniques et informatiques du site et du forum.

et

Anne-Claire Noël aka Nanou : « je me suis perdue dans le Tardis depuis que Sunjin m’ai poussée dedans, je n’en plus jamais ressorti. Fan de SF, de culture britannique et de licorne, Doctor Who s’est insinué dans ma vie de tous les côtés. »

Nanou a réalisé les visuels récents de BOT : le logo, le header du forum et la plupart des icônes, les bandeaux des épisodes… Nanou assume aussi une très grande partie des communications extérieures du site (concours, salons, interviews, partenaires).


REMERCIEMENTS ET CREDITS

Corinne Auffret-Nguyên aka Sunjin et Frédéric Robert aka Hawkins : ils ont été les deux administrateurs de 2008 à 2012, leur passion de la série a emmené BOT faire le site de référence qu’il est aujourd’hui.

Sunny : Le Bad Wolf de Beans On Toast, sans elle rien de tout cela : infiniment merci !

F@ith : Magique et généreuse qui a désigné le forum en éclairant, avec patience et gentillesse, ce Tardis de couleurs chaleureuses dont nous sommes si fiers.

Catherine Nodet : qui a réalisé un des magnifiques illustrations du forum et de l’ancienne galerie photo et qui a ainsi donné vie en tout premier lieu à cette idée un peu folle d’un nouveau Beans On Toast en créant cette ambiance magique et immersive de « notre » Tardis.
Que tout son talent et sa générosité soit ici remerciés !

Isis : pour la réalisation du site, ses conseils avisés, sa patience et sa gentillesse. Pas de site sans elle… Et ça a été du travail. Que ce travail trouve ici sa reconnaissance et toute notre joie et notre fierté en le contemplant!

L’association AOA Prod : nous sommes co-organisateurs depuis 2010 sur le Doctor Who Day de Lyon, qui attire chaque année entre 300 et 500 personnes.

Toute l’équipe de la BBC : des scnénaristes, acteurs, actrices, aux technicien-nes pour la passion et l’enthousiasme qu’ils mettent dans ces séries et qui permet de leur donner toute leurs qualités : qualités saluées, reconnues et récompensées dans le monde entier. Ne changez rien !

France 4 pour diffuser Doctor Who, et dont nous saluons l’initiative initiale de donner une diffusion en vostfr à la série.

NRJ 12 pour avoir diffusé Torchwood et avoir permis au plus grand nombre de pouvoir découvrir la série via cette première en France : la diffusion en streaming, gratuite sur internet du premier épisode.

KOBA Films Vidéo pour son travail de grande qualité dans l’éditions des DVD de Torchwood.

Merci aux membres du Forum de Beans On Toast qui partagent et enrichissent au quotidien nos connaissances sur cet univers Fantastic, dans une ambiance vraiment chaleureuse : c’est un réel plaisir.

Un merci particulier à Midori qui s’est lancé dans l’entreprise colossale autant qu’unique et exceptionnelle que de nous proposer un guide en français des anciens épisodes de Doctor Who et des dossiers sur le whoniverse !
Que ce titanesque travail trouve ici reconnaissance et gratitude !

Thomas et toute l’équipe de Sancho does Asia dont le site a été notre inspiration créatrice première !

LA STARBUCK TEAM Starbuck team et par ricochet la série Prison Break qui a donné jour à une incroyable aventure humaine et qui a permis que ce site voit le jour en mutualisant, dans une véritable élaboration collective basée sur le respect, la passion et l’amitié, les compétences de chacun et chacune et a ainsi donner vie au site et au forum.
Là encore, les merci ne suffisent pas…

Et l’esprit du Docteur qui nous accompagne à chaque instant : FANTASTIC !


Beans On Toast Version 1 : entièrement créée et développé par Sunny :
http://membres.lycos.fr/doctorwho/enter.html

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08 Déc 2011 - Paul Kasey, Comédien

Paul Kasey

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– Peux-tu te présenter aux fans francophones ?

Bonjour [en français], mon nom est Paul Kasey et j’ai joué différentes créatures/monstres et personnages dans des films et séries TV comme Blade 2, 28 jours plus tars, 28 semaines plus tard, Neverland, 1408, Dr Who, Torchwood et The Sarah Jane adventures.

– Comment as-tu décroché le rôle de Auton dans le premier épisode de la série (Rose) ?

Et bien, tout au début, mon agent m’a appelé et m’a dit qu’il y allait avoir une audition pour une nouvelle série TV et qu’ils cherchaient des gens qui avaient de l’expérience en mouvements, prothèses, costumes de créatures et connaissances des masques, ce que j’avais ! Et il m’a demandé si j’étais intéressé pour passer l’audition. Comment aurais-je pu dire non ! Ca avait l’air tellement excitant !

Donc quand l’audition est arrivée, on nous a fait passer par groupes de trois, et on nous a dit comment bouger et quelle scène on devait faire.

C’est Ailsa Berk, la chorégraphe des mouvements qui faisait ça. Bref, pour faire court, car ça a duré un moment : on m’a rappelé quelques semaines plus tard. Je crois qu’il y avait environ 18 d’entre nous à ce rappel.

Ce fut à nouveau un atelier avec Ailsa qui a duré environ 4 heures, même si j’ai eu l’impression que ça a duré tout juste 10 minutes, et ce devant les producteurs et directeurs du premier bloc.

J’ai appris ce jour là qu’ils cherchaient environ 5 personnes pour jouer différents rôles à travers la saison : 3 hommes et 2 femmes. Je me rappelle extrêmement bien ce soir là, c’était un vendredi et j’étais sorti avec un ami pour boire un verre à Covent Garden quand mon téléphone a sonné !

C’était mon agent disant qu’ils voulaient m’offrir un rôle dans le premier bloc [le premier épisode] et que la série allait être Doctor Who et que le rôle que j’allais jouer était un Auton [mannequin en plastique vivant]. Vous pouvez imaginer que j’étais sur un petit nuage, et bien sûr, j’ai dû rester et boire quelques verres de plus pour fêter ça.

– Comment as-tu décroché les autres rôles dans les 3 séries du Whoniverse ?

Et bien après avoir joué un Auton dans le premier épisode, on m’a demandé de revenir jouer un Slitheen, un arbre vivant de Cheam et Zuzanna, un android.

Tous ces rôles faisant partie de la première saison de Doctor Who.

– Tu as joué dans Blade 2 et 28 jours plus tard, quels sont tes projets au cinéma et à la télévision ?

On m’a demandé de jouer plusieurs rôles dans différents films et aussi d’être le conseiller en mouvements (Mouvement Director) dans d’autres, mais je n’en suis encore qu’au début.

Il y a un film qui va sortir à la fin de cette année ou en début 2009 dans lequel j’ai joué une créature qui est créée par la lecture d’un livre. Le film s’appelle Inkheart [Coeur d’Encre] et c’est un film fantastique pour enfants.

– Es-tu fan de la première série Doctor Who ? Peux-tu nous expliquer quel est l’impact de la série dans la culture anglaise ?

Pour être honnête avec vous, je n’étais pas ce qu’on pourrait appeler un fan confirmé de Doctor Who, mais avec le temps, je suis probablement devenu aussi fan de la série que la plupart des gens ici en Grande-Bretagne et dans le monde.

Je crois que Doctor Who, comme par le passé, a un impact majeur sur la culture Britannique, et même encore plus maintenant qu’avant.

Je dirais qu’il n’y a pas un enfant, et même un adulte qui ne voudrait d’un Tardis dans son jardin et pour son usage personnel !

Slitheens, Weevils

– Et quel est ton Docteur préféré ?

Quel est mon Doctor favori ? C’est une question à laquelle il est très difficile de répondre.

J’ai vraiment apprécié tous les Doctor que j’ai vu, pour des raisons variées.

Et je crois qu’ils ont tous, les uns autant que les autres, contribués à faire de la série une vraie réussite.

– Comment en es-tu venu à jouer les monstres en tous genres ?

Et bien au départ, mon premier « monstre qui fait peur » était un des reapers de Blade 2 et j’ai tellement apprécié de filmer ça à Prague et de jouer ce rôle, y compris de porter les prothèses, que je me suis dit que si j’avais la possibilité de jouer d’autres monstres, je sauterai sur l’occasion et ne refuserai pas une telle opportunité.

Et ça a été le cas, dès que j’ai eu quelques références sur mon CV, ça a commencé à marcher pour moi, et j’espère que ça continuera encore très longtemps.

– Étais-ce ton idée de départ : te spécialiser dans ce type de rôle ? (rôle physique, avec costume imposant, gestuelle plus développée…) ou cela a-t-il été un opportun hasard de carrière ?

Tu pourrais probablement dire que ça a été une sorte de coup de chance dans ma carrière.

Je suis issu du milieu artistique du « mouvement » puisque j’ai été formé comme danseur / chanteur / acteur professionnel avec des compétences en gymnastique et contorsion.

Ainsi, pendant plusieurs années, j’ai fait des comédies musicales ou des clips.

Mes connaissances en mouvement et cet aspect « physique » de ma formation furent donc très utiles pour le genre de personnages que je joue aujourd’hui!

Je ne me suis pas posé la question choisir ou de faire ce que je fais maintenant, c’est juste venu à moi par hasard.

Mais si ce choix m’était donné, je choisirais de faire cela, encore et encore.

Je suppose que l’on peut dire que j’ai le meilleur de ces deux univers professionnels puisque je fais toujours ce à quoi j’ai été formé, comme la chorégraphie, et depuis quelque temps, la majeure partie de mon travail a été de rendre vivant des créatures et des monstres.

– As-tu suivi une formation particulière ?

Excepté la formation que j’avais déjà, non, je n’ai pas suivi de formation particulière pour interpréter les monstres et autres créatures que j’ai fait.

Je pense vraiment être dans un apprentissage continuel, j’apprend et je me forme sans cesse, pas un jour ne se passe sans que j’apprenne quelque chose de nouveau..

Mais je dois avouer que d’avoir travaillé tout ce temps et sur pas mal de projets avec Ailsa Berck, et si une personne est une source d’inspiration autant qu’une mine d’informations et de connaissances pour moi, c’est bien elle.

Automate Blowfish

– Quel monstre as-tu préféré interpréter ? Pourquoi ?

Le monstre que j’ai préféré jouer ? Voilà une réponse facile : tous, et pour des raisons différentes, il me serait très difficile d’en choisir un seul! Chacun est si unique, avec un style bien à lui, mais si on m’obligeait à choisir alors je dirais les Cybermen, car ils sont vraiment très cool !

– Comment se déroulent les maquillages ? Est-ce contraignant ?

Chaque personnage est vraiment différent en termes de maquillage et de costume. Par exemple, la plus longue mise en place de maquillage et prothèse jusqu’à maintenant dans Dr Who fut l’arbre vivant de Cheam 1.02, qui, si je m’en rappelle bien, a duré environ 4 heures pour le poser et environ 1 heure et demi pour l’enlever, et qui m’a été laissé pour toute la journée de tournage.

Alors que le costume de Cybermen demande environ 30 minutes pour l’enfiler à l’exception de la tête, qui elle, est mise en place et retirée juste avant et juste après les répétitions et les prises de vues.

Et avec Ood Sigma, c’était encore différent : je portais le costume, et la tête robotisée était ajoutée et retirée pour les répétitions si nécessaire, et sinon pour filmer. Tous les costumes et têtes sont faits d’après un moulage de mon corps, que j’avais fait pour la première série, donc ils sont prévus pour m’aller comme un gant. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas eu à porter un costume ou un maquillage dont je pourrais dire qu’il était douloureux à porter, mais c’est grâce à Neil Gorton et son équipe de Millennium FX.

– En terme d’effets visuel et de maquillage, quel personnage ou espèce considères-tu comme la plus réussie ?

Je dirais que les effets visuels et les maquillages ont tous été si brillamment réalisés qu’à chaque fois je m’assieds pour regarder un nouvel épisode, je trouve qu’ils surpassent les autres, dans les tous aspects, pas seulement pour les effets visuels et le maquillage d’ailleurs.

– Y a t-il des monstres que tu ne peux pas jouer ? Et inversement lesquels as-tu « demandé » à interpréter ?

Non, je ne pense pas qu’il y ait un type de monstre que je ne voudrais pas jouer et je rêve d’interpréter des tas de monstres différents, tant qu’ils sont amusants et fun une fois que je leur donne vie !

– Comment te prépares-tu à jouer ? Tu travailles avec un chorégraphe ?

A nouveau, il y a différentes manières de se préparer pour un rôle. La plupart du temps, nous avons des ateliers de travail avec Ailsa Berck qui est chorégraphe et spécialiste des Mouvements.

Dans ce cas, elle épluchera le script et travaillera avec nous jusqu’à l’obtention du meilleur résultat en fonction des mouvements requis.

Et il y a des fois où c’est entièrement mon interprétation du script et du personnage et là, je travaille en étroite collaboration avec le réalisateur afin de faire au mieux ce qui est souhaité.

– Dans Doctor Who et Torchwood, tu joues quasiment tous les « monstres », comment fais-tu pour donner une allure si différente aux Cybermen, aux Ood, aux Weevils,etc …

C’est très gentil de me dire cela mais malheureusement je ne peux pas prendre tout le bénéfice de ce compliment car les costumes, le maquillage, et aussi l’histoire, tous ces facteurs, vraiment importants, contribuent à faire que chaque personnage ait l’air si unique et incroyable.

– Aimerais-tu jouer un rôle de gentil ou d’aide du Docteur ?

Comme nous le savons, tous les rôles que j’ai interprété ces quatre dernières années n’ont pas toujours été des ennemis du Doctor.

Mais si l’opportunité de jouer un compagnon du Doctor m’était offerte, comment pourrais-je refuser un tel rôle, qui le pourrait ?

– Peux-tu nous dire a quoi ressemble une journée (ou semaine) type de tournage ?

Et bien, un jour de tournage typique pour moi commence en me levant vers 5:30, puis on vient me chercher à l’hôtel vers 7 heures et on m’amène à la base de tournage qui peut être soit aux studios soit sur un site.

Après avoir pris un petit déjeuner dans ma caravane et avoir récupéré mes textes pour la journée, on me demande de commencer à me préparer si je suis dans la première scène du jour. Tout le monde est alors appelé normalement pour une lecture puis un essai de la première scène, suivit d’une présentation de l’équipe.

Pendant que les différentes prises pour la scène sont discutée et que tout se met en place, on a tendance à retourner à la base pour finir de se préparer. Une fois que tout est prêt, on nous rappelle pour commencer à filmer.

Le repas est normalement vers 13h00, à ce moment là tout le monde retourne à la base, et en général on me retire un bout de mon costume avant. Après le repas, on nous demande de retourner aux costumes ou au maquillage pour vérification, prêts à être appelés sur le plateau pour commencer la 2e partie de la journée.

Sandwiches et cakes arrivent autour des 17 heures, et on termine vers l9 heures. A ce moment là, c’est retour à la base pour retirer le costume et récupérer mes affaires, et je suis fin prêt à être ramené à l’hôtel.

Si je tourne le jour suivant, on me donne ma feuille d’appel. Une fois de retour à l’hôtel, je la vérifie en général pour voir s’il y a eu des changements, je jette un oeil aux scènes, je me rafraîchis et je vais au restaurant pour manger un bout et discuter avec les autres personnes du tournage qui seraient là, et pour passer du bon temps, puis il est temps d’aller dormir.

Ood Host

– As-tu une anecdote sur une de tes journées ?

Je me rappelle d’un moment vraiment très drôle. On filmait une des scènes de Satan’s Pit (2.09) Celle où tous les Oods sont sur une coursive, tous l’air concentré sur leur travail comme les Oods le font si bien. Et bien, on avait répété ce que chacun devait faire dans la scène et les timings et les mouvements et déplacements qu’on devait faire durant cette scène. Plusieurs fois même, pour être sûr que tout marche bien, une pour les Oods et une pour la caméra.

Bref, à chaque fois que c’était répété, ça marchait parfaitement: il n’y avait ni sursaut ni collision, ni rien ! Enfin, comme tu dois l’avoir deviné, à la première prise, lorsque le « Action » a retenti, tout s’est bien passé pour commencer, comme aux répétitions, jusqu’à ce que soudain il y ait un énorme embouteillage de Oods au milieu de la coursive! Et à cause notre vision limitée [par le masque], personne ne pouvait voir où il devait aller ou ce qu’il pouvait faire

A ce moment, tout ce que j’entendais c’était des rires venant du tour du plateau, puis le plateau tout entier s’est joint aux rires. C’était un de ces moments où le fou rire devient irrésistible.

– Steven Moffat prendra la tête de la série en 2010, pouvez-vous nous parler de lui et des changements que va entrainer sa nomination sur la série ?

Le premier épisode écrit par Steven Moffat que j’ai fait était « The Girl in the Fireplace ( 2.04 « La cheminée du temps » ) qui est génial et fait partie de mes épisodes préférés !

Quant au changement de showrunner et sa nomination pour 2010, c’est la première fois que j’en entends parler. Note : L’interview a été réalisée le lendemain de l’annonce officielle

Mais si c’est le cas, je suis très excité pour lui et sûr à 100% que le futur de Doctor Who est dans d’excellentes mains.

– Dans une interview de Naoko Mori, j’ai cru comprendre qu’elle revenait en saison 3 est-ce vrai, et est-ce la seule ?

Malheureusement, je n’ai pas lu cette interview et je n’ai aucune information à ce propos, désolé.

– Dans la même interview, on lit que les tournages des saisons de Torchwood, Doctor Who et de The Sarah Jane Adventure se font en simultané dans le même studio, est-ce facile à gérer ?

Oui, les trois séries sont filmées dans le même studio mais chacune a ses propres plateaux et nous allons aussi en extérieur selon les besoins de tournage

Nous avons eu des jours de légers chevauchements avec les deux tournages, pour ma part si je dois être sur les deux plateaux, mon emploi du temps est fait de telle sorte qu’il n’y a pas de problèmes avec les horaires.

– Dans Torchwod, à propos de Janet, la weevil et du « rigolo » blowfish seront-t-ils aussi de retour ? Penses-tu que le personnage du blowfish est une référence au monstre requin dans Buffy ? (6.08)

J’aime à penser que les deux personnage que j’ai joué dans Torchwood vont revenir !

Quant à ta remarque sur la référence entre « Blowfish » et l’homme à tête de requin dans Buffy, je ne peux pas y répondre étant donné que je n’ai pas vu cet épisode de Buffy.

– Entre les Blowfish et les Haths (Doctor Who Saison 4), les montres sont très inspirés des poissons : sais-tu comment et qui crée ces personnages ? Comment les trouves-tu ?

Je dirai que tout dépend des auteurs qui créent les personnages et que tout repose sur eux, et je dirai qu’ils ont une très grande et excellente imagination.

Je pense que ces deux personnages sont complètement différents, mais tous deux très intelligemment créés, pour avoir un impact sur le public et captiver les téléspectateurs chacun à leur manière.

– Peux-tu nous parler de l’ambiance sur les plateaux des 3 séries ? J’imagine que cela doit être très différent, à quel niveau ?

Tout à fait, tu as bien deviné, l’atmosphère est différente sur les trois séries.

C’est probablement dû au fait que les équipes et les casts ne sont pas les mêmes et aussi que le contenu de chacune des séries s’adresse à un public bien précis et différent.

– Nous t’avons vu lors du concert « Doctor Who : a celebration » : quels meilleurs souvenirs gardes-tu de ce « brilliant » concert ? Feras-tu partie du prochain le 27 juillet à l’Albert Hall ? Peux-tu nous dire quelques mots sur ce fantastique événement ?

Je dirais que j’ai trois grands souvenirs de ce spectacle : le premier sur le lieu où cela se déroulait, le second sur le fait de jouer en « live », face au public, et le dernier à propos de l’orchestre qui était exceptionnel!

Quant à l’évènement du 27 Juillet au Royal Albert Hall dont tu parles, je n’en ai pas encore eu connaissance mais je ne manquerai pas de te tenir informé si j’entends quoi que ce soit !


Retrouvez l’interview en version originale sur The Scifi World

© 2008 – Interview réalisée par Gilles Nuytens pour The Scifi World et Beans On Toast « www.doctor-who.fr »

Préparée par Anne-Claire Noël, Corinne Auffret-Nguyên, Frédéric Robert, Nicole Loutan et Xavier Peinado pour Beans On Toast.

Traduction : Anne-Claire Noël, Corinne Auffret-Nguyên et Nicole Loutan. Habillage graphique : Anne Claire Noël.

© Juin 2008 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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08 Déc 2011 - Ben Foster, Chef D’Orchestre et Arrangeur BO Doctor Who / Compositeur BO Torchwood

Ben Foster

Lire la biographie de Ben Foster | Réagir à cette interview

A propos de la musique et de Doctor Who…

– Comment es-tu devenu musicien ?

J’ai commencé très jeune, d’abord en étudiant le piano que j’ai commencé à apprendre vers 5/6 ans. J’ai écrit mes premières compositions vers l’âge de 6 ans, c’étaient de petites chansonnettes. Je viens d’une famille qui baigne dans la musique.

Arrivé à l’adolescence, j’ai commencé à apprendre la musique classique très sérieusement. J’ai également fait un peu de pop et de rock quand j’avais 15 ans.

Mais j’ai toujours étudié la musique classique qui a toujours fait partie de mon univers. Je jouais aussi de plusieurs instruments en plus du piano.

A 18 ans, j’ai donc décidé d’étudier le classique et je suis allé à Londres au  » Guild Hall School of Music », c’était super ! J’y suis resté 5 ans et j’y ai étudié la composition.

Ensuite, je suis allé dans une « Film School » passer un Master Degree, toujours à Londres, et c’est là que j’ai appris comment écrire pour le cinéma et la télé. Et j’ai eu du travail tout de suite après mon diplôme.

– Tu es entré dans le Who-niverse en dirigeant et en orchestrant les musiques de Doctor Who, comment es-tu arrivé dans cette aventure ?

En fait, Murray Gold m’a contacté à la fin de la saison 1. J’avais travaillé avec d’autres compositeurs de sa connaissance et son manager m’avait recommandé. Nous nous sommes ensuite rencontrés et ça a collé.

J’ai donc commencé à travailler sur Christmas Invasion [2.00] prévu en 2005, c’était en novembre. Cela fait maintenant 2 ans et demi que je suis impliqué dans Doctor Who car je n’ai pas arrêté depuis Christmas Invasion.

– Etais-tu un fan du Doctor, un passionné de Doctor Who et de son univers comme le sont Russell T. Davies et beaucoup de membres de l’équipe ?

Oui ! Complètement ! Quand j’étais enfant, nous allions toujours voir les expositions de Doctor Who. Je vivais au nord de l’Angleterre et il y en avait à Blackpool et nous avions pour habitude de nous y rendre tous les hivers.

Et je regarde encore à la télé avec la même avidité qu’un gosse! Mais je n’avais pas aimé la façon dont la diffusion s’était achevée, j’étais un peu plus âgé à cette période et je n’avais pas trouvé ça bon.

Mon époque, ce sont les années Peter Davison et Colin Baker [Doctors 5 et 6]. Et même lorsque ça ne passait plus à la télé, je lisais Doctor Who Magazine et tout ce que je trouvais qui en parlait. J’étais à fond dedans, un vrai fan !

Et quand cette opportunité s’est présentée, ça a été vraiment simple : j’étais enchanté de rentrer dans cette aventure !


Ben Foster dirige

– Tu as travaillé sur beaucoup de projet de Science-Fiction, est-ce un univers que tu apprécies particulièrement et quelles autres séries et films aimes-tu ?

J’ai toujours aimé la Science-Fiction, le mystère et aussi tout ce qui est histoires de détectives. Je regardais beaucoup de ces émissions qui sont qualifiées de cultes aujourd’hui. Les « Avengers » [Chapeau Melon et Bottes de Cuir], Le Prisonnier, des choses aussi comme les « Thunderbirds » [Les Sentinelles de l’air »] et d’autres séries avec des marionnettes animées des années 60. J’ai grandi en regardant tout ça. Telles étaient mes séries préférées.

Du coup, je pense que j’ai toujours voulu être impliqué dans ce genre de films et en faire la musique. Concernant Doctor Who, je pense que la meilleure des choses c’est que nous pouvons ne pas avoir honte d’être adulte.

Je pense que le travail de John Williams sur Star Wars, avec lequel j’ai grandi aussi, a été un des déclencheurs du moment où je me suis dit : « Je veux faire pareil, pour la télévision ou le cinéma ». Parce que, comme on peut le constater, la musique classique s’accorde parfaitement à ces environnements futuristes. Et j’adore aussi l’utilisation des synthétiseurs dans ces compositions.

Il y a eu beaucoup de morceaux de ce type dans les années soixante, avec Barry Gray et d’autres compositeurs, et c’était toujours très intéressant !

Je pense que ce lien entre la musique classique, les orchestres symphoniques et la Science-Fiction a toujours été là. Il n’y a pas de réel moment où l’on puisse dater cette rencontre, et je pense que c’est une bonne chose.

– Est-ce qu’il y a d’autres séries ou films sur lesquels tu aimerais travailler ?

Et bien, je dois dire qu »il n’y a pas d’autres séries à la télé sur lesquelles j’aimerais désespérément travailler. J’ai été plus que chanceux avec Doctor Who et Torchwood qui sont mes deux séries favorites et dans lesquelles je me suis retrouvé à travailler ! Que j’y travaille ou non, je regarderais ces deux séries de toute façon ! Je suis vraiment comblé.

Je travaille aussi avec d’autres compositeurs et sur d’autres films. Actuellement, je suis sur « La Momie 3 » qui ne devrait pas tarder à sortir. Et je participe aussi à d’autres films. Ce n’est d’ailleurs pas toujours de la Science-Fiction. Cela peut être des comédies romantiques, ou d’autres choses. Mais j’aime tout particulièrement la SF.

– Es-tu inspiré par un compositeur ou un musicien en particulier ?

Oui, mon compositeur préféré, en musique symphonique, est William Walton. C’est un compositeur britannique, très renommé ici dans les années 30 à 50. Et plus internationalement, je pense qu’il est un des compositeurs favoris de John Williams. On peut l’entendre dans son oeuvre, certes on y retrouve beaucoup de son héritage américain, mais on sent aussi l’influence de gens tels que Holst ou Walton. Tous deux de grands compositeurs britannique.

Je pense que nous avons un excellent héritage ici en Grande-Bretagne en matière de compositeurs de musique classique. Et bien que j’aime beaucoup Stravinsky également, William Walton est mon préféré.


Ben Foster Dalek

– Tu as dirigé la soirée : « Doctor Who A celebration » (hélas le Doctor Who Confidential qui y est consacré est inédit en France) en 2006 : quels souvenirs en gardes-tu ? Quel a été ton morceau préféré ?

Je pense que mon moment favori lors de ce concert a été celui des Daleks, je l’attendais avec une telle impatience : enfin jouer le thèmes des Daleks des épisode 12 et 13 de la première saison !

Et quand nous l’avons fait, avec les Daleks sur la scène, c’était encore autre chose. C’était brillantissime : « It was brilliant » !

Tout a pris vie à ce moment parce qu’il y avait le Dalek, en train de sillonner la scène, et tout est devenu d’un seul coup si réel et si effrayant ! Ca a été l’apogée pour moi.

Mais il y a eu ces quelques mois, vraiment incroyables, à préparer le concert tous ensemble. Je ne sais pas comment nous y sommes arrivés, il y avait tant à faire et en si peu de temps ! Vraiment, je ne sais pas comment nous avons fait !

– Et quels sont tes autres projets ?

Pour le moment, c’est Doctor Who. On travaille sur le final. On a enregistré les épisodes séparément, ici à Londres. On a fait l’épisode dix [4.10] il y a quelques semaines, et maintenant on prépare un enregistrement pour mardi, et on fera ça à Cardiff avec l’orchestre. On va enregistrer les épisodes huit et neuf, qui sont les épisodes de Steven Moffat “The Library,” et on va aussi enregistrer de la musique pour le final, qui, je crois que ce n’est plus un secret, voit le retour des Daleks.

Donc voilà sur quoi je travaille juste maintenant. Je bosse aussi sur quelques morceaux qui reprennent les thèmes des personnages parce que ce sont des personnages qui reviennent, comme vous le savez probablement, vers la fin. Donc on va enregistrer différents thèmes pour Rose et aussi pour Donna. Alors on va avoir beaucoup à faire mardi prochain. Mais j’ai presque fini.

je travaille sur un film appelé « la Momie » dans les semaines qui viennent pour un compositeur qui s’appelle Randy Edelman, un compositeur Hollywoodien. J’ai travaillé sur un autre film, un film britannique, la semaine passée, et aussi plein plein de choses.

Bien sûr, il y a un concert Doctor Who en juillet, qui sera au Albert Hall, à Londres. Et donc je vais m’y mettre dès que je le peux parce qu’on à beaucoup de morceaux à travailler ensemble. Et ça va être formidablement excitant, et ce sera aussi beaucoup de travail. Mais je suis vraiment content de participer à ce concert.


Torchwood

A propos de Torchwood…

– Comment t’es-tu ensuite retrouvé sur Torchwood ?

On a demandé à Murray de faire la musique de Torchwood et il m’a invité à travailler avec lui. Et on a vite vu qu’il n’avait pas le temps, alors je suis devenu le composeur attitré de Torchwood.

En fait Murray a écrit le 1er épisode et les 4 autres épisodes, puis il m’a passé le projet et j’ai foncé. On a eu de la chance que ca marche, parce que ce sont les mêmes gens, les mêmes qui mixent le son, ainsi que les mêmes metteurs en scènes.

C’est une affaire de famille en quelque sorte. On se connaît tous, alors c’était facile de monter les échelons de Doctor Who à Torchwood.

– As-tu travaillé avec Murray Gold pour le générique ?

Oui, on a l’enregistré. Il y a en fait plusieurs versions du générique, on a fait une version avec notre orchestre à Londres. Et après, on l’a édité je crois parce qu’on a fait une version de 30 sec et une de 20 et la version finale devait seulement être de 10 secondes.

En fait, il y a plusieurs versions un peu partout, mais elles sont assez différentes. La version qui a été utilisée dans le dernier mix était la meilleure. Elle est très courte et répétitive et elle colle parfaitement.

Ben et Murray

– Tu as fait d’autres choses avec lui ?

Oui, beaucoup de projets différents, on a fait quelques films et dernièrement « I want candy », c’était l’été dernier, ca fait un moment du coup.

Murray est tellement occupé à faire Doctor Who qu’il n’a plus beaucoup de films en cours. On a fait « Death and a funeral » de Frank Oz, on s’y est bien amusé. Et aussi d’autres trucs que Murray a fait pour la télé. Nous sommes de proches collaborateurs et nous avons tous deux été très occupés ces dernières années.

– Comment se déroule le processus de composition pour les épisodes et saisons ? Fais-tu des réunions avec les scénaristes et réalisateurs à Cardiff ? Ou bien travailles-tu de ton côté ? Dans quelle mesure les producteurs interviennent sur/dans ton processus de composition ?

Bon, pour la dernière saison de Torchwood, on a eu des réunions a Cardiff au QG, on a participé dès le départ aux discussions et aux lectures des scenarii. J’y suis allé au démarrage de la 2eme saison parce qu’il n’y a rien a faire pendant quelques mois et après on est très occupé. J’y étais donc dès le commencement mais c’est moins utile pour les compositeurs. Je trouve que c’est bien d’avoir les scenarii et de les lire. Mais ils sont souvent changés et c’est complètement différent au moment du tournage parfois..

Ensuite il y a une réunion avec le metteur en scène qui dure littéralement une heure. Avec le réalisateur, on regarde l’épisode, nous discutons presque en temps réel. C’est à ce moment que je m’en vais et que je vais écrire la musique et l’enregistrer à Londres.

Puis je l’envoie par internet à Cardiff et c’est à ce moment qu’ils entendent la musique pour la première fois, lors du mix final. C’est rapide et efficace, parfait. Et c’est agréable de travailler seul parce qu’il y a…. [Hésitant] Les délais deviennent si importants, que dès qu’un épisode est fini, on enchaîne avec le suivant ! Alors ça aide d’être dans son monde pour se mettre à travailler.

– As-tu participé aux tournages ou aux lectures des scripts, comment était-ce, avec une ambiance aussi « déjanté » que l’est la série ?

Vous voulez dire le set de Torchwood ? Oui, j’y suis allé quelques fois, lorsque j’avais des réunions à Cardiff et qu’un tournage était en cours. Je suis resté dans les coulisses et j’ai regardé. Ils s’amusent bien on dirait, je crois que c’est John qui s’éclate bien avec l’équipe de tournage.

C’est trop bien en fait d’être sur le plateau parce que c’est quelque chose qu’on voit beaucoup, et se tenir dans le hub : c’est incroyable ! Et bien sûr, c’est aussi juste à coté du plateau de tournage du Tardis.

C’est le meilleur moment pour traîner sur le plateau et voir toutes ces choses, je suis toujours fan et même si je suis adulte maintenant, ça m’intimide toujours ! Mais je veux voir le Tardis, encore ! Je trouve toujours ça excitant.


Ben Foster et Torchwood

– Peut-on s’attendre à une édition CD des OST de Torchwood Saison 1 + Saison 2 ?

Oui ! Mais personne n’est encore au courant. Donc c’est une exclusivité, en fait, ce qui est chouette.

Un CD de Torchwood va sortir ! Il devrait être disponible en Grande-Bretagne, en août je pense.

Je suis justement en train de travailler dessus. J’ai presque fini. C’est très difficile parce qu’il y a tant de morceaux. Il y a dix-huit ou dix-neuf heures de musique dans les deux séries, donc en choisir les meilleures compositions est presque impossible. Ca te demande de te restreindre parce que tu as envie de tout mettre dedans, mais tu ne peux mettre que quatre-vingt minutes environ.

C’est donc un travail très complexe. Je pense qu’il y a aura pas mal de musiques de la saison 2 et moins de la 1 pour le moment. Je crois que c’est partiellement parce que, quand tu as écris quelque chose il y a pas mal de temps, et là ça remonte à dix-huit mois, et bien, je pense que tu préfères que ce soit les choses récentes qui sortent. Et je pense que la saison 2 a été bien plus réussie en termes d’audience.

Il y a eu plus de monde, c’était plus grand, et plus de spectateurs ont regardé cette saison. Donc je pense que c’est bien de mettre en avant les morceaux de cette dernière saison. Et aussi, c’est super de voir le développement des personnages depuis la saison 1. Tout cela n’est pas encore très clair pour le moment parce qu’il y a certaines scènes que j’aime bien dans la saison 1, mais on verra…

Ça sort définitivement en août dans ce pays, et je suis sûr que ce sera aussi sur iTunes et tout ça. Mais ça devrait vraiment être bien, et c’est très excitant.

A propos de Torchwood…Zoom sur les deux saisons (attention révélations sur la saison 2)

– Quels sont tes épisodes favoris parmi ceux qui sont accompagnés de tes compositions ?

Mes épisodes préférés sont dans la saison 2, l’épisode 8 « A day and a death », et l’épisode 11 « Adrift ».

Le premier, c’est quand Owen parle à Maggie sur le toit. On apprend tout à propos d’Owen après qu’on lui ait tiré dessus et ramené à la vie, la musique est très bonne. Je pense qu’il y a une bonne alchimie entre eux deux.

L’épisode 11, c’est celui du garçon, Jonas qui disparaît et revient. J’aime beaucoup le travail que nous avons fait sur la musique, je pense qu’on s’en est bien sorti. Ce sont des épisodes très différents. J’aime beaucoup Torchwood à cause de cette profondeur. Cet épisode est très émouvant.

Quand on compare le premier épisode de cette seconde saison avec le dixième, celui avec le cinéma, on voit que les personnages ont évolués tout en renforçant la cohésion de leur équipe. C’est un défi de faire des musiques variées pour chaque épisode tout en donnant l’impression qu’elles font bien partie de la même histoire, c’est assez amusant à faire !

– Est-ce toi qui as choisi toutes les chansons de ces 2 saisons, si oui, comment s’est fait celui du finale en 213 : la chanson des deux capitaine…

La plupart des chansons pop on été choisies par les producteurs ou les metteurs en scène, en fait je ne m’en occupe pas. Tout ce que j’ai à faire, c’est la musique composée.

Dans les épisodes 1 et 3, quelques morceaux pop et rock ont été utilisés. Je pense qu’ils passent bien, mais en tant que compositeur, je préférerais écrire toute la musique. Ce n’est pas un problème quand ils utilisent des chansons, mais je préfère qu’ils ne le fassent pas pour être honnête.

Je pense que ça fait rentrer la série dans un moule, ça fausse un peu sa nature, ça l’américanise un peu trop aussi. Mettre une chanson pop à un effet différent, ça devient un montage et c’est également moins puissant. Alors, non je ne les choisi pas.


Ben Foster au travail

– John Barrowman et James Marsters sont tous deux des musiciens ou des chanteurs d’exception, Gareth David-Lloyd chante également : pour la troisième saison, l’idée de les faire chanter t’-a-t-elle traversée, a-t-elle été évoquée, qu’en penses-tu ?

Ca pourrait marcher. Je pense qu’ils s’amusent tous bien sur le plateau. James a sa guitare, il en joue et je suis sûr que Gareth chanterait avec eux. Même si je n’en sais rien en fait. John est bon showman, n’est ce pas, mais il a plus un style West End* [Quartier des théâtres connus plus particulièrement pour leur Comédies Musicales], il est moins rockeur.

A mon avis, Gareth et James pourraient former un bon groupe ensemble, car ils sont plus dans le même style musical. Mais je ne pense pas que ca marcherait aussi bien sur la série. Je pense que c’est quelque chose qu’ils pourraient faire séparément. En dehors.

– En saison 1, la musique est beaucoup moins mise en avant qu’en saison 2 (notamment pour les morceaux purement symphoniques), pourquoi ?

Je ne pense pas que ce soit correct. Dans la saison 2, la musique était plus calme en fait. Mais je ne sais pas si tu parles d’un mixing ou d’un son.

Durant la saison 2, nous avons travaillé avec un orchestre, le BBC National Orchestra of Wales. Pour chaque épisode, nous avons enregistré des morceaux à Londres avec le London Television Orchestra. Nous avions fait la même chose en saison 1 en fait. La saison 1 a été faite entièrement avec un petit orchestre. Mais pour la saison 2, on a fait des enregistrements, plus tôt et avec le BBC National Orchestra of Wales. Nous avons enregistré beaucoup de thèmes dont celui d’Owen et celui qui clôture la saison 2, mais nous en avons également enregistré d’autres comme celui du Capitaine Jack..

Travailler sur une série aussi importante que Torchwood permet d’avoir une large gamme de morceaux à utiliser. C’est un peu comme sur Doctor Who, on enregistre toute une panoplie de musiques liées a chacun des personnages et ensuite on l’édite et on l’utilise à certains moments.

C’est ce que nous avons fait cette fois-ci. Mais par rapport au mix, je ne sais pas s’il était plus fort mais il avait peut-être plus de punch. Parfois, il y aussi tant de musique dans Torchwood, jusqu’à 45 min pour un épisode ! Je crois que le plus long était de 46 minutes pour un épisode de 50, ca fait énormément. Dans ce cas, elle n’a pas forcément besoin d’être mise en avant, elle peut rester en arrière plan et ça passe très bien.

– La Saison 2 en plaçant tes compositions au premier plan donne une identité musicale très forte à la série , quels en sont tes thèmes préférés ?

Je pense que ce qui est bien avec la saison 2, c’est que nous avons des références constantes à Owen, ainsi qu’à sa relation avec Tosh. nous avons aussi le thème de Gray, le frère de Jack. Ce sont les 3 thèmes majeurs selon moi, parce qu’ils sont récurrent et que nous pouvons les mettre un peu partout.

Une partie de mon boulot de compositeur consiste à insérer subtilement quelques notes de ces thèmes çà et là. Si vous écoutez l’ensemble de la musique de la saison, il y a beaucoup de morceaux où vous pouvez entendre le thème d’Owen et celui de sa relation avec Tosh. Cela ressemblait à un jeu de piste dans cette saison jusqu’à la fin où il meurent ensemble.

Alors oui, cette saison, musicalement, a été plus forte que la précédente car elle a été écrite ainsi. Il y avait cet arc secondaire constamment présent en fait. Il y a beaucoup de thèmes que j’ai composé lors de la saison 1 et que j’ai amélioré, comme ceux du Captain Jack et de Gwen et Rhys. Je les ai repris et utilisés lors du mariage notamment.

Mon préféré est sûrement le thème d’Owen, et je suis triste qu’il soit parti car ça veut dire que je ne peux pas le réutiliser, à moins que l’on parle de lui je suppose. Peut-être qu’il reviendra d’entre les morts, ils le font tous.

Owen

– Le thème d’Owen, qui accompagne toute la fin de saison 2, donne une grande intensité : pourquoi donner un thème aussi fort à un personnage qui va mourir ? Savais-tu à l’avance ce qui allait lui arriver ? Ce thème pourra-t-il revenir en Saison 3 ?

J’aimais beaucoup le personnage d’Owen et je pensais qu’il devait avoir un thème vraiment fort. Il est très simple, ce sont juste cinq ou six notes qui se répètent inlassablement, alors il est facile à repérer et reconnaitre. En fait, au début quand j’ai commencé à écrire, ce n’était pas vraiment clair qu’il allait mourir car ils gardent tout secret, mais je pense que c’était dû au fait que rien n’était encore écrit à ce sujet.

Quand ils ont commencé à diffuser la saison, la fin n’étais pas encore écrite. J’ai eu deux script de l’episode 13 avec de légères différences. Début août de l’année dernière, j’ai enregistré un grand nombre des morceaux avec l’orchestre de Cardiff, et le thème d’Owen en faisait parti. Les arrangements que j’ai effectué pour l’épisode 8, quand il monte les escaliers, la version rock, tout cela est venu par surprise car on ne devait pas aller aussi loin. Mais quand j’ai vu les épisode 7 et 8, j’ai réalisé à quel point Owen était devenu coriace, du fait qu’il est revenu d’entre les morts. Et j’ai pensé que ça lui irait très bien.

Je suppose qu’en tant qu’arrangeur, c’est sympa d’avoir l’opportunité de prendre un thème tranquille et assez beau et de le transformer en quelque chose de furieux, anguleux et résistant. Je pense que c’est ça qui me fait aimer ce thème : c’est une valeur sûre. C’est un morceaux capable de se laisser transformer en versions très différentes, de plus comme c’est un thème simple, on peut l’insérer dans plusieurs autres mélodies. Et, en fait, dans l’épisode 13, je l’ai mis dans plusieurs morceaux de musiques, de même que le thème de Tosh.

Son écriture est très efficace, je pense, mais je dois dire que c’est dommage qu’il soit parti car il me plaisait beaucoup. Mais je suis sûr qu’on en écrira d’autres, on reviendra avec quelque chose de mieux.

– Ceci dit, dans la Science-Fiction, il n’est pas rare de voir les morts revenir…

Exactement, je suis sure qu’il le fera, je l’espère.

– On t’a vu chanter pour « Voyage of the damned » (dans le Confidential), as-tu aussi fait parti des choeurs pour Torchwood ?

Nous n’avons pas de choeur pour Torchwood. Tu parles surement de l’ouverture ? C’est juste Murray qui murmure dans son studio en faisant Torchwood. Je ne suis pas un bon chanteur.


Singing Ben

-Tu as utilisé des voix pour le thème de Gray (2.05 « Adam ») comment as-tu composé ce thème ?

C’était juste une seule chanteuse, une fille nommée Analise avec qui j’allais lycée, elle est venue au studio et elle a chanté. J’avais déjà travaillé avec elle, pour enregistrer des morceaux que j’avais composés, donc je savais que sa voix serait parfaite pour le thème de Gray.

J’avais eu très tôt l’idée d’un morceau vocal pour Gray. Je pensais que cela marcherait : je me disais que ce genre de composition collerait bien pour rendre l’esprit du « 51ème siècle ». Difficile d’utiliser les synthétiseurs dans un tel cas, je veux dire est-ce que cela sonnera futuriste encore ? Pas vraiment ! Et ça n’avait pas vraiment l’air d’être comme s’ils n’avaient pas l’électricité non plus, alors je tenais à faire quelque chose de très organique et réel.

Je pense que la voix humaine est quelque chose qui ne change pas, donc il fallait ce soit ça. Et oui, c’est une grande partie de l’identité musicale de Gray, cette voix. Mais c’était juste une seule et même personne, nous l’avons enregistré de différentes manières : elle chantait, puis elle fredonnait, ainsi que d’autre sortes de vocalises. Ce sont toutes ces pistes qui ont été mises ensemble.

– Le thème des Weevils est à consonances orientales (Attaque des weevils dans le finale season 2). Il est très beau! Pareil, comment s’est fait ce choix ?

Je voulais que cela sonne surréaliste, comme quelque chose venant d’un autre monde. En fait, c’est quelque chose que j’ai écrit dans la saison 1, la première fois qu’on voit le weewil dans l’épisode 3 ou 4. Et j’avais aussi repris ce thème dans « Combat [1.11] » et à la fin dans les épisodes 12 et 13.

On peux penser que c’est un autre thème que j’ai amené, mais il a juste été joué à la viole, un instrument baroque appelé viola d’amore. Et ce thème a été interprété dans un style de l’Est, le musicien est un gars appelé Peter Lale. Il a joué avec beaucoup de compositeurs dont Hans Zimmer, je crois même qu’il a joué pour le film « Da Vinci Code ». Il joue beaucoup en solo et il est très bon, et ça sonne vraiment comme venant d’un autre monde !

C’était parfait pour les Weevils car personne ne sait d’où ils viennent, ils ont ce quelque chose de barbare, animal et truculent, regarde-les ! J’ai pensé que ça fonctionnerait bien.

– Un des thèmes est celui de la destruction de Cardiff, il est à la fois étrange et « noisy », quel effet cela fait de devoir composer pour illustrer l’anéantissement d’une ville ?

C’est un peu triste de voir Cardiff disparaître à nouveau. C’est marrant, parce qu’ils l’ont déjà fait à la fin de l’épisode 13 [Saison 1], avec Abaddon écrasant tout sur son chemin à travers le parking de l’hôtel St. David.

C’est un peu dommage, vraiment. Mais ils la réparent à chaque fois. C’est triste tout de même que la fin du monde semble toujours arriver à Cardiff, mais c’est comme ça. C’est ce qui se passe quand vous avez une faille temporelle à travers la ville, je suppose.

– Nous espérons te retrouver pour la Saison 3 : y seras-tu et quels sont tes autres projets ?

Oui ! Je veux dire, ce n’est pas confirmé à cent pour cent pour le moment, je ne sais pas quand et ce que ce sera, mais certainement oui.

Je me réjouis beaucoup de reprendre ce travail parce que c’est quelque chose qui prend six ou sept mois de ta vie. Donc quand ça s’arrête, je veux dire, là je suis très occupé avec Doctor Who, mais ça me manque un peu de travailler sur Torchwood. Et les personnages me manquent. C’est marrant. Et d’une certaine manière, leur compagnie et leurs aventures me manquent. Je me réjouis de reprendre tout ça.

– Aimerais-tu venir et participer à la toute première convention française autour de Doctor Who et de son univers ?

Oh oui, où et quand est-ce ?

– A Paris, le 30 Août.

En France ! J’adorerais. N’importe quel lieu en France me conviendra. J’aime particulièrement le Sud de la France. J’y suis souvent. Passe un coup de fil à David [son agent]. J’aimerais le faire ! Je suis certainement sur Londres à cette période.

– Ma partenaire sera ravie de cette nouvelle !

Super ! Cela s’annonce bien.

– C’est fini pour les questions

Bien, merci beaucoup !

– Un grand merci pour ce temps que tu nous as accordé.

Je t’en prie.

– Est-ce férié aujourd’hui en Grande-Bretagne ? [note : cette interview a été faite par téléphone le jeudi 1er Mai 2008]

Non, les jours fériés sont toujours le lundi ici, donc le férié du 1er mai sera ce lundi 5 mai, mais je ne crois pas qu’il sera férié pour moi car j’ai du travail. J’ai un enregistrement à Cardiff mardi, je partirai sans doute dimanche ou lundi. D’ailleurs lundi, j’ai une réunion avec Murray [Gold] pour préparer le concert.

Et ça va être non-stop jusqu’en août. Je pense que le 1er Août sera mon premier jour de congé. Là j’aurai quelques semaines avant que ça reparte à fond.


Un immense merci au nom de Beans On Toast

Retrouvez l’interview en version originale sur The Scifi World

© 2008 – Interview réalisée par Gilles Nuytens pour The Scifi World et Beans On Toast « www.doctor-who.fr »

Préparée par Anne-Claire Noël, Corinne Auffret-Nguyên et Frédéric Robert pour Beans On Toast.
Traduction : Anne-Claire Noël, Corinne Auffret-Nguyên, Nicole Loutan et Sabah Boulebbad. Habillage graphique : Anne Claire Noël.

© Mai 2008 – Toute reproduction, partielle ou complète, est interdite sans autorisation des Webmasters.

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23 Nov 2017 - Doctor Who Day de Lyon – 26/11/17

En ce jour anniversaire de notre série préférée, je vous invite tous à venir à Lyon ce dimanche 26 novembre 2017 pour le « Doctor Who Day #7 ».

Depuis 7 ans, BOT se joint à l’association AOA Prod pour organiser cet évènement génial unique en France (oui oui). Cette année le thème est… The Master/Missy.

Voici le programme de la journée :

13h30 : Ouverture de l’évènement
15h : Table ronde « Le Maître & Le Docteur » en présence de Wenceslas Lifschutz (chaîne Youtube Popcast) & la Pepperpot Team (autre chaîne Youtube)
17h : Quiz
19h : Tirage au sort de la tombola & annonce des résultats de la Blink Hunt
21h : Projection surprise
23h : Fin de l’évènement

Avec également une Blink Hunt (escape room), un safari photo pour les enfants, des stands de goodies et plein de lots à gagner !

Venez en discuter sur le forum

Groupe Facebook du Doctor Who Day de Lyon.

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08 Déc 2011 - Thierry Attard, Journaliste, Consultant Doctor Who Saison 3 Version Française

Thierry Attard

Lire la biographie de Thierry Attard | Blog de Thierry Attard
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Le doublage : le secteur d’activité

– Le secteur du doublage demeure assez peu connu en France, pourriez-vous nous en faire une petite présentation ainsi que nous expliquer quels sont les différents intervenants au sein de cette activité ?

Le doublage est une nécessité pratique et commerciale qui permet au plus large public d’accéder à des œuvres audio-visuelles qui n’ont pas été tournées dans la langue de ce public grâce au talent ou savoir-faire de professionnels locaux, qu’ils soient artistiques, techniques ou corporatifs.

En résumé, un client (distributeur ou diffuseur), fait appel à un prestataire pour qu’il réalise une version doublée de son produit dans la langue du marché concerné.

Longtemps le doublage francophone a été réalisé dans le seul hexagone, y compris pour la diffusion de séries télé en premium sur le marché nord-américain (Québec), puis les Québécois ont lancé leur propre doublage 35 mm, souvent avec l’assistance de professionnels européens, et se sont, un temps, positionnés sur le doublage de séries. Puis les Belges ont émergé à la faveur de la grève de 1994-1995.

Les lecteurs qui souhaiteront de plus amples développements sur le sujet pourront lire l’ouvrage de François Justamand, auquel j’ai participé il y a près de trois ans.

– Pourriez-vous dresser un petit panorama des différences de fonctionnement du doublage au niveau européen?

Pour ce qui est de l’industrie du doublage à l’échelle du continent européen, je ne puis que vous suggérer de vous reporter à certains articles de la rubrique Francophonie et International du site internet La Gazette du doublage. En particulier, un excellent papier sur le doublage suédois.

En ce qui concerne l’industrie du doublage francophone, ce n’est pas tant au travers de « différences de fonctionnement » que l’on pourrait distinguer le doublage québécois ou belge du doublage français, mais plutôt – à mon humble avis – par la manière dont sont structurées leurs économies respectives et comment elles se positionnent les unes par rapport aux autres. Sachant que pour diverses raisons, c’est la place de Paris qui détermine l’alpha et l’oméga du doublage en francophonie.

– Dans quelle mesure le diffuseur intervient-il sur le contenu du doublage d’un épisode ou d’une saison ? Existe-t-il des cas de censures ?

Il faut prendre en considération deux choses : la première, c’est que, comme dit l’adage : « le client est roi ».

Et la deuxième, c’est qu’en France, l’autorité de régulation de l’audiovisuel fixe des règles très strictes, notamment concernant les marques ou les noms de médicaments.

La deuxième a considérablement compliqué la tâche des professionnels français, adaptateurs comme directeurs artistiques, et il se dit que les chaînes elles-mêmes seraient assez favorables à des assouplissements afin d’éviter des situations à la limite du ridicule.

La première est en train, mais ce n’est que mon opinion, d’ »homogénéiser » le doublage télé en ce sens que la présence des superviseurs des chaînes de télévision dans le processus est de plus en plus importante depuis quelques années.

– Etre comédien de doublage : est-ce un métier à part entière ou un tremplin vers une carrière d’acteur « physique » ? D’ailleurs comment sont choisis les comédiens pour doubler une série ?

Il n’y a pas de « comédiens de doublage » ou de « doubleurs », il n’y a que des comédiens qui mettent leur formation, leur expérience et leur talent au service de comédiens étrangers.

– On constate souvent une certaine récurrence des voix sur les différentes séries télé doublées, d’où cela vient-il ?

Les responsables des sociétés de doublage aiment travailler avec des comédiens dont ils estiment qu’ils sont capables de délivrer une prestation correspondant à ce qu’ils souhaitent.

Par ailleurs, les superviseurs des chaînes de télévision travaillent de facto avec leurs « pools » de comédiens, pour la raison énoncée supra et aussi parce que, comme cela peut arriver naturellement dans tout secteur d’activité, ils considèrent la qualité de leurs relations de travail avec les artistes concernés.

– Une question simple : qu’est-ce qu’un doublage réussi ?

Un doublage réussi c’est une bonne adaptation, un bon casting principal et secondaire avec une voix pour chaque personnage, un bon mixage, un zeste de créativité, le tout apprécié cumulativement.


Le doublage sur: Doctor Who et le Whoniverse

– Quels sont les différents intervenants lors du processus de doublage sur la série ?

Le client (la BBC, m’a-t-on dit), la société de doublage (la filiale belge de Dubbing Brothers et sa maison-mère), les adaptateurs, le directeur artistique, les comédiens et la personne en charge du mixage.

– Vous avez travaillé sur la saison 3 de la série, quelles sont les contraintes rencontrées lors du doublage d’un épisode de Doctor Who ?

Je ne veux pas parler pour eux mais en ce qui concerne le directeur artistique (David Macaluso, par ailleurs comédien lui-même) et les comédiens, délivrer la meilleure prestation en fonction des délais et des textes qu’on leur donne.

Quant à moi, n’ayant pas eu de place « officielle » au sein du dispositif, je n’ai rencontré aucune contrainte. Je fais un certain nombre de remarques et de suggestions sur ce que j’estime être important ou sur le choix d’éventuels comédiens et après, Bruxelles les suit ou ne les suit pas, sachant qu’in fine ce sont les fans de la série qui seront juges de la qualité du doublage et feront part de leur réaction.


Diagoras

– Au sujet de la saison 3 quelle a été la nature de votre apport ?

Je me suis efforcé d’abord de pointer le fait que c’était une saison importante avec le retour du Maître (sous le nom de Harold Saxon), le méchant le plus emblématique de la série classique et que, corollairement, ladite saison était structurée en un « arc ».

Ensuite, je suis intervenu sur une multitude de détails : j’ai notamment suggéré un des plus grands comédiens belges, Philippe Résimont, sur le personnage de Diagoras dans le double épisode avec les Daleks – et David Macaluso a eu l’élégance de me faire ce plaisir.

Nous nous sommes réassurés de la traduction de l’acronyme TARDIS, dont David avait trouvé sur le plateau une excellente version au cours de la saison 1. Ces rappels ont été, je crois, fort utiles, comme dans un cas où il hésitait entre « Exterminer! » et « Extermination » pour les Daleks.

Sinon, je me souviens avoir demandé que Manet restitue vocalement la gravité des retrouvailles entre le Docteur et le Maître. En dépit de mon embarras eu égard au doublage de Life on Mars ( Voir Ici ), j’ai lourdement insisté pour que Franck Dacquin, qui doublait John Simm dans cette série, fasse Le Maître – et puis mon épouse l’apprécie beaucoup.

J’ai décrit The Master par Simm comme une « rock-star anarchiste tendance psychopathe », mais en insistant sur le fait que ce n’est pas Le Joker non plus. Dacquin a été fabuleux, sans préjudice du fait que dans le privé c’est quelqu’un de fort sympathique.

On pourrait continuer longtemps, disons qu’on a évité que les célèbres « Jelly babies » du Docteur soient transformés en « bébés en gelée ».


The Master

– Selon vous, quels sont les points forts et les faiblesses du doublage de Doctor Who ? Comment entre les 3 saisons a évolué le doublage de la série ?

Ce doublage bénéficie du talent des comédiens locaux, généralement des « pointures » de la scène belge tout comme la saison 3 a bénéficié de la bonne volonté du directeur artistique. Sans rentrer dans les détails, l’adaptation est sans doute le principal problème de cette série, tout comme il le fut sur un produit comme Life on Mars.

– Un bon doublage est conditionné par le temps accordé par le client pour doubler un épisode, en combien de temps sont doublés les épisodes de Doctor Who ? Quel coût cela représente-il ?

Un bon doublage devrait être conditionné par le souci constant de respecter les critères qualitatifs énoncés supra.

Un épisode est enregistré en une journée et demie, pour le coût je ne puis vous donner de chiffres mais je ne trahis aucun secret en vous rappelant que la série est doublée en Belgique pour des raisons financières.

– Pour les Daleks, Cybermen et autres monstres, quels artifices techniques sont utilisés ?

Il faudrait interroger David, et surtout Marc Lacroix, responsable du mixage d’un grand nombre de séries doublées chez Dubbing Belgique.

Je sais en tout cas que je n’avais pas été convaincu ni par les Daleks des deux premières saisons, ni par les Cybermen, ni par ce pauvre K9, dont j’ai comparé la voix en français à celle d’un Chipmunk…

Pour la 3, j’ai fait remarquer à David que, manque de chance pour Lacroix et lui (rires), la saison commençait avec les Judoon, un peloton de gendarmes rhinocéros de l’espace avec des voix de synthèse dont le ton est à mi-chemin entre le vigile de supermarché et le physionomiste de boite de nuit. Malgré les efforts du comédien, j’ai été d’ailleurs plutôt déçu par un résultat qui ne correspondait pas à cette description.


Daleks

– Vous avez déclaré avoir coaché les Daleks sur cette saison : comment était-ce tant d’un point pratique, technique que personnel ?

Pour ce qui concerne le « coaching », c’était une boutade, bien sûr. Toujours est-il que j’ai expliqué à David que Terry Nation a créé les Daleks en s’inspirant des nazis et que, donc, le ton en version originale se rapproche assez du « nous avons les moyens de vous faire parler » de sinistre mémoire, mais en un peu plus hystérique.

C’est la première fois en trois ans que j’ai eu l’occasion d’entendre des Daleks aussi terrifiants en français.

– On peut lire dans votre Blog que vous êtes un fan de Doctor Who de la première heure : comment trouvez-vous cette version 2005 comparée aux anciens épisodes ?

Fan de la première heure, n’exagérons rien, je n’étais pas né en 1963. J’ai découvert la série quand Peter Davison interprétait le personnage. La nouvelle version est un prolongement original et audacieux de la précédente.

Il est un lieu commun selon lequel la série de 2005 se distingue par les moyens mis en œuvre, les budgets ne sont évidemment pas les mêmes mais je me souviens que les décors de certains épisodes avec Davison tiennent très bien la comparaison.

– Comment voyez-vous l’avenir de la série avec tous les changements et pause de tournage prévus pour 2009 en UK ? (Récapitulatif Ici).

L’arrivée de Steven Moffat à la tête de la série est une bénédiction mais il ne faut pas perdre de vue qu’elle intervient dans un contexte délicat pour la BBC (Voir ici).

Et ce contexte n’est sans doute pas étranger au fait qu’il aurait été financièrement très compliqué de tourner cette année la saison 4 en parallèle avec une saison « pleine » de Torchwood (la 3, comme vous le savez est réduite à cinq épisodes) et la saison 2 de The Sarah Jane Adventures.

Ofcom, le régulateur des communications au Royaume-Uni, vient de rejeter les demandes de la Beeb en matière de redevance et prône même une diminution substantielle de celle-ci après le basculement au numérique.

En outre, la maison est prête à payer très cher pour garder certaines de ses vedettes, sans parler du fait que des séries qu’elle a lancées cet été n’ont pas eu l’accueil qu’elle escomptait. Enfin il y a beaucoup de spéculations quant à un départ de Jane Tranter – responsable de la fiction à la BBC – pour Los Angeles. Si ce départ se confirmait cela ne serait pas sans conséquences (Plus d’informations Ici).

– Vous avez vu la saison 4 : qu’avez-vous aimé et que souhaiteriez-vous montrer, partager avec les fans francophones ?

Je ne connais que 60% de cette quatrième saison.

Le retour des Sontariens, méchants de la série « classique », comme celui de UNIT ou du grand Bernard Cribbins, sont de formidables cadeaux faits aux téléspectateurs de l’ancienne série ou aux fans du Who-niverse en général.

Peut-être était-il difficile de retrouver les sommets des saison 2 et 3 mais la saison 4 laisse par ailleurs l’étrange impression que certains protagonistes en coulisses avaient envie de passer à autre chose.


Torchwood DVD

– Comment avez-vous accueilli les deux spin-off de la série et comment voyez-vous leur avenir, particulièrement pour Torchwood qui va connaitre aussi un « break » au niveau de sa diffusion. Pensez-vous que SJA peut trouver un public ici et qu’une chaîne puisse la diffuser ?

J’aime bien Torchwood, j’ai d’ailleurs fait un papier à propos de la saison 1.

Les changements dans le casting pour la saison 3 ne me dérangent pas dans la mesure où les séries britanniques sont coutumières de ce genre de prise de risque (cf. Spooks), mais la réduction de la saison 3 à 5 épisodes est révélatrice, comme je l’expliquais plus haut, d’un contexte difficile.

Le pilote de The Sarah Jane Adventures m’a profondément ennuyé mais la série elle-même est très agréable à regarder et parfois plus fidèle à l’esprit du Doctor Who original que la nouvelle version. Pour une diffusion française éventuelle, eh bien tout peut trouver un public ici… à condition d’être acheté et diffusé dans de bonnes conditions.

– A titre personnel travaillerez-vous de nouveau sur la saison 4 ? Et à propos de la saison 4 vous nous avez informés d’une grève des comédiens faisant du doublage en Belgique. Qu’en est-il aujourd’hui ?

A l’heure où je réponds à vos questions, je n’ai pas été sollicité pour la saison 4 et je ne pense pas l’être vu les délais. La communication avec la Belgique a été un peu compliquée cette année et la grève des comédiens oeuvrant dans le doublage n’a pas facilité cette communication, sachant que, comme je l’ai précisé plus haut, David Macaluso est avant tout comédien.

Le travail desdits comédiens a repris et il reste à espérer que le temps perdu n’ait pas de conséquence sur la qualité du doublage de la saison 4.

Pour ma part, j’avais déjà effectué de manière purement informelle un (petit) travail préparatoire concernant, entre autres, des références, des répliques ou des choix de comédiens (notamment sur Sanchez ou Davros) mais David a parfaitement le droit de ne pas en tenir compte et comme on n’a pas souhaité faire appel à mes humbles services, ce que je respecte parfaitement, je n’ai pas désiré pousser plus loin. Mes blogs, un ouvrage en préparation et la venue de ma fille en août dernier suffisent à occuper mon emploi du temps.


Doctor Who saison 4

– Au niveau professionnel en tant que spécialiste, pensez-vous qu’il puisse y avoir des contraintes nouvelles liées à la nature des histoires racontées dans cette nouvelle saison ?

David Macaluso, qu’il en soit remercié, a essayé l’année dernière de faire comprendre aux décideurs que Doctor Who n’est pas une série ordinaire.

Maintenant, du point de vue du fan, il est évident que certains épisodes nécessiteront plus de vigilance que d’autres, mais le doublage est avant tout un processus qui s’inscrit dans une démarche industrielle au sein de laquelle la préoccupation première des intervenants est que le produit soit intelligible en français.

David, les comédiens et le responsable du mixage ont fait un travail remarquable sur la saison 3 et si elle est une réussite en français, c’est à eux qu’on le doit. Je leur souhaite bonne chance pour la suite. J’en profite pour remercier les responsables de ce site et ses visiteurs pour les mots aimables qu’ils ont eus à mon égard et l’accueil enthousiaste qu’ils ont fait à la version française de cette saison sur laquelle j’ai eu le privilège d’être invité.

– Suite aux profondes modifications que va apporter la suppression de la publicité sur les chaînes du service public, n’avez-vous pas peur que cela entraîne une éventuelle chute de la demande de doublage de séries étrangères, notamment Doctor Who ?

J’imagine que les séries européennes doivent être relativement moins chères que les produits phares des Majors US. Pour l’anecdote, le réseau public américain PBS s’alimente depuis plusieurs années en séries britanniques entre deux appels aux dons à ses téléspectateurs.

Et en ce qui concerne Doctor Who, si un jour le secteur public n’en voulait plus ou ne pouvait plus se l’offrir, je suis certain que des chaînes comme NRJ 12 ou W9 (très offensive sur les achats de séries) seraient intéressées.

Quant au doublage, rappelez-vous que beaucoup de séries sont, en fait, d’abord doublées pour le marché francophone nord-américain.

– On peut dire que nous sommes dans un nouvel âge d’or des séries britanniques : quelles autres séries aimeriez-vous nous faire découvrir ?

J’aurais aimé que vous me posiez la question il y a un ou deux ans. Le problème des « âges d’or » de la fiction télé britannique, c’est qu’ils se heurtent toujours aux mêmes réalités économiques, que ce soit à la grande époque des séries ITC ou maintenant.

Néanmoins, cette année il y a eu quand même deux excellentes surprises : Ashes to Ashes, la suite de Life on Mars, et surtout The Fixer. Cette série d’espionnage hyper-réaliste avec un fond social est absolument magnifique et me rappelle Callan, une série avec Edward Woodward inconnue en France (et à laquelle The Equalizer rendait hommage), avec en prime l’audace de Spooks (c’est normal, comme MI-5, c’est une production Kudos, la ITC du 21ème siècle). ITV semble enfin vouloir sortir des sentiers battus par ces policiers qui faisaient ou font le bonheur du dimanche soir de France 3.


L'image du doublage en France

– Le doublage en France souffre (surtout sur la communauté internet avouons-le) d’une mauvaise image, selon-vous quelles en sont les causes ?

On est parfaitement en droit de ne pas vouloir profiter d’un film ou d’une série en version doublée et préférer la version originale relève, selon moi, du bon sens le plus absolu. Le doublage existe, avant tout, parce que la majorité du public ne maîtrise pas les langues dans lesquelles les produits étrangers sont tournés.

Je ne puis vous dire si le doublage souffre d’une « mauvaise image », Paris occupe la première place de l’industrie francophone et continue de tourner à plein régime. En revanche, d’un point de vue cinéphilique ou téléphilique, il en va du doublage comme du reste et il y a un dicton qui dit « Everybody is a critic ». Mais le mauvais doublage, ça existe et les fans de telle ou telle série sont tout à fait légitimes à formuler des exigences qualitatives.

D’ailleurs je ne doute pas qu’ils examineront le doublage de la saison 4 de Doctor Who avec la plus grande attention.

– Avec l’expansion d’Internet et de ses dérives le doublage n’est-il pas voué à voir son image se dégrader ? selon vous comment évoluera ce secteur dans les prochaines années ?

Tant qu’il y aura un marché en francophonie pour les versions doublées, les séries et les films continueront à transiter par les auditoriums.

A contrario il y a aujourd’hui un public jeune familier de la VO grâce au DVD ou à Internet et d’ici une à deux générations il se peut que voir une version française produise le même effet que visionner un film d’Eisenstein.

– Pour conclure et de façon plus générale comment voyez-vous l’avenir français pour les deux séries ? On voit la presse spécialisée et Internet en parler de plus en plus et toujours de façon élogieuse, mais côté grand public la diffusion restreinte (TNT) n’aide pas.

Sans doute France Télévisions a-t-elle considéré lors du lancement de la TNT que Doctor Who ferait un bon produit d’appel pour France 4 ou peut être qu’elle avait la main sur cette série dans le cadre d’un deal avec la BBC, je n’en sais rien. J’ai tendance à considérer qu’une bonne série fera une bonne audience si elle est diffusée dans de bonnes conditions et que cela aura forcément des effets sur sa sortie en DVD.

NRJ 12 semble faire preuve de beaucoup plus de conviction quant à Torchwood. En plus, la série bénéficie, en DVD, du sérieux de l’éditeur Koba, qui a eu l’intelligence de miser sur la « nouvelle vague britannique » et soigne les bonus dans la mesure des possibilités offertes par le marché français.

Les fans des deux séries n’ont d’ailleurs pas manqué de comparer le coffret de la saison 3 de Doctor Who avec celui de la saison 1 de Torchwood et il sera intéressant, dans quelque mois, d’étudier l’impact éventuel du doublage de la saison 4 sur le coffret DVD, si coffret il y a et si, comme pour la saison précédente, il ne comporte que la VF.

Au moins, le sort français de la nouvelle version a-t-il été plus enviable que celui des épisodes de la série classique avec Tom Baker il y a quelques années. De manière générale, hormis de rares exceptions, les séries britanniques sont cantonnées au câble ou à la TNT, pour des raisons économiques et parce que les catégories ciblées par les mesures d’audience sont censées préférer les produits mainstream américains et, éventuellement, la fiction française.


Un immense merci au nom de Beans On Toast

© 2008 – Interview réalisée par Corinne Auffret-Nguyên et Frédéric Robert pour Beans On Toast www.doctor-who.fr, merci à Astrid pour sa collaboration. Habillage graphique : Anne Claire Noël.

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